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lundi 18 mai 2009

Bilan de la Bolivie


- En rencontre : je commence encore par ça, tant les rencontres sont le carburant de notre voyage, celles qui déterminent la beauté du lieu ou sa laideur… La Bolivie, c’est le pays des Indigènes qui, présents à plus de 80% dans la population, sont tout de même appelés ainsi (à se demander comment on appelle les 20% restants : les Blancs? Les ex-colons?…). Pour nous, cette couleur de peau, ce teint tiré par les conditions climatiques, c’est la richesse de ce pays, une culture préservée et un environnement non dénaturé, à la différence de ses voisins argentins ou pire, chiliens. On dit que les Boliviens sont timides, et effectivement, cette barrière sans doute courtoise ou discrète, aura été pour nous la cause de notre impossibilité à vivre notre expérience altiplanesque. Mais au-delà de cet aspect, les Boliviens auront été tout le long de notre séjour, un peuple adorable, prévenant, gentil et doux. Sur les marchés, dans les guets, les taxis, les randos, au détour d’un jus de fruit, nous aurons constamment trouvé la même amabilité. La Bolivie est le pays des gens simples, forts de leur culture et de l’histoire qu’ils continuent à écrire fièrement aujourd’hui. Ce n’est pas pour rien si le Che avait choisi ce pays pour poursuivre sa révolution en terre latine : la Bolivie est le cœur de l’Amérique du Sud, et cela se ressent chaque jour pour notre plus grand plaisir.

- En physique : Alors justement, à quoi ressemblent-ils ces “indigènes”?! Le visage assez rond, les yeux légèrement bridés par la météo locale, assez petits, les Boliviens ont la peau épaisse de ceux qui travaillent dur. Surtout, ce que l’on retient du physique bolivien ce sont deux choses essentielles. D’abord l’incroyable tradition vestimentaire des femmes aux cheveux longs tressés (parfois avec des rajouts!), noués de pompons, coiffées d’un tout petit chapeau porté haut sur la tête et vêtues de multiples couches avec au moins un tablier et une jupe plissée montrant des hanches tellement larges contrairement aux fines chevilles que Matthieu a élu ce pays comme celui dans lequel on avait le plus envie de soulever les jupes… pour comprendre!!! Ensuite nous avons été marqués de voir l’empreinte tellement forte du temps sur les gens. A 25 on en paraît 30, à 35 on en paraît 45, et à partir de 45, on paraît être un petit vieux. A ne pas s’y tromper par contre, c’est l’énergie dégagée par ces gens qui, même vieux, continuent de porter indéfiniment enfant ou lourde charge dans le tissu qui leur sert de sac monté sur le dos et soutenu par les épaules. Comme quoi, les capacités physiques, c’est aussi une question de conditionnement social…

- En paysages : Waouh… Comment vous dire! La Bolivie, que nous n’avons connue pourtant que sous son visage montagnard, est LE pays d’Amérique latine qui nous aura le plus épatés, tant par l’incroyable diversité que la Bolivie offre (encore une fois : et pourtant on n’a pas été dans la jungle!), que par la beauté naturelle de ces nombreux sites. La Bolivie, c’est le pays des paysages surdimensionnés et surnaturels, c’est le pays où on en a plein les mirettes!

- En nourriture : ici, la nourriture peut être pas chère et équilibrée!!! Ah!!! Un peu comme le menu du jour des brasseries françaises, l’almuerzo est le repas du midi comprenant toujours une soupe, puis un plat avec viande ou poisson parfois, riz et frites (le plus souvent), puis un dessert genre compote ou la fameuse gélatine (Mumm…!). Sauf qu’ici, cet almuerzo coûte en moyenne 10 bolivianos, soit 1 euro… Il est donc facile de manger convenablement pour pas cher, ce que font d’ailleurs tous les Boliviens. A coté de ça bien sûr, il y a les fameux jus de fruits frais mais, n’en n’ayant plus autant maintenant qu’on est au Pérou, je ne m’attarde pas au risque de me mettre à pleurer de nostalgie!

- En massage : Oui! Je me suis fait masser!!! Ici ils proposent des massages aux pierres chaudes, c’est-à-dire un massage assez traditionnel mais auquel ils ajoutent la disposition de pierres effectivement bien chaudes dans le dos, et vu les températures ici, je peux vous dire que ce n’est pas du luxe! Franchement, se faire masser, c’était de toute façon génial donc je ne pourrais même pas dire si c’était particulièrement bien ou pas!!

- En musique : Alors oui, il y a un peu de musique andine genre “tiens, ils les ont libérés du métro parisien!” (oh ça va! On peut déconner aussi!). Mais surtout, il y a l’influence délétère de la musique mexicaine, j’ai nommé la cumbia. Pour ceux qui ont la chance de ne pas connaitre cette musique (oups le parti pris!), il faut imaginer un rythme qui ne déroge jamais du “chichichi chichichi chichichi” de base, auquel on ajoute l’instrument qui n’aurait jamais dû voir le jour, j’ai nommé le synthé… Il paraît qu’il y a des variantes, genre “ça, c’est de la cumbia batchata” “ah” ; mais franchement, ça fait maintenant 2 mois qu’on en bouffe tous les jours de la cumbia, et pour moi c’est toujours la même rengaine! J’AIME PAS LA CUMBIA!!!!

- En art : on ne l’a malheureusement pas vu dans la rue, mais le carnaval, pour être aussi présent dans tous les musées ou presque, mérite d’être mentionné ici. En effet c’est pour les Boliviens une véritable institution, l’occasion annuelle de critiquer et se moquer de tout, c’est-à-dire dans le passé, le moment de l’année ou était catharsisée la colère emmagasinée contre l’envahisseur espagnol et son administration pas du tout adaptée à la vie ou la population bolivienne.

- Sur la route : en partie asphaltée, mais quand même souvent rocailleuse, la route ici, c’est quelque chose! Chaque trajet prend 3 plombes, parce qu’aucune route ou presque n’emprunte de vallée. Non! Ici on préfère monter le col, descendre le col et monter le col suivant. Alors autant vous le dire de suite si vous comptez voyager en Bolivie : mettez-vous entre les deux essieux, jamais à l’arrière!!! N’ayant pas été du tout dans la jungle, on ne peut que vous raconter ce que l’on a entendu des (parce qu’il n’y en a finalement pas qu’une…) routes de la mort. Appelées ainsi suite à la route de la mort originale (qui porte bien son nom : une piste trop étroite pour laisser passer 2 véhicules, mais pourtant à double sens, cette route improbable surplombe un précipice de plus de 600 mètres. Elle a fait tellement de victimes - des bus entiers qui tombaient chaque année, ne réussissant pas la marche arrière impossible dictée par la nécessité de croiser un véhicule - qu’elle a été reconstruite plus loin et plus large…), ces routes accrochées aux falaises font faire moult signes de croix aux locaux, afin d’attirer les bonnes grâces du type là-haut qui pourrait leur économiser une chute libre anticipée… Tiens bien c’est sans doute pour ça qu’on n’y a pas été!!

- En argent : La monnaie locale est le boliviano, que l’on a touché en général à environ 9,2 bolivianos pour 1 euro. La vie en Bolivie n’est vraiment pas chère : une chambre d’hôtel pour 2 coûte entre 30 et 60 bolivianos, un repas pour deux est accessible pour 30 bolivianos boisson comprise et le transport est complètement donné puisque 3h de bus coûtent en moyenne entre 10 et 15 bolivianos! Cependant… L’artisanat bolivien nous a bien plu et c’est que deux colis en un mois ½, ça a un prix! Alors nous avons, tout compris, dépensé quand même 24 euros par personne et par jour. Enfin vous voyez, rien à voir avec les pays d’Amérique du Sud précédents, et ça, ça fait du bien!

- En tout : est-il utile de préciser? La Bolivie, on a adoré! On avait prévu un mois pour ce pays et un mois pour le Pérou et on aura préféré rester ici plus longtemps tant nous craignions le vol et le tourisme de masse au Pérou, mais aussi tant nous avons apprécié la Bolivie, pour ses gens, ses paysages et la facilite de la vie ici. Calme, beauté, tranquillité, vie peu chère, autant d’atouts qui nous ont séduits et ont participé à la réussite de notre voyage. La Bolivie, c’est le pays d’Amérique du Sud dans lequel il faut aller vite, avant que le tourisme ne dénature les liens des gens aux voyageurs… La Bolivie : le pays qui vous réussit!

vendredi 15 mai 2009

Copacabana et le lac Titicaca

Après le trajet en bus, où nous avons pris une barge afin de traverser un morceau du Lac Titicaca (la découpe du pays est faite de telle sorte, qu‘un morceau de Bolivie n‘est accessible qu‘en passant par le lac, si l‘on ne veut pas passer par le Pérou),


on arrive à Copacabana.


Il fait nuit et l’on se pose dans le premier hôtel venu. Au petit matin, toujours un peu frais, nous sommes quand même à plus de 3800 mètres, on va prendre notre petit déjeuner sur le petit marché : leche con chocolate avec une pâte soufflée dans l‘huile. Puis, on fait un tour dans la cathédrale à la façade mauresque et à l’intérieur bien baroque, sans avoir eu la chance (sans doute parce qu’aucun touriste n’avait payé…) de voir la bénédiction des voitures par le curé, pourtant donnée comme bihebdomadaire. Original! C’est pas grave, on se rattrape sur les 2 perroquets qui ont visiblement élu domicile sur la grille d’entrée et qui auront une absolue délicatesse à venir manger les cacahuètes qu’on leur propose. On s’est même pas fait chiquer les doigts. Après un bref passage à l'hôtel, on repart pour une balade, mais en arrivant près du gymnase, nous sommes interpellés par le bruit. Nous allons voir et à notre grande surprise, il s'agit d'un match de football un peu particulier. Je vous laisse juger de ce moment aussi inattendu que typique du pays...


Puis nous montons du coté des premières ruines Incas, que l’on découvre sur un chemin aménagé datant de la même époque. Au final, jolie vue sur le lac et l’île du soleil au loin, avec la côte bolivienne qui se découpe sous le soleil. On a presque l’impression d’être face à la mer, tellement le plus grand lac d’altitude du monde est grand (97 km sur 230 km de long). Cependant, avec l’arrivée des Espagnols, il reste bien peu de ruines intactes, les pierres étant à l’époque réutilisées pour les constructions des conquistadors… Après la petite balade, on va manger dans l’un des nombreux restaurants à touristes de la rue principale, en profitant du soleil. C’est une condition, car dès que l’on est à l’ombre, la température chute gravement! Pour l’après-midi, Aude va se poser à l’hôtel pendant que je vais marcher, direction la presqu’île du coté de l’Isla Del Sol.Les gens sont tout sourire sur le chemin, m’interpellant, me demandant d’où je viens, où je vais, entre 2 coups de pioche dans les champs ou allongés sur leurs outils de travail. Mon espagnol me permet désormais de communiquer en petit nègre avec les gens, qui sont aussi compréhensifs que contents de voir un touriste qui parle avec eux. Plus loin, se joue le match de foot des chauffeurs de taxi. l’occasion de voir encore une fois des gars qui galopent en altitude derrière un ballon : quelle énergie, quel souffle! Finalement je me dirige vers la montagne, afin de profiter du coucher de soleil sur la petite baie de Copacabana

et d’une jolie lumière sur les montagnes, accompagné d’une détente fumante… ça faisait longtemps.Le lendemain, on part pour 2 heures de traversée pour l’Isla Del Sol, lieu central de la culture Inca pour des rites et le culte du Soleil.

C’est en effet ici que le soleil serait né… Apres le débarquement,

on profite de rester dans le groupe du bateau, afin de faire un morceau de la visite avec le guide, visite qui commence par la salle du musée. De nombreuse fouilles ont été réalisées ici, pas toutes finalisées, aussi bien sur terre que sous les eaux du lac, car le niveau du lac, il y a 500 ans, était quasiment 100 mètres plus bas, étonnant! On se dirige vers le nord de l’île qui délimite un ancien espace sacré, lieu de pèlerinage pour le peuple Inca et où se trouve la troisième place rituelle la plus importante de cette culture. Elle est symbolisée par une roche ayant une forme de tête de puma qui fait face à un autel, où étaient faits des sacrifices et des rituel religieux. Les Incas déterminaient également un calendrier agraire et ritualisaient les fêtes, en fonction du calendrier de l’année : celle-ci commençant au solstice d’été le 21 juin. Puis, l’on termine la visite par le temple de l’Isla del Sol, surplombant la mer face au côtes péruviennes et avec de l’autre coté la Bolivie et ses cimes enneigées.

On choisit de se poser là pour le déjeuner et effectuer une petite sieste.




J’en profite pour aller faire des photos du site, mais également de locaux qui travaillent à la rénovation du site.
En effet, ici la population est partie prenante et participe à la restauration de son patrimoine et donc d’une ressource possible financière. Il y a 5 ans, il y avait 10 touristes par semaine, aujourd’hui il y a en a minimum 80 par jour...Pendant que je discute avec quelques ouvriers et réponds à leur demande de faire des photos d’eux, Aude discute avec le responsable des travaux. Très rapidement, nous sommes invités à partager la soupe et nous leur proposons une petite séance photo, afin de pouvoir leur donner les clichés par la suite. Grand sourire et applaudissements lorsqu’on leur dit que nous sommes comme fiancés! Les femmes font à manger, apportent les cailloux et jettent un œil sur leur petit, pendant que les hommes piochent, amassent les pierres et défrichent les décombres. Les petits enfants participent en jouant avec la terre et suivent leur mère durant leurs allers-retours. On assiste là à un vrai travail de réhabilitation dans la pure tradition bolivienne, quel plaisir. Le patron nous invitant à passer chez lui en fin de journée, on laisse nos affaires et partons faire un petit tour sur les hauteurs de l’île, profitant du panorama sur le temple : encore un souvenir de toute beauté pour nos petits yeux devant tant d’histoire sur un lieu mythique.

De retour prêt du temple, nous saluons les gens avant de partir vers le milieu de l’île, n’ayant pas été resollicités par le responsable. Le soleil est couchant, nous empruntons le nouveau sentier qui passe par les hauteurs de l’île, avant de redescendre sur le village du milieu, en compagnie d’un jeune berger qui ramène son troupeau de moutons de 20 têtes. Mais nous lui faisons remarquer que visiblement il en manque une… Il s’arrête plusieurs fois et malgré notre proposition de garder son troupeau (oui je connais les animaux et sais communiquer avec eux, j’ai déjà regardé à 3 heures du matin les émissions animalières et de chasse et pêche!! Ah vous aussi! après une soirée où vous n’alliez pas directement au lit?!…). Mais plutôt que d’aller le chercher et trouver vite fait l’individu manquant, il préfère continuer (en même temps le mouton va pas se barrer de l’île à la nage). On fait donc le reste du trajet avec lui, ainsi qu’un groupe de 5 autres enfants avec un bon gros troupeau de moutons.
Les enfants portent chacun un fagot de bois et s’amusent à se pousser, tout en grimpant partout pour conduire le troupeau.

Si jeunes, ils travaillent déjà, se relayant, dans la bonne humeur et se partageant la tâche collective.On trouvera au village une auberge avec vue sur la petite baie, où le soleil viendra nous réveiller le lendemain. Lorsqu’on se réveille, il est pas très tôt et c’est au son des rires et cris des enfants qui jouent dans le jardin que l’on va se laver. On passera la journée entre salsa, balade sur l’île
et sieste le long du terrain de foot, où se joue un match local avec commentaires enthousiastes du public, regroupant hommes, femmes et enfants. C’est un peu le rendez-vous du dimanche, entre bonbons, habits traditionnels et téléphones portables. entre 2 changements de couche du petit dernier. C’est bon de juste voir jouer un match, sur le lieux si mythique du Titicaca, à l’endroit même où j’imaginais que les gens seraient habillés en Inca! Apres cette après-midi, on prend le chemin du retour, le long du lac pour retrouver notre petite chambre, l’occasion d’une salsa…Le lendemain, on se lève tôt afin de pouvoir attraper le bateau du matin qui part du sud de l’île. Après 2 heures de marche, on a bien mérité notre petit déjeuner en terrasse avec vue sur l’Isla Luna et le soleil qui nous chauffe, c’est bon. L’occasion de nous dire qu’on a bien fait de dormir au centre de l’île, vu le nombre de constructions et d’infrastructures pour touristes qui poussent comme des champignons ici. On prend finalement le bateau, en faisant un arrêt au temple du soleil qui se dresse au pied des collines du sud de l’ile,
avant de rejoindre la terre ferme.
Là nous attend le bus qui nous conduit vers le Pérou, pour s’immerger dans la culture Incas et ces mythiques constructions…

mercredi 13 mai 2009

Tiwanaku


Le site de Tiwanaku est LE site archéologique de la Bolivie, celui qui abrite la fameuse Porte du Soleil. Surtout, Tiwanaku, ce sont les vestiges de toute une civilisation au rayonnement presque aussi important que les Incas mais qui aura duré de 1520 av JC à 1200 ap JC… Situé à seulement quelques kilomètres de La Paz, nous décidons d’y aller par nous-mêmes, sans passer par un tour organisé. Après près d’une heure et demie de transport en minibus local, nous sommes donc déposés sur le site. L’entrée coûte horriblement cher (80 bolivianos soit environ 8 euros), au point où on s’est même demandé l’espace d’un instant si on allait pas faire demi-tour. Mais aller, ne soyons pas trop Français, on n’a quand même pas fait toute cette route pour vous raconter après que c’était trop cher!
A l’entrée du site se trouve un musée, manquant cruellement d’explications et présentant des objets vus et revus (15 jours à La Paz mon pote!). Le ton est donné : ici tout est misé sur les guides locaux. Mais on décide de faire la visite seuls, considérant que nous avons déjà payé assez… Nous entrons donc sur le site en lui-même. Un panneau annonce une grande pyramide et divers autres monuments Tiwanaku. En réalité, nous nous trouvons ni plus ni moins devant un tas de ruines en cours de restauration.

De la pyramide à 7 paliers, il ne reste que 3 rangées de mur, un monticule de terre surplombé d’un trou béant. Ce qui m’attire le plus finalement, c’est comme d’habitude les murs de pierre ocre. D’époque, les pierres de taille toujours différentes sont taillées pour épouser la forme de leurs voisines, formant un puzzle improbable mais surtout impeccable.

J’aime ce bordel organisé me dit mon esprit d’Européenne.
Et puis nous débouchons sur la fameuse porte du Soleil. Ca fait des lustres qu’on en entend parler et la voici devant nous…


Mais c’est qu’ils étaient tout petits, les Tiwanaku!! La porte est vraiment minuscule, et si nous n’avions pu profiter des explications des nombreux guides qui se relaient ici, on aurait cruellement été déçus! Mais se détachent finalement la représentation du soleil en tête, tenant les deux bâtons symbolisant la justice et la religion, puis les rangées successives dont on se rappelle de l’homme condor. Les figurines formeraient un calendrier solaire, calendrier marqué par les nombreuses fêtes rituelles liées aux grands événements agraires.

Enfin, plus bas, une sorte de cour basse aux murs vêtus de têtes saillantes attire notre curiosité.

On avoue être un peu sur notre faim avec cette absence d’explications, mais tant pis, on profite du site autrement, en balade…
Finalement, c’est dans le nouveau village de Tiwanaku qu’on se régalera le plus. Ses rues “typiques”, ses petites maisons, son rythme tranquille et sa magnifique église nous réjouissent.

Bon, pour la petite histoire, les Espagnols sont quand même allés chercher les pierres nécessaires à l’édification de ladite église… sur le site archéologique… C’est à se demander qui étaient les “sauvages”, à l’époque…
Nous rentrons sur La Paz, presque plus enchantés par notre tour au calme dans la ville que par les ruines muettes d’histoire pour nous, non sans passer par un dernier lieu du site archéologique. Pour vous dire, on était tellement attentifs que, voulant voir quels étaient les petits rongeurs aperçus de loin, on n’a même pas vu qu’on était en train de marcher sur une des dalles principales du site…! Oups!



Pour finir, voici quelques exemples de la ferveur populaire en faveur du président Evo Morales, depuis le temps qu'on vous en parle...

mercredi 6 mai 2009

Huayna Potosi

Départ de La Paz à 9h, accompagné de Aude. Bah oui, parce que évidement, malgré une organisation au millimètre, j’ai oublié un truc et elle fera l’A-R à l‘hôtel! Finalement, seul dans mon minibus, je pars avec mon guide Mario et le dueno de l‘agence, pour 3 jours de rando et 2 jours dans la haute montagne . On prend la route qui surplombe la ville de la Paz, qui laisse en arrière plan l‘Illimani, montagne à plus de 6000 mètres également et qui domine largement la ville. On fait un arrêt à Alto, ville au-dessus de La Paz et qui croit de +10% chaque année (La Paz étant dans une cuvette, les nouveaux arrivants habitent en périphérie ici). Puis on sort définitivement des routes urbaines pour nous diriger vers Tuni, d’où nous partirons. On se fait déposer, avant de prendre un petit repas et surtout, de louer une mule qui nous accompagnera durant les 3 heures de marche qui nous mèneront jusqu’au campement.

La mule partie devant avec un autre groupe, on marche dans un paysage sec, où je peux admirer le Condoriri enneigé, appelé comme cela, car ces 3 pics rappellent un condor aux ailes à demi ouvertes et il en impose.

En bordure de lac et à plus de 4000 mètres d’altitude, il fait frais mais je n’ai pas de souci pour marcher, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Sur le chemin, il y a essentiellement des lamas

et avec Mario, le guide, on s’arrêtera pour aider un berger qui soigne 2 de ses bêtes. Et la technique pour maintenir l’animal est simple : il suffit de le tenir par les oreilles, tête vers le bas, en résistant aux poussées du malheureux prisonnier. Finalement, après avoir coupé un bout de ficelle qui serrait la patte et l’handicapait, on repart et on rattrape le petit groupe de 3 mules, emmenées par leur propriétaire. Mario discute avec la dame pendant que moi je participe à l’avancée des 3 buritos. En effet, ne parlant pas l’Aymara, ayant du mal avec l’espagnol, je communique avec les bêtes! Il faut savoir que moi, avec mon petit sac, mes lunettes de soleil et mes chaussures de marche en fin de vie, je fais le malin. Mais les locaux ici marchent en sandales (parfois avec chaussettes), avec pour équipement, une tenture colorée et petit chapeau et il m’est impossible de rivaliser, tellement j’aurais un air ridicule et je souffrirais.

Toujours est-il que j’en profite pour faire la connaissance d’un petit groupe de 3 chileno-espagnols utilisant également les mules, afin de faire une ascension le lendemain. La discussion se fait en espagnol pour moi et eux me répondent en français, et ca marche! Dans un super site, on fait le campement avec vue sur le lac, le Condoriri, le Pica Negra et son troupeau de lamas. Apres une petit collation, je laisse Mario faire le dîner et je pars marcher dans la montagne, afin d’avoir une vue sympa sur l’ensemble du lieu. Bon je vais aussi marcher parce qu’il fait un froid d’enc… Et c’est là que je fais la rencontre des lamas. En effet, cet animal, fort de son long cou, de ses gros poils genre je crains rien, a un comportement assez comique. Voyant que tu arrives, il vient à ta rencontre, lentement, mais de manière assurée.

Puis, une fois assez proche, il s’arrête et défit un peu du regard. Disons qu’au début je me méfie, histoire de pas me faire défoncer, voire cracher dessus comme le dit la légende. Mais rien du tout! Une fois à l’arrêt, si je fais un pas en avant il se barre comme une fillette! Moi et mes 65 kilos (plus les 3 kilos de pull) je suis facile dans la montagne et même pas peur. Finalement, le soleil se couche doucement et je retourne vers le campement afin de profiter d’une bonne soupe et de pâtes ainsi que d’un maté pour me réchauffer. Il est 19h et c’est l’heure d’aller se coucher!

Là où j’étais, il y a pas grand-chose à faire si ce n’est se caler dans le duvet. Je crois que c’est à ce moment que j’ai cru presque mourir. En effet, je crois bien que je suis un peu malade et les toilettes à 2h du mat’, à la frontale, en T-shirt, par -3 degrés sous une lune absolument superbe (ah la bonne nouvelle!)

vont rester gravés dans… Bah dans la roche à 4500 mètres! Le lever à 7h est presque une libération, tant je me suis réveillé dans mon duvet un nombre incalculable de fois dans la nuit frigorifiée. Heureusement, un bon petit déjeuner et le soleil du matin vont faire du bien. On dégivre la tente et on repart pour un jour de marche, traversant des vallées, des points de vues superbes sur les montagnes enneigées, surplombant des lacs parfois aux couleurs improbables, rappelant la présence de minéraux dans la roche. D’ailleurs ici, perdus dans les vallées, il y a quelques mines et des “mineros” qui travaillent à une sacrée altitude et un froid… ah bah non là ça va, on est en été!! On arrive finalement après une journée de marche au camp composé d’une maison en dur et de 3 murets pour les toilettes, avec vue imprenable sur le Huayna Potosi et la plaine. Arrivés tôt, on attend la livraison des affaires par … une moto (j’ai pas trop compris où étaient passées les mules…). La bonne nouvelle, c’est que je ne suis plus malade et que l’on va planter la tente dans la maison faite en brique de terre et toit de tôles. Comme dans le camp précèdent, on est accueilli par le responsable du camp avec qui on partagera la “cena” de manière spontanée lui donnant des patates noires à Mario pour le remercier. Les patates noires sont un des aliments de base en altitude ; le goût est particulier et elles se plantent dans des sols froids. Moment sympa de partage où le dueno essaie de m’apprendre quelques mots d’Aymara, au milieu du Condoriri.
Finalement, on repart au petit jour, après une bonne nuit, pour quelques heures de marche qui nous amènent jusqu’au refuge de Huayana Potosi. On croise quelques lamas toujours dans un cadre de carte postale,
l’occasion d’apprendre que les lamas sont des animaux propres, dormant toujours au même endroit dégarni d’herbes et ayant presque comme des toilettes. Apres le déjeuner au refuge, Mario repart à La Paz chercher le matériel, me laissant l’après-midi pour aller voir le lac…
OK Mario! “Sinon, la montagne en face on peut la grimper et à quelle altitude est-elle? Ah c’est un 5000 mètres avec équipement, car un coté de la cime est enneigé : le Charguini“. Un avion s’y serait écrasé il y a quelques années, mais il ne contenait que de la viande. C’était pour la mettre au frigo?
Finalement avec les recommandations de Mario je m’y lance ”il y a qu’un début de chemin, duquel il ne faut pas s’écarter et s’est assez dangereux, mais il ne faut pas aller tout en haut“. La montée devient un peu plus compliquée effectivement après une ½ heure, obligé de crapahuter un peu en faisant attention aux roches. Mais une fois arrivé là-haut, quelle jolie vue encore sur le lac artificiel, la vallée et les montagnes environnantes, la plus impressionnante étant le Huayana qui me fait face. Je reste un peu, le temps de profiter et de faire quelques photos.

Et je redescends voulant éviter une brume éventuelle et la nuit. C’est chose faite rapidement me permettant d’aller jusqu’au barrage de rétention hydroélectrique. Faisant parti d’un grand complexe, il participe à l’alimentation de La Paz jusqu’à Santa Cruz (je sais ça vous dit rien mais je fais comme si j’avais appris des trucs essentiels). Le soir, je partage le repas avec un Australien et 2 Israéliens, sympas, l’occasion de pouvoir parler un peu de cette culture, que je comprends encore moins qu’avant et du conflit du Moyen-Orient. Et c’est intéressant de parler avec l’un d’eux, qui me dira qu’effectivement les Israéliens ne sont pas forcement appréciés, peut-être par le fait qu’ils vivent constamment sans se soucier de ce qui se passe autour en se disant ouverts. En tout cas, eux n’ont pas fait l’armée et ont envie de paix, en se disant Israélien, mais voulant laisser la place à un état palestinien. Ca fait plaisir de rencontrer des gens modérés, intelligents et se souciant d’eux-mêmes autant que des autres avec qui ils sont obligés de partager un territoire. Ca se finira en partie de cartes, avant de refaire une nuit au chaud. Le lendemain matin, je profite du lieu prenant le temps du petit déjeuner et d’écrire un peu, avant de retrouver Mario accompagné d’un Français et un Autrichien, avec qui je vais partager l’expérience de l’andinisme. On fait connaissance autour du déjeuner, nécessaire avant l’accession au camp de base au pied des neiges éternelles, qui culmine à 5130 mètres. Apres 1h20 de montée, on se pose un peu avant de passer à un peu de pratique dans la neige.
L’avantage c’est que le Huayna Potosi n’est pas très technique et l’apprentissage n’est que rudimentaire. Le soir on est une petite dizaine de touristes au refuge et pour tous c’est une première, donc il y a comme un brin de tension, l’occasion du coup de déconner un peu et de raconter quelques conneries avec P-E, le Français en tour en moto en Amérique du sud, dont je vous donne le lien blog ; bornesinamerica.com. Quelques photos du coucher du soleil, une photo de Super Kiki, qui aura un gros succès (évidement quand le surnom du guide est Super Mario) un plat de pâtes plus tard et tout le monde se couche à 19h.
Le réveil se fait à 1h pour un départ à 2h. On part finalement à 3 avec PE et Mario, Armin étant un peu malade et n’ayant pas dormi de la nuit (il fera l’ascension avec Martin, l’autre guide, en faisant des pauses, où il dormira dans la neige par ¼ d’heure…).
Pas besoin de frontale tant la pleine lune nous éclaire, faisant même apparaitre nos ombres sur la neige. On y va tranquillement en faisant quelques pauses. PE durant la montée va fatiguer un peu ; moi j’ai l’avantage d’être bien acclimaté et d’avoir marché en altitude 3 jours durant. Cela me permet de bien profiter de la montée et de vivre vraiment le moment présent. C’est une marche sur glace sur le début avec crampons et piolet avec une petite crevasse à traverser, une partie un peu plus technique, le tout encordé. Mais à l’approche du sommet, le terrain devient raide et il s’agit de bien planter son matériel et de s’y accrocher. Les derniers 150 mètres se font carrément en faisant corps avec la paroi, avant d’accéder à une corniche avec le vide de part et d’autre. En fait, on se retrouve à marcher sur un passage étroit de 40 centimètres avec un renfort de neige sur l’un des cotés. Autant dire qu’à ce moment là, il s’agit pas de se marcher sur les pieds, de se prendre la lanière des crampons ou de riper…
Finalement le sommet atteint, le soleil se lève sur la mer de nuages, d’où dépassent quelques pics, La Paz et le lac Titicaca : que du bonheur ! On profite du paysage, assis à 6088 m sur une congère ne reposant sur rien en fait. Mais il est déjà l’heure de redescendre, en repassant par ces petits passages qui mettent un peu d’adrénaline, le bonheur. Je commence à être à l’aise avec l’équipement et, comme je fais la descente en tête, c’est vraiment un très bon souvenir.
On regagne le refuge du camp de base sous le soleil à la fraiche, en déconnant et faisant des pauses photos, dans un décor enneigé et surréaliste. C’est comme si j’étais dans un documentaire… Bon en même temps, je l’ai fait, et pour moi ca a été une super expérience, à la fois plus facile que ce que je pensais, mais si hors du commun. Après une pause, on repart vers la vallée, chargés de nos gros sacs pour retrouver le véhicule qui nous ramène à la Paz, fin des 5 jours de montagne.
Quelle expérience mémorable….
Allez pour le plaisir quelques tranches d’andinisme…



vendredi 1 mai 2009

La Paz

La Paz, c’est un peu le record du tour du monde : pour ma part, 14 jours dans la capitale, on n’aura jamais vu ça! En effet, nous avons pas mal arpenté la ville à deux et j’ai habité là tout le temps du trek improbable de Matthieu-Rahan!
Fondée en 1548 par Alonzo de Mendoza pour célébrer la fin des guerres civiles, la ville de La Paz est construite dans une cuvette, dominée par la ville d’Alto. C’est par là qu’on descend dans la capitale, offrant une vue spectaculaire sur les montagnes enneigées alentour (par exemple l’Illamani qui culmine à 6402 mètres…) et les habitations citadines. Perchée à 3660 mètres d’altitude, La Paz est aussi LA ville de la pollution.. En effet, si ses 1,5 millions d’habitants empruntent presque tous les minibus publiques (solution écologique du coup), le taux de pollution avoisine pourtant les 90% dans certaines rues tant l’expression “contrôle technique” est ici plus qu’un concept, un mythe. Les transports sont donc suivis de près par l’impressionnant nuage de fumée noire qui se dégage des deux pots d’échappement : un sur le coté et un derrière en cheminée…
Mais au-delà de ces aspects pragmatiques, La Paz, c’est aussi la capitale des musées puisque la capitale abrite une bonne dizaine de musées. Etape culturelle intéressante, nous avons donc rentabilisé le temps illimité passé ici pour nous intellectualiser un peu!!
Nous commençons nos visites par la rue des musées, rue qui abrite une série de 4 musées que l’on paie très peu cher (40 cts d’euros!) et qui abrite plusieurs petites expositions, idéal pour passer d’un sujet à l’autre sans se lasser. Nous découvrons ici le musée du littoral, exposant comment la Bolivie a perdu une partie de ses terres, l’isolant des côtes, lors de la guerre du Pacifique avec le Chili. En effet, avec la découverte des réserves naturelles en salitre du désert d’Atacama (autrefois bolivien), c’est un conflit d’intérêts terrible qui va opposer la Bolivie avec son voisin chilien. Depuis 1842, le Chili méconnait les frontières mais c’est quand la Bolivie impose une taxe sur l’exploitation des entreprises chiliennes sur son territoire que le 14/02/1879 le Chili envahit le littoral, déclarant officiellement la guerre à la Bolivie 2 semaines plus tard. Le Pérou est envahi aussi et les 3 pays entrent en guerre au 5 avril de la même année. Mais le Chili, profitant de son avance sur le terrain et ayant déjà armé la région, gagne la guerre en 1883. Au total, la Bolivie aura perdu dans l’affaire toute la province d’Atacama soit 480 km de côte, et le Pérou toute la province de Tarapaca. La guerre aura aussi provoqué moult divisions sociales au sein des pays vaincus et aura engendré la perte de 23 000 soldats aux pays.
Mais déjà on change de musée et nous voici dans le monde du Carnaval. Et si celui d’Oruro est célèbre dans tout le pays, il semble que le carnaval soit définitivement une véritable institution. Nous pouvons ici admirer plusieurs types de masques, tous très codés dans leur signification, et représentant souvent une satire de l’administration espagnole. Ainsi, le “moreno” est une satire des peuples Aymara (la 2e ethnie du pays après les Quechua) de La Paz contre les gens au pouvoir qui gouvernaient sans la participation des indigènes… On peut également lire la signification des danses associées aux masques, comme par exemple la “diablata”, danse très rependue qui met en scène la lutte entre le Bien et le Mal, le danseur mimant des rapts d’enfants! Enfin pas mal de masques revêtent des figures andines.
Mais ça y’est, une autre salle nous invite dans le monde des “Chola Pacena”, ces bourgeoises métissées d’origine Boliviennes, habillées élégamment à l’espagnole avec bottine et tout le tralala!. La Chola Pacena, victime de la discrimination, est le symbole de la résistance, de la différenciation à l’époque républicaine, à savoir dans les années 1930-40.
On descend un escalier, on rentre dans une cour élégante, et nous voici dans la partie sur l’or de cette succession de petits musées. Nous sommes tout simplement éblouis par la richesse de cette exposition, dont nous vous avons volé quelques photos interdites…


Diadèmes Inca, figures de la Pachamama, bijoux de la culture pré-Inca “Tiwanaku”… Cette exposition est l’une des plus belles que nous ayons vues…
Une petite balade dans les rues de La Paz,


un moment au marché noir (“vous avez des maillots de foot?”…!), des jus de fruits frais, et nous voila partis pour le musée archéologique, appelé aussi Musée de Tiwanaku puisque son exposition est centrée sur les découvertes archéologiques réalisées sur le site de Tiwanaku. Alors tout de suite un petit “rappel” historique (perso moi j’y connaissais rien mais bon!) : les Tiwanaku sont une société andine pré-Inca issue de la migration des Asiatiques il ya 25 à 30 mille ans avant JC. Cette civilisation a connu 5 grandes périodes allant de 1520 avant JC à 1200 après JC. Nous (moi?!) qui ne connaissons que les Incas, la durée de cette civilisation est bluffante, si l’on considère que les terribles Incas n’ont existé que de 1438 à 1700 de notre ère.
Le musée présente donc cette civilisation au travers de différents aspects : l’usage de la feuille de coca comme moyen d’entrer en contact avec les Dieux mais aussi pour ses vertus stimulantes et analgésiques, et en effet, les Tiwanaku ont été les premiers à pratiquer la chirurgie, et laquelle… La “trépanation”, comprenez qu’en filant simplement de l’extrait de plantes analgésiques au patient, les “chirurgiens” creusaient des trous dans les crânes!!! En tout cas les crânes que l’on voit là sont impressionnants, d’une part parce que l’on peut voir les trous des trépanations pour certains, d’autre part parce que les Tiwanaku pratiquaient aussi la déformation de la boite crânienne (comme ce qu’on avait vu à Oruro)! En appliquant une charge sur les têtes des bébés, cette société andine provoquait donc une déformation par esthétisme ou pour témoigner d’une appartenance à une classe sociale! Très très joli Valérie!
Le musée présente aussi les fameuses collections de céramiques (on se souvient du musée d’Alep?!), mais tellement bien conservées que s’en est passionnant. Les couleurs, les motifs (souvent géométriques ou anthropomorphique, peints ou incisés), tout est resté presque intact et c’est un plaisir de se sentir transporté dans cette univers précolombien.
Petite note de la fin, histoire d’en rajouter une couche à l’amour que nous vouons à la colonisation et au nombrilisme qu’il inculque : entre l’arrivée des Espagnols et 1650, ce ne sont pas moins de 190 tonnes d’objets archéologiques d’or et 17 000 en argent qui sont récupérés par l’Espagne. Alors je dis tout simplement bravo, là!
La Paz, c’est aussi la capitale de la coca, c’est pourquoi nous décidons d’aller faire un tour au musée de la coca. C’est vrai que cet usage, ultra répandu en Bolivie au point de faire partie intégrante de la culture bolivienne (Evo Morales allant jusqu’à la défendre en la mâchant aux Nations Unies), n’en est pas moins illégal hors des frontières. Pourtant, il est présenté clairement dans ce musée la différence entre mâcher de la coca (vertus largement démontrées au travers de tests scientifiques : stimulation, lutte contre la fatigue et la faim - la coca est très nourrissante contenant pour 100g plus de protéines et de fer que dans un steak -, propriétés analgésiques, lutte contre le froid…) et fabriquer de la cocaïne (une quantité astronomique de feuilles pour en fabriquer et surtout tout un processus chimique nécessaire). Depuis la nuit des temps, les sociétés andines en ont usage, et entre autre pour entrer en contact avec les Dieux. C’est sans doute pour ça qu’au début de la colonisation, l’Eglise catholique voyant sans doute dans cette feuille son ennemi juré, a fait interdire sa consommation, la rendant démoniaque! La première et seule fois au monde qu’une simple feuille est carrément assimilée au Diable! Mais comme par la suite, les Espagnols voyant bien que sans la coca les mineurs ne pouvaient pas travailler autant qu’avec, ben c’est pas grave, on a revu la copie de la coca : elle est autorisée dit l’Eglise, mais attention, comme il s’agit là des professionnels de retournement de veste, le Pape rajoute qu’elle sera soumise à la dîme! Balaise les arrivistes! J’adoooore les religions!
En attendant, la cocaine reste un véritable problème et, tenant tête à l’Eglise pour arriver en tête des arrivistes, les Etats-Unis entrent dans la partie en force : H. Fonda, un banquier états-unien (banquier??? C’est quoi le rapport vous demandez-vous à juste titre!) dénonce la coca comme nocive et, suivant cet avis (youhou! Les gars? C’est un banquier qui a parlé!!!), les Nations Unies ont fini par interdire la culture et l’exportation de la coca! Aller! Ah oui mais il ne faut pas oublier un… détail de l’histoire. Dérivée du Vin Français Mariani, vin à l’extrait de coca, la fameuse boisson devenue multinationale voit le jour, j’ai nommé : Coca-Cola bien sûr! Et si Coca-Cola Compagny n’utilise plus la cocaïne (au début si!) dans sa recette secrète, les Etats-Unis ont quand même, en 2004, alors qu’ils tuaient père et mère dans la lutte contre la cocaïne et donc de la feuille de coca, importer pas moins de 400 tonnes de feuilles de coca!!! Youuu! Quel talent! Et précisons bien sûr que, comme on l’a dit, il faut un sacré dispositif chimique pour fabriquer la cocaïne, que cette fabrication illégale a lieu à Cochabamba pour la plupart (en plein cœur de la Bolivie) et que qui fait décoller des avions blindés de produits pour les faire atterrir, mais attention! Sans que personne ne s’aperçoive de rien (oui parce qu’ici ils n’ont visiblement pas de tour aérienne dans les aéroports…!)??? Hein?? Qui?? Ben les Etats-Unis pardi! En gros, vous l’aurez compris, le musée de la coca nous a aidés à y voir plus clair sur l’usage de la feuille et la différence avec la cocaïne. Mais il nous aura aussi permis d’en rajouter une couche au matricule déjà bien chargé des USA et leur prétentieuse ingérence mondiale, égoïste et arriviste!
Ca fait beaucoup de choses à assimiler tout ce qu’on a vu là et c’est l’heure pour Matthieu de partir pour son trek de zouf! Trois jours de trek dans la haute montagne, mais surtout l’ascension sur 2 jours du Hyana Potosi, à 6088 mètres! Autant vous dire qu’à bien regarder les posters des mecs qui n’arrivent même pas à sourire pour la photo, la gueule dans la neige, le piolet péniblement soulevé et le tout de nuit, je me suis vite dit que La Paz était la ville IDEALE pour me reposer! Me voila donc partie pour 5 jours en solitaire… enfin pas si solitaire que ça puisqu’en voyage, on n’est jamais seule. Je fais donc la rencontre de Gaëlle dont le copain est lui aussi parti pour quelques jours. Des petits restaus, des après-midi sieste, et l’écriture de pas mal d’articles (aller! On le rattrape ce retard du blog!!!), les 5 jours seront passés bien vite. Moi qui voulais prendre des cours d’espagnol, je n’ai fait que traverser la place Murillo, place historique bordée de la cathédrale, du palais législatif et du palais présidentiel! Enfin… C’Était sans compter sur les soirées! Oui parce que ça danse à La Paz! Et me voila partie toute seule pour 3 soirées salsa! Les bars ici offrent régulièrement des concerts de salsa (toujours le même groupe par contre…) et pas mal de danseurs affluent pour l’occasion. L’esprit est bon enfant ; je suis souvent invitée et profite de la gentille bienveillance des gens quand, arrivant à 23h, on doit attendre plus d’une heure avant que les musiciens se décident! C’est donc l’occasion pour moi de rentrer en contact avec les gens et de passer un moment à discuter. J’aime la salsa aussi pour ça, parce que la danse n’a pas de mots et qu’elle abaisse les frontières entre les gens…
Mais retour à la culture! On ne va quand même pas s’arrêter en si bon chemin! J’ai été voir avec Gaëlle le musée ethnographique et je l’ai trouvé tellement chouette que j’y suis retournée avec mon loulou! Quand on aime, on ne compte pas, et les musées centrés sur la vie des gens, c’est ce que je préfère!
Le musée présente d’abord des textiles (des “unku” = poncho), certains étant d’un âge absolument étonnant, allant jusqu’au IIe siècle! Et en effet, nous apprenons que le tissage remonte à 8-10 mille ans en arrière!
Puis nous entrons dans le cœur de la société andine. Les Carangas, peuple de langue Aymara, étaient un peuple de pasteurs qui construisaient des Chullparas (tours funèbres) pour leurs ancêtres les “Chullpas”. Chaque famille possédait entre 150 et 300 lamas plus 20 à 30 alpagas. Les lamas étaient considérés comme un animal sacré, comme en témoigne le site de Philtuna Pucara, site dédié aux lamas (fresque) pour la fertilité, ou encore le rite du lama blanc qui était dédié à la Pachamama.
Mais plus loin, nous découvrons une salle consacrée à l’art plumesque! Ici les plumes sont considérées comme un purificateur d’air et un réceptacle d’énergie.



Pour ces vertus, et pour montrer le rang social, les plumes étaient érigées sur les têtes, réalisant des chapeaux incroyables dont voici quelques exemples.


Pour finir, une salle sombre met en valeur les masques de carnaval où l’on retrouve les personnages des danses précédemment citées : la diablata (lutte contre le Bien et le Mal), la morenada (danse mélancolique en souvenir des mauvais traitements subis par les Noirs), mais aussi les masques de satire des Espagnols et de leurs méthodes.

Encore quelques jours à La Paz pour remplir un deuxième colis, et nous partons enfin! La Paz, c’était chouette, mais ça reste une ville, et la ville, au bout d’un moment, ça va bien!!