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mardi 17 février 2009

Bilan du Chili

- En rencontre : Le Chili en rencontres, c’est le chaud et le froid en même temps : des gens adorables qui n’hésitent pas à nous inviter à leur table aux snobs dédaigneux des soirées salsa ; des sourires et “amor” bienveillants des femmes de la guest Patagonia à la fourberie et la bougonnerie de la tenancière de notre 1er hôtel de Puerto Natales ; ou encore de Marie, femme de ménage à Santiago qui garde la bouteille que l’on laisse pour les parents de Matthieu au voleur d’Ipod-disque dur-etc de Puerto Natales… Le Chili est tout en contrastes, mais on avoue que le vol du chauffeur de taxi nous a bien plombés et qu’on garde un goût un peu amer de nos rencontres au Chili…

- En physique : Le faciès chilien est assez facile à repérer : vous prenez un espagnol et vous avez votre Chilien. Génial, non?! Ben oui ici ils se sont dit que les Indiens, c’était sympa, mais surtout sur les pochettes de CD de flûte de pan, alors les colons de l’époque (les Espagnols donc) les ont dézingués, aidés par la suite par l’incroyable efficacité de Pinochet parce que quand même, le peu qu’il restait devait faire tâche… Comme ça, mieux que l’Omo qui lave plus blanc que blanc, il ne reste plus que des Chiliens plus espagnols qu’Espagnols…

- En paysages : Nous n’avons connu que Santiago et la région de Puerto Natales en Patagonie, mais attention, sous la pluie et le vent…! Hey! Ca donne envie, non?! Bon en gros, on a rien vu des paysages Chiliens qui ne soient ni ville ni battus par des conditions météorologiques navrantes… Alors les paysages du Chili… ?!

- En nourriture : Attention, ici c’est LE fief de Mc Do! Vivent les burgers, les hot dog et la malbouffe! Une alternative? Non, y’en a quasiment pas, ou alors pour très cher. En gros (c’est le cas de le dire…), celui qui n’aime pas le fast food et les boissons sucrées, il prend cher… Et oui, le Chili a refusé le Mercosur pour lui préférer la domination Etats-unienne… Du coup pas une trace de nourriture typique, quel dommage…

- En musique : Ca y’est! Nous voila au pays de la salsa! Bon j’avoue qu’on a eu quelques joueurs-de-pipo-du-métro, mais finalement c’est surtout salsa, merengue, batchata, enfin le pack complet Amérique du Sud tel que l’aiment les amateurs de soirée “latine” en Europe, à commencer par moi! Hi hi!

- En danse : nous n’avons vu aucune danse traditionnelle (ben oui la danse autour du feu tout ça, sans les indiens, c’est pas facile qu’on vous disait…). Par contre, on s’est régalés à danser la salsa dans l’une des nombreuses salsoteca de la ville. Pour les connaisseurs, autant de cubaine que de porto mais surtout un gros gros niveau de show dont la caractéristique est le goût pour les acrobaties… Très impressionnant à regarder, d’une pure efficacité technique, j’ai vu dans la salsoteca des démonstrations de salsa dignes des plus grands congrès…

- En argent : On a dépensé en tout 35,56 euros par personne et par jour, soit un budget pas du tout prévu!!! On avait lu sur internet que le budget serait identique à l’Asie… Et ben mon vieux!!! Quelle claque! Heureusement qu’on avait budgétisé très à la louche en prévoyant une bonne marge… En gros, message à tous les gens désireux de voyager en Amérique du Sud : C’est pas donnée!!! La monnaie ici était le peso chilien et on a dépensé en moyenne 120 000 pesos pour une chambre pour 2, 5 000 à 10 000 pesos pour un repas par personne, et 317 euros pour 2 billets d’avion correspondant à Santiago - Punta Arenas! Ben oui c’est long, le Chili!!

- En tout : Alors :

A. on a adoré

B. on a trouvé ça génial

C. on n’a pas super kifé parce qu‘on a pas mal eu la pouasse…

On vous laisse deviner parce qu’on fait confiance à votre ENORME capacité de déduction…

lundi 16 février 2009

Puerto Natales

Nous avons quitté le froid du Parc National Torres del Paine pour retrouver… la froideur de Puerto Natales… Ses rues désertes, ses boutiques inhospitalières, son vent glacial et ses nuages… Mumm! Et dire qu’on a encore 4 jours à tirer ici! Le timing était pourtant bien ficelé : 5 jours de trek, un jour de récupération, on retrouvait les parents de Matthieu et hop! A nous l’Argentine! Ouais mais là, avec l’état des pieds de Matthieu, nos 5 jours transformés en 2, c’est qu’il va bien falloir attendre ici…

Heureusement, nous avons la compagnie de Sarah et Olivier et c’est à 4 que nous effectuons notre changement de guest, la nôtre étant pleine pour ce soir. Direction en taxi l’hostel Patagonia, conseillé par Pierre, et pour cause. A peine arrivés c’est le festival de l’amabilité et de la gentillesse. Dans cette guest familiale (la fille vient de Santiago avec ses 2 filles aider sa mère pendant la saison touristique), l’amour est de rigueur et tout est fait pour que l’on se sente comme chez soi. Qu’il est bon de se faire une petite bouffe au chaud!

Le lendemain pourtant nous retournons chez Nikos, la première guest, pour récupérer nos bagages, suivis dans notre folie du changement par Olivier et Sarah. L’accueil change de la veille et déjà l’horizon s’obscurcit, les nuages se font plus denses et l’atmosphère électrique : Matthieu ne retrouve pas le sac en plastique qu’il avait gardé précieusement à la main, contenant l’Ipod, le disque dur, les écouteurs et le micro d’Ipod… On fouille chez Nico’s, on retourne à l’hostel Patagonia. Rien. RIEN DE RIEN. Purée… Le taxi… Il a dû le laisser dans le taxi. Il était tard, nous étions 3 à l’arrière à rire de tout et de rien, il faisait noir. Le sac plastique précieusement conservé à portée de main aura fait un séjour prolongé dans le taxi et par le fait même, aura fait le bonheur du vil chauffeur de taxi... Le sang de Matthieu ne fait qu’un tour et nous voilà lancés dans 3 jours de recherche… Puerto Natales… Rendre le matériel en errant dans les rues givrantes et impersonnelles de la ville, courir à la société de taxi réclamer le fameux sac en plastique, aller à la police, essayer une annonce sur la radio locale. Mais bien sûr que non, personne n’a vu le sac en plastique, pas même le chauffeur qui propose à Matthieu sournoisement et non sans cacher son sourire cynique de regarder par lui-même dans le taxi si on ne le croit pas… Fourbe! A la police, expérience toute aussi creuse. Le policier prend gentiment notre déposition et joue son rôle dans ce Cluedo dont nous sommes la cible : “Pour moi, c’est le chauffeur de taxi. Les gens sont des voleurs ici”… Et ben comme ça, on est fixés. Et le policier de renchérir en prenant comme exemple ce fait récent d’actualité : à Paris ont été appréhendés 2 voleurs à la tire, grugés par les cameras de surveillance du metro, un fait suffisamment unique en son genre pour qu’on le mentionne jusqu’au Chili : les deux seuls voleurs pris sur le fait grâce à cette méthode étaient Chiliens… “Honte sur notre pays” comme dit le policier qui rajoute que les voleurs étaient âgés de 62 ans… Non mais ça va pas la tète?!

Les journées sont pourries, Matthieu au comble de son énervement et de sa déception, tant envers lui-même d’avoir commis cette erreur impardonnable en tel territoire, qu’envers la population locale de n’avoir pas plus de respect pour l’Humain que ça. Nous en avons rendus, nous, des téléphones portables tombés d’une poche ou laissés sur un siège de bus, des portefeuilles… Pourquoi le mal l’emporte-il forcement sur le bien comme moins et plus égal moins? Et nous voilà repartis sur l’Humain, le bien et le mal et l’épineuse question : faut-il être bon parmi les mauvais et prendre le risque d’être le seul à se faire avoir? Ou faut-il changer comme l’Homme a toujours fait dans son évolution pour s’adapter à ce milieu voleur, menteur et fourbe? C’est gai, le voyage, quand il nous fait vivre ce genre de situations. Bernard au Cambodge nous avait prévenus : les situations en voyage long sont vécues plus intensément… Les bas plus bas, et les hauts plus hauts… Mais Matthieu ne rapporte son écœurement qu’à la malhonnêteté humaine et ses dérives… Que faire?

Qu’aurions-nous fait alors sans la joie de vivre et la gentille vivacité de Sarah et Olivier qu’on a, pendant 2 jours, retrouvés le soir pour dîner ou à midi pour se faire un restaurant? Quelques blagues grossières, une puis deux puis trois bières, ici, y'a pas que de la misère! Un grand merci pour la contagiosité de leur bonne humeur et un sourire en coin de bouche en souvenir des moments ensemble. Alors Puerto Natales, passés les moments de quête du fameux sac en plastique, c’est profiter des moments passés avec Olivier et Sarah et plus tard de ce temps mort devant nous pour écrire pour le blog…

Finalement, le 17 février les parents de Matthieu nous rejoignent. C’est parti pour l’aventure Argentine dès demain. On retrouvera là-bas Baptiste et à nous le tango et les parillas!

Puerto Natales, la ville où tout le monde parait suspect et où la désespérance parait s’être arrêtée pour élire résidence ici, c’est l’étape pourrie et viciée de notre voyage. C’est cette impression que je connais dans certains rêves de vouloir courir et de ne pas y parvenir. C’est ce malaise gluant qui aurait pu envenimer chaque situation si nous n’avions pas trouvé réconfort auprès de notre couple d’amis Belges, des femmes de l’Hostel Patagonia ou encore de ce miraculé Puerto natalais qui nous a dévirassé notre PC gratuitement…

mardi 10 février 2009

Torres del Paine

Après notre départ de Santiago, on atterrit en 3 petites heures de vol à Punta Arenas, tranquilles, en claquette et short. Sauf qu’on avait bien vu les gens embarquer avec la polaire, voire l’anorak sous le bras. Effectivement à l’arrivée, il y a un bon vent, autour de 70 km/h, et c’est nuageux (disons que le vol a été un peu turbulent à l’approche de la Patagonie). Autant dire que la ville ne parait pas non plus sous son meilleur jour, au vu de l’environnement qui semble un peu hostile. De toute façon notre but est de partir rapidement vers Puerto Natales, afin de préparer notre excursion de “trekking” (c’est une rando, mais à l’américaine…ça fait plus classe). A notre descente du bus de nuit, PN est une ville tout aussi morte, mais nous avions pris soin de réserver à l’avance une chambre bien au chaud. Car ici on est en plein été, ce qui équivaut à un automne français.

Le lendemain, on prépare notre équipement, car on doit investir dans des vêtements chauds et imperméables, de quoi dormir, des chaussures à louer pour moi et certainement de quoi se nourrir. Le parcours choisi est une autoroute de la rando appelée “W”, dû à sa forme de la même lettre. Parcours sur 5 jours, qui visiblement va se faire dans des conditions peu ensoleillées. A l’auberge, un couple de hollandais en revient et visiblement ils sont ravis, mais chanceux d’avoir eu du soleil. Mais à la veille de notre départ, des Français reviennent après 5 jours dont les 2 derniers sous la pluie : ça s’annonce pas mal là! Ok c’est noté, on a bien fait d’acheter des vêtements de pluie, nous reste plus qu’à aller acheter à manger, mais quoi? Au début pour une question de poids, les céréales semblaient appropriées, mais vu les conditions, on tend plutôt vers une bouffe chaude. Heureusement, au supermarché mon œil de renard réussi à débusquer un couple parlant notre langue, visiblement en train de faire ses courses pour la même folie “randonnesque”. Affublé d’un bonnet péruvien dans le magasin, pendant que sa copine essaie vainement de lui faire acheter un pot de Nutella (comme une nana : genre “oh t‘as vu?! même ici ils ont du Nutella, c‘est incroyable! On pourrait l‘essayer non?”), je me dis que ce couple de francophone à l’air d’être en sérieuse préparation, au vu de leur professionnalisme.

- “Bonjour, je vois que vous êtes Français. Vous faites le W?” demandais-je naïvement.

- “Non on est Belge” que le gars me répond, pour un peu il aurait rajouter qu’il s’apprêtait à faire un tennis, que ca n’aurait pas été moins direct.

Je vois que j’ai tiré le gros lot avec des Belges (en tant que bon Français!), néanmoins souriants et très sympathiques, car ils nous ont donné de précieux renseignements de pro. Peut-être les reverrons-nous le lendemain. En tout cas merci bien!

De retour à l’auberge, on prépare les sacs et on s’installe pour un repas de pâtes, histoire de faire le plein d’énergie et de profiter de la chaleur de la cuisine. Mais c’était sans compter sur l’irruption, au début de l’assiette d’un monsieur d’une petite soixantaine d’années, venu nous faire la discussion, et quel échange. Au bout de 5 minutes, il avait réussi à nous emmener dans un “débat” sur l’esclavage dans le monde. Enfin quand je dis débat… Je me dois de vous présenter ce qui c’est passé.

Ce monsieur, ancien professeur d’anglais et de français, ayant enseigné durant une 15aine d’années en Asie, suscite notre interrogation lorsqu’il nous dit que pour y avoir été, il n’y a pas de dictature en Birmanie et que le régime ne semble pas répressif. On a pas fait le même pays mon gars qu’on se dit!! Mais ce n’est rien à coté du discours raciste qu’il nous tiendra par la suite.

Petit résumé de discussion:

-“Si l’on veut vraiment être honnête : savez-vous d’où vient le mot slave (en Anglais)? Des pays slaves, car ils ont été les premiers à être et faire des esclaves, donc les Noirs et les pays du tiers monde n‘ont pas l’exclusivité de cela. Les Blancs ont beaucoup souffert de l’esclavagisme et en plus ils ont été les premiers à le subir. Statistiquement il y a eu plus d’esclaves morts Blancs que de Noirs!”

- “Oui mais quand même il y a eu l’exploitation du continent africain pendant le commerce triangulaire .” On se dit qu’on a du mal comprendre…

- “Avant l’arrivée des Blancs il y a avait déjà des esclaves, car les Africains vendaient déjà des Africains (on imagine qu’il parlait des prisonniers lors de conflits de tribus). Et aux Etats- Unis, il y a eu plus d’esclaves Blancs que Noirs, comme par exemple dans les champs de cotons, sauf que les Noirs ne font que se plaindre jusqu’à aujourd’hui de cela. Alors que les pauvres Blancs ont travaillé plus durs et ont su relever la tête”

- “Oula! Mais quand même toute la traite négrière les morts pendant la traversée vers le continent américain et toute cette population déracinée”.

- “Alors il faut être honnête. Qui met en place tout cela et en sort gagnant. Ce sont les Noirs eux-mêmes!”

- “$#*^@%#*??!!?!? Alors là chapeau l’artiste..?!”

- “Ce sont bien les Noirs qui ont vendu les Noirs et qui exploitent leur propre peuple à leur propre profit! AH, AH, AH!! Le problème en Afrique ce sont les Africains!"

- “Disons qu’il y a la participation et la mise en place de ce type de système, qui perdure encore maintenant avec l’exploitation des ressources du continent Africain. Mais c’est grâce essentiellement aux occidentaux. Et ce sont ces derniers qui en tirent profit pour 99%. Les 1% qui reste revenant aux notables et dirigeants Africains (placés et éduqués par les pays industrialisés et/ou détenteurs des anciennes colonies : pays d’Europe, Etats-Unis, Russie, Chine)"

- “mais ce n’est pas vrai, 90% des africains mangent à leur faim!”

C’est à ce moment, que j’aurais pu dire que la marmotte met le chocolat dans l’alu (l’hallu!). Mais Aude remettra le contenu de son assiette dans la gamelle, marquant ainsi la fin de la discussion.

De toute façon, il doit pas avoir totalement tort, puisque le président des Etats-Unis n’est-il pas Noir? Comme quoi, il ne faut pas se tromper sur cette race qui arrive à gouverner le pays le plus riche du monde! Et le premier vendeur de riz n’est-il pas Oncle Ben’s, encore un Noir! Alors la famine…

Alors la question c’est : Qu’est-ce que ce monsieur a enseigné à ses élèves en Asie (en Nazi?)? Quel genre de contact avait-il pendant toutes ces années avec la population asiatique (il aurait certainement eu sa place à Sihanoukville ou à Bangkok)? Quelles valeurs a-t-il enseignées au point d’être négationniste et d’avoir aussi peu de considération pour des gens qu’il classe en races?

Difficile de poser des questions, tant son discours est rempli de véritables tics d’excitation incontrôlables?

Insupportable pour nous, pourquoi l’ai-je laissé débiter autant de conneries en ne m’imposant pas plus? Parce que un mec comme ça à toujours “la” bonne parole qu’il ne changera jamais. Mais j’ai été extrêmement curieux de pouvoir entendre un discours aussi navrant et stupide, qui tient la route dans son cheminement. Comme quoi la mauvaise foi, la bêtise et la méchanceté autant que le racisme et l’intolérance peuvent être raisonnés, construits et certainement très dangereux…

Et oui, il y a encore des gens comme ça, j’en ai rencontrés en vrai et c’est abominable.

Le lendemain matin, on prend notre bus avec 2 gros sacs, un contenant 2 duvets et l’autre, le mien, le reste. Dans le bus, on salut nos amis Belges et somnolons durant les 3 heures de trajet jusqu’à l’entrée du parc.


C’est avec les nuages que nous sommes accueillis avec des prévisions de pluie, de vents d’environs 90 km/h pour les 3 prochains jours! Waouh super on va vraiment se régaler alors! En fait, on va faire ce parcours de l’ouest vers l’est pour avoir le vent dans le dos et commencer par une traversée en bateau, histoire de pas marcher durant 6 heures comme des cons sous la pluie. L’occasion de faire plus ample connaissance avec notre coule Belge favori, Sarah et Olivier ainsi que de Pierre, venu de France pour 3 mois en Amérique du sud depuis la pointe, jusqu’au nord du Chili. Durant la traversée, les premières conneries fusent, alors que le ciel ouvre quelques fenêtres, laissant passer les rayons du soleil sur les eaux du lac, d’un surprenant bleu azur.


Du coup, on part vers le glacier Grey en petit groupe de 4, Pierre partant devant. Mais après une bonne demi-heure la pause déjeuner est sonnée. Nous, on était sans problème, mais Sarah et Olivier commençaient à fatiguer, au bord de l’hypoglycémie, tirant la langue (je peux raconter ce que je veux, même les pires mensonges, c’est notre blog!!). Ah le plaisir de manger un bon sandwich au thon/mayo/œuf/avocat entre 2 tranches de pain de mie, tout aussi énergique que les bonnes saucisses Herta de nos amis!

On repart et arrivons au bord du lac formé par la fonte du glacier, baignant quelques kilomètres plus loin. C’est un superbe spectacle que nous découvrons, avec des morceaux de glace flottant et le glacier au loin dépassant par plusieurs langues bleues dans le fond.

Après un début bordé par les falaises de montagne, on est à découvert et en plein vent. Autant dire que si tu as pas ton sac sur le dos, presque tu t’envoles! Entre forêt de pins, falaise de montagne et glacier dans le fond, on se régale, malgré les picotements sur le visage de petites gouttes.


Après nos 6 heures de marche, où nous avons pu voir le glacier grossir, on est contents d’arriver au camp. Enfin, c’est un espace défriché, où il y a un cabanon que tu n’approches pas étant donné l’odeur qui s’en dégage. On plante la tente à la manière d’Ikea (“mais à quoi sert cet arceau qui me reste dans la main alors que la tente est montée?”). Ca fait du bien d’être arriver et de pouvoir observer cette étendue d’eau gelée, que l’on entend craquer et dont parfois un bruit plus important s’échappe, sans doute un peu de glace qui tombe (De quoi alimenter tous les pastis de Marseille pour le mois!). Après la marche, il est temps de manger et au vu de la fraîche température on opte pour chauffer de l’eau de la rivière avec notre réchaud de poche, en mélangeant de la soupe et des nouilles en sachet. On est vraiment des rigolos à coté d’un groupe d’Israéliens qui vont s’afférer à faire un repas au petits oignons en épluchant carottes avec un supplément purée, noix de muscade, accompagné de riz… Il en font un peu trop là, non? La prière et une photo où il ne faut pas sourire plus tard, on fait la vaisselle. Nos amis Belges seront tout aussi héroïques, enfin surtout Olivier qui réussira à fabriquer une bouillotte maison au péril de sa vie pour sa dulcinée, mes respectueuses salutations (enfin t’aurais dû cuire de l’eau en quantité dès le début! lol). Au final première journée facile! Et les ampoules que j’ai sur chaque talon me font même pas mal, de toute façon je voulais pas enlever mes chaussettes pour dormir.

Le lendemain, réveil à la William avec un petit chocolat/thé/biscuits et nous voila repartis en sens inverse du sentier de la veille, ma douleur aux pieds en plus. Ca y est, je commence à avoir une démarche d’handicapé et je comprends que le W va se finir en un simple I. De toute façon j’aime pas les chiffres et les lettres!! Aude descend avec moi pendant que notre petit groupe part devant. A l’arrivée, on apprendra que ce n’est pas un, mais 2 camps qui sont fermés et qu’il semblerait que l’un des cours d’eau nécessite une traversée avec de l’eau jusqu’a la taille. Au cas où j’aurais eu un doute, on va reprendre le bateau pour repartir au bus. Bravo le trek de 5 jours en 2! Petit soulagement, Sarah et Olivier repartiront avec nous pendant que Pierre continuera avec tous nos encouragements, matérialisés par nos saucisses qui partiront avec lui.

Expérience loupée de balade, douleur aux pieds ; dommage, on n’a pas vu les Torres, spectacle à voir mais pas pour nous. Cependant, grand plaisir d’avoir pu observer le glacier et heureux d’avoir fait la rencontre de Belges aussi courageux que sympathiques.

vendredi 6 février 2009

Santiago

Ça y est, on arrive vraiment sur le sol d’Amérique du Sud, à Santiago. Nous sommes un peu chargés (sac à dos, planche de Morey, souvenirs de l’île de Pâques et le cadeau de Jeannette à notre départ) et dans la capitale Chilienne, c’est un peu compliqué de trouver une guest car ce sont les vacances et les Chiliens sont de bons voyageurs. Donc après 3 hôtels complets, on réussit à trouver notre bonheur grâce aux renseignements pris par chouchoute à l’aéroport. Bien joué! Le soir même, on profite de la sympathie de nos voisins de table, qui nous inviteront à les accompagner pour un diner-apéro. L’occasion pour Aude de prendre, avec des locaux, des renseignements pour danser la salsa. Et ici il y a pas des soirées salsa, il y a des salsotecas!!

La salsoteca, comprenez discothèque salsa, c’est un petit monde en soi. Le premier soir, nous y allons à deux. Super plaisir à danser avec mon amoureux et heureusement parce qu’ici, personne n’invite! Ah oui, le snobisme du “milieu”… On regarde, mais personne ne se décide à m’inviter et on rentre finalement assez broucouilles de cette première soirée. Mais je ne m’arrête pas en si bon chemin et le lendemain je renchaine, seule cette fois, Matthieu ayant eu sa dose la veille…! Là, les choses sont un peu différentes. Seule, je deviens accessible et je découvre l’autre aspect du “milieu” à savoir la drague internationalement connue des Latino-Américains… Qu’à cela ne tienne me dis-je, je suis là pour danser, alors allons! Cependant, ce ne sont que les débutants qui m’invitent, les masters me jaugeant de loin. Invitera, invitera pas… Non mais se laissera inviter ou pas serait plus exact. Pas top en un mot et surtout dommage car le niveau des meilleurs est vraiment bon, comme en atteste la qualité des shows auxquels j’assiste. Quelle chance! Présentés par une magnifique femme d’une cinquantaine d’années à la Almodovar, costume de scène fendu jusqu’à la taille, maquillage de soirée et chant sensuel au micro, me voila tout de suite en Amérique du Sud… Les danseurs arrivent et donnent le la : ici, les démonstrations de salsa ont un air de Dirty dancing avec mise en scène et acrobaties. Et quand je dis acrobaties, moi qui étais si près de la scène, je me suis demandé si finalement ça ne m’évoquais pas «y’a-t’il un pilote dans l’avion»! N’empêche que le spectacle était bien au rendez-vous et que j’ai été ravie d’admirer ces démos!

On restera à Santiago durant 6 nuits et autant vous dire que notre séjour n’a pas été très productif, avec un peu de fatigue accumulée, une espèce d’inertie, bref! On optera pour des grasses mat’, en se levant pour le petit déjeuner et en profitant de l’accueil grand sourire de Maria, le préparatrice du desayuno et femme de ménage, qui profite du voyageur pour discuter avec gentillesse. La ville ne nous a pas plus emballée, si ce n’est quelques visites.

Le musée d’art précolombien permet de donner certains éléments sur les populations locales avant les conquistadors. On retrouvera ici le culte de l’homme oiseau, rencontré sur l’île de Pâques (croyance détrônant celle des statues Moai). Il y a pas mal d’objets usuels ou liés aux croyances, en poterie, bois, souvent en lien avec des représentations peintes ou en forme d’animaux. La comptabilité nécessaire à la civilisation Inca trouvera ici une forme de lasso, auquel chaque tribu sera symbolisée par un fil équivalent au tribut paye (longueur de fil pour la quantité et la couleur pour le type de denrée). En effet ici, tout le monde connait la grande civilisation Inca (Aztèque en Amérique centrale), car elle a unifié les populations du continent. Mais après 2h c’en est déjà trop, car il n’y a dans le musée aucun fil conducteur que ce soit sur l’espace ou le temps. Du coup on voit des trucs mais on comprend pas toujours à quoi ça correspond, dommage! Sans être motivée, on profite des rues piétonnes

où on tombe sur un concert de musique classique qui se joue sur le pavé, l’occasion de prendre un petit verre.

En passant un peu de temps à l’hôtel on fera connaissance de Gé, Alex et Yannick, 3 Français venus en Amérique du sud pour faire un peu de trek. L’occasion pour nous de prendre quelques renseignements sur la Patagonie, ses balades et les conditions climatiques visiblement fraîches (et pourtant les glaces fondent!?), le tout autour d’un petit repas précédé d’un apéro au piscosour (boisson locale qui réchauffe, ndlr).

Sur leurs conseils, nous irons au musée national qui retrace l’histoire de la nation : c’est à dire à partir du moment où les Espagnols sont arrivés (j’aurais juré qu’il y avait quelqu’un avant leur débarquement?! Vous savez ceux avec des plumes, un petit os dans le nez…). Toujours est-il que les premières années de conquête sont ponctuées par : essayons de trouver ensemble la solution…

A - des guerres de pouvoir

B - massacre et esclavagisme des populations indigènes

C - évangélisation et invasion par les amis de Benoit XVI

D - modernisation par l’abatage de tout ce qui est vivant ( homme, animal et végétal)

Attention plusieurs réponses sont possibles, car la modernisation permet de faire plusieurs choses en même temps.

Effectivement, ce qui est vraiment dommage, c’est de voir à quel point les époques se ressemblent. Du début des conquistadors chrétiens, premier tableau du musée, à l’ultime affiche, on y trouve que de la joie et de la bonne humeur.

La dernière salle de ce musée est consacrée à la chute de Salvador Allende, aidé à se suicider par la révolte militaire de Pinochet. Dans la dernière vitrine gît encore la demi monture de lunettes du président mort en exercice, les traces de poudres encore sur le verre. Pourquoi l’histoire du Chili s’arrête à 1974? Et bien parce que le sujet de l’histoire moderne de ce pays fait encore débat. En effet, le pays est divisé en 2, entre les pro-Pinochet et les anti-Pinochet. Pour les premiers, il est le symbole d’un modernisme et d’une accession au confort (électricité, voie de communication, ouverture du marché pour le commerce). Là où il fallait faire la queue durant des heures pour pouvoir espérer avoir à manger, il est possible d’avoir accès à un choix plus large en quantité. Cependant l’autre frange de la population se souvient d’un pan plus noir de ces années de gouvernance, avec les fameux “disaparecidos” qui resteront pour toujours des disparus.

En effet, le modernisme à la Pinochet ne c’est pas fait pour tous. Les petites classes sociales n’en n’ont même pas été les premières victimes, car les indiens Mapuche ont fini pour la plupart d’être massacrés ( c‘était au cas où ils auraient des choses à revendiquer, genre des droits, des territoires,..). Dictateur ou con-qui-s’adore? Autre temps, mêmes mœurs. Mais il reste des gens pour affirmer que ce n’est pas vrai. Serait-ce du négationnisme? Même époque, même mœurs.

Pour ma part les Chiliens paient encore ce régime de Pinochet, bien que condamné. Tous les visages dans la rue sont ceux d’Européens, aucun indien. Toute une culture disparue mais bien gardée en vitrine…

Pinochet n’a jamais voulu faire rentrer le Chili dans une économie sud-américaine avec le MERCOSUR, préférant des accords unilatéraux de préférence avec les Etats-Unis d’Amérique (ceux-là même qui l’ont aidé à sa prise de pouvoir). Et cela s’en ressent, car les Chiliens ont malheureusement la palme de la malbouffe avec des snacks vendant Hamburger et autre Pancho pour une somme dérisoire, toutes boissons gazéifiées et sucrées étant moins chères que l’eau (sauf peut-être celle de la Coca-Cola Company : elle rachète les compagnies d’eau pour se dédouaner de vouloir imposer une consommation et aligne des prix défiant la concurrence des eaux minérales. Même quand tu bois pas de Coca, du bois du Coca-Cola, CQFD).

Les Chiliens n’en restent pas moins très sympathiques et bienveillants à notre égard, nous rappelant régulièrement que ici, on ne porte pas de sac à dos, mais plutôt un sac à ventre…Afin de ne pas se faire dépouiller.

Après cette petite semaine, on a décidément du mal à profiter des grandes villes, car il est difficile de rencontrer les gens, c’est pourquoi nous mettrons cap sur le Sud du Chili à Punta Arenas. Ah, enfin un peu de fraicheur!!