Affichage des articles dont le libellé est Ile de Paques. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ile de Paques. Afficher tous les articles

jeudi 5 février 2009

Bilan de Rapa Nui

- En rencontre : Comme d’habitude, les rencontres sont notre carburant dans ce voyage et là, on n’a pas été déçus. Tout d’abord, c’est un gros plaisir d’entendre parler espagnol, son accent chantant et son exotisme. Ensuite, à Rapa Nui, la population est bien particulière et nous a offert la richesse de son régionalisme : langue rapanui, coutumes rapanui, valeurs et accueil rapanui. Beaucoup de personnes ici sont indépendantistes (il y a même un parlement rapanui non reconnu légalement), ce que l’on conçoit aisément quand on sait que le Chili n’apporte apparemment pas grand-chose à l’île et que tout ici évoque la Polynésie mère et non la culture hispanique du continent. En gros, personnalités fortes en perspective… Alors nos rencontres précisément, c’est Janet, de la guest MIRU, une femme adorable qui reçoit chez elle et considère son hôte comme un membre de la famille ; c’est Yacinta, étudiante chilienne en semi-résidence sur l’île, qui nous a offert gentiment de nous donner des cours d’espagnol. Les rencontres ce sont aussi tous ces gens adorables et forts que l’on a rencontrés pendant notre séjour. Ces gens sont beaux et ouverts, c’est un vrai régal.

- En paysages : petite, assez plate et déforestée bien comme il faut, l’ile de Pâques n’en reste pas moins une île au caractère bien trempé, avec sa côte découpée et sa végétation érodée dans laquelle les chevaux paissent en toute liberté. Nous n’avons pas profité des plages, pourtant celle du Nord-Ouest avait l’air bien plaisante!

- En nourriture : Pour tout vous dire, on avait un peu peur de se faire aligner sur les tarifs, nous et notre budget asiatique, alors on a rentabilisé la cuisine de Janet… Tout est importé donc la nourriture est assez chère et les légumes parfois un peu flétris. Mais dans les restaurants où on a sévi, nous avons très bien mangé, surtout la langouste!

- En musique : La musique est partout ; la musique est éclectique. Des merengues et salsa latino aux sons polynésiens, les notes ont toujours un aspect chaloupé. Surtout ici se joue une musique locale très empreinte du Pacifique, avec youkoulele, percu et voix. Une musique très entrainante et super agréable à écouter.

- En physique : massifs, cheveux noirs longs et ondulés, bandana, peau mate, grosses mains vigoureuses, autant dire que sur leur cheval en pleine rue principale, les rapanuis ont vraiment de l’allure… Et quand vous piocher “la fille” de la famille, vous découvrez une beauté aux formes féminines, cheveux noirs longs impeccables et grâce et douceur dans les gestes de série… On avoue s’être un peu rincé l’œil au festival Tapati (oui, je plaisante, on se détend Loulou!) mais surtout on se dit que ces gens sont très beaux!

- En danse : La danse, d’influence très nettement polynésienne, est basée sur l’ondulation inimitable du bassin, accompagnée le plus souvent de mouvements majestueux, doux et coulés des mains et bras représentant des gestes du quotidien (enfin on imagine). Elle se danse dans le costume traditionnel genre petit pagne qui va bien, manquait plus que la noix de coco quoi. Les hommes quant à eux arboraient leur plus beau costume, un string et tatouage (groar!), pour danser des pas sportifs qui ressemblaient au hakka ou sautiller vigoureusement. Nous avons aussi vu le tango rapanui, une alternance de petits pas et de fentes (avis aux amateurs…). En résumé, ils sont beaucoup plus forts en danse Tahiti douche qu’en tango, mais tout ça était magnifique à voir.

- Sur la route : Attention, chevaux! A part la course aux trous sur les routes hors ville, le plus impressionnant c’est d’éviter les canassons qui, habitués à être les rois de la route, n’hésitent pas à passer plutôt deux fois qu’une devant les véhicules. Autre caractéristique de la route ici… ben c’est qu’il y en a quasiment qu’une! Et oui, c’est petit l’île de Pâques!

- En argent : faisant officiellement partie du Chili, Rapa Nui commerce avec le peso chilien : 700 pesos (écrit $, au début on s’est demandé si c’était des dollars US du coup) = 1 euro. On croyait devoir dépenser beaucoup alors on a pas mal économisé sur la nourriture et le logement (Miru ne coûtait pas très cher comparativement à ses voisines). Une bonne chose car au final, on aura dépensé 49 euros par personne et par jour (c’est déjà pas mal me direz-vous…). La chambre nous coutait 18 000 $ pour 2, un resto entre 15 000 et 55 000 (la langouste…) et un timbre 500 $.

- En tout : Rapanui c’est une excellente surprise. C’est vrai qu’on avait un peu peur d’être sur l’Ile un peu trop longtemps (“10000000 jourssssssssss??? Mais vous n’avez pas peur de vous ennuyer???!!!”) et au final : mais pas du tout! On serait même restés plus longtemps à admirer le festival et nous reposer sur les plages de sable fin de la côte si on avait pu. On a été saisis par la force et la beauté de cette culture. On a aimé le petit endroit battu par les vents et son intimité. En gros, l’Ile de Pâques, au-delà de son mystère, c’est l’envoûtement total mais aussi le lieu idéal pour une retraite calme et paisible.

- Spécial filles! : aller, il faut bien avouer : le spécial filles, c’est les jolies fesses des Rapanui! Oups!

mardi 3 février 2009

Festival Tapati

Nous apprenons en montant dans l’avion que nous tombons en plein festival traditionnel pendant notre séjour sur l’île de Pâques : le festival Tapati. D’une durée de 2 semaines, ce festival met en scène toutes les facettes de la culture rapanui en faisant s’affronter 2 candidates que soutiennent les habitants de l’île en fonction de leurs affinités avec les familles. C’est donc deux clans qui s’affrontent par le biais de concours traditionnels à raison de plusieurs épreuves et d’un spectacle (artistes en lice) par jour. Et attention, on ne rigole pas avec ses choses-là, le festival, c’est du sérieux comme en attestent les affiches à l’effigie de la préférée dans les boutiques ou même des tee-shirts qu’arborent fièrement les fervents supporters! Vous imaginez la chance qu’on a eu de nous trouver là à ce moment-là!
Avant la date fatidique de l’ouverture des hostilités, les participants répètent sous la tente de leur candidate. Nous allons du coup assister aux préparatifs de la danse des adolescents. Musique, chant, costumes et danse bien sûr, rien n’échappe à la rigueur du festival… Nous admirons l’élégance des filles dont les bras se meuvent avec grâce tout en suivant l’ondulation du bassin. Magnifique! Notre candidate quant à elle, est sûre de gagner le prix du sourire et du salut. Une vraie miss France!
Mais enfin le soir de l’ouverture du festival arrive et nous voici immergés dans la vivance d’une culture bien présente. Ici tout est rapanui : la langue (que tout le monde ou presque semble comprendre parce que c’est celle qui est parlée dans les familles), l’habit, la tenue du corps, les gestes… Nous qui sommes tant attachés à rencontrer l’Humain, nous voila ravis!
Parmi les premières épreuves, on se rappelle du concours de tatouage.

Ici, bien loin de nos tabous, le corps est exposé comme un objet d’art et ce ne sont pas mois d’une quinzaine d’hommes et de femmes qui exposent leur tatouage, tout de string vêtus, décrivant en rapanui la signification des dessins tout en se contorsionnant pour en rendre la lecture plus facile.

La tradition est vivante, le corps libéré.
S’en suit le concours de chant et l’enveloppement de ces voix cristallines qui, telles des gouttes d’eau, rebondissent à l’appel du leader. Les notes sont rondes et les corps chantants, débarrassés de toute pudeur (allez-y chanter a capella en maillot de bain et pagne de rali ralou, vous!), laissent échapper une voix facile et claire. On l’aura compris : on a tout de suite été sous le charme de ce festival!
Et pour clore cette première soirée, nous admirons, en costume cette fois, notre troupe de jeunes et leurs concurrents danser pendant pas moins de 20 minutes chaque troupe.

Et là, on tire notre gros chapeau parce que réussir à danser autant, en déhanchant tout le temps pour les filles, et en sautant façon tribale sans arrêt pour les garçons, ben franchement ça vaut bien 2/3 séances de Véronique et Davina! Voilà pourquoi les gens ici sont si musclés!!
Les autres jours, nous alternons donc visite de l’île et manifestations du festival. Canoë polynésien, concours de construction de figures à partir d’un rond de ficelle (où comment transformer un rond en une toile d’araignée cohérente…), taille de pierre (au burin, tournevis, petit couteau…), scénettes de théâtre sur la vie quotidienne rapanui, tango local mais surtout, la fameuse épreuve de course de luge…
Alors tout de suite explications : la luge en rapanui, c’est quoi? Vous prenez un ancien volcan, aux pentes à 45 degrés minimum ; vous prenez des troncs de bananiers ficelés par 3 ou par 2 ; vous prenez des mecs en strings tatoués et assez tarés pour s’allonger sur les rondins.

Et vous obtenez?… Des types poussés par 4 ou 5 malabars à toute berzingue

selon la loi du “celui qui s’arrête le plus loin a gagné”!


Là ils sont trois à pousser celui qui est allongé sur "la luge"...

Franchement, en première impression, on s’est d’abord demandé comment les gars faisaient pour s’arrêter tellement la pente est forte.

Et cette incompréhension a vite cédé le pas au respect devant ces fous que l’on a vus se succéder pour aller toujours plus vite, toujours plus loin! Incroyable!


Moi je dois dire que j'ai aussi beaucoup aimé le louk et le mariage tradition - modernité comme on dit!

Au final, on a adoré et l’épreuve, et l’ambiance qui y régnait : applaudissements, encouragements, mais aussi rires, surtout quand la seule participante s’est retrouvée bloquée à mi-pente! En un mot bon enfant, drôle et tout simplement extraordinaire (et oui je sais que ça fait plus de un mot…).
C'est lui qui a gagné!

Le festival c’est l’immersion dans un monde à part, dans la force et la diversité de la culture rapanui. Le festival Tapati c’est cette chance unique de vivre un univers qui a traversé les âges et a réussi à rester imperméable à l’acclimatation coloniale.

Pour combien de temps? En attendant, quel bonheur d’avoir vu ces merveilles de savoir-faire pendant notre séjour!

dimanche 1 février 2009

Que fait-on pendant 10 jours?!

A l’arrivée sur l’île de Pâques, le but est surtout de profiter du cadre, de faire une petite excursion, mais surtout de pouvoir se reposer. Au milieu du Pacifique, à plus de 4000 km du continent le plus proche, on se dit que l’on va pouvoir vraiment ne rien faire, enfin! Sauf que dès notre montée dans l’avion, on comprend bien que ce ne sera pas le cas, vu qu’il y a comme on vous l’a dit, le festival Tapati et que rien qu’en regardant le programme des festivités, nous voila à cocher ce que l’on va vouloir faire… Alors avec les festivités, notre temps pour faire les visites et les activités prend le pas sur notre farniente! Comme si on avait pu se poser le cul à l’air au milieu des statues, ah, ah, ah! Bon ceci dit, entre les vols et le décalage horaire, on va faire péter des grasses matinées au début, mais rapidement, on a envie aussi de découvrir l’ile, autrement qu’en se baladant à pied.
En premier lieu, le musée local J.Englert, qui retrace l’histoire de l’île de Pâques depuis sa formation géologique (issue de 3 cratères différents, mais reliés entre eux), jusqu’à sa conquête par les évangélistes et les Espagnols. Mais le plus intéressant est sans conteste les informations concernant la culture Rapa Nui. Proche de la culture polynésienne, elle est issue de la migration d‘individus de ces îles. Arrivé avec ces 7 fils, un chef et sa descendance ont débarqué ici et s‘y sont installés, c‘est pourquoi on retrouve pas mal de similitude entre les Maori de Nouvelle-Zélande et les Rapa nui. Maori qui, on l‘apprendra, désigne l‘artisan, alors que je pensais que c‘était un guerrier (ah la petite tapette avec leur hakka alors qu‘ils passaient leur journée à enfiler des perles et faire du canevas!). Certaines statues anciennes de l‘île de Pâques sont ressemblantes avec celles de la Polynésie mais, avec l‘éloignement et le temps, elles ont suivi une évolution particulière, le visage plus allongé et une forme plus stylisée. En concomitance (mot pas facile à placer dans un article ou en conversation, ndlr) avec les statues, il y a eu un culte particulier, où les pleins pouvoirs surnaturels sont l‘apanache des chefs de tribus et des chamanes, ayant pouvoir de rendre malade, guérir, tuer, communiquer avec les esprits. C’est un peu l’histoire d’une culture qui s’est autodétruite et pourtant… Alors qu’il ne restait plus qu’une centaine d’individus vers le XVIII siècle, c’est aujourd’hui une culture vivante, qui garde ses croyances d’avant l’évangélisation, une langue encore parlée, des traditions et une façon de vivre au quotidien. Je crois que c’est cette force-là qui nous a le plus impressionnés : une résistance au temps, à l’envahisseur, aux maladies amenées par les Européens. Le musée ne fait que synthétiser l’histoire passée et présente de l’île. Comme cet unique œil de statue retrouvé près d’un Moai, taillé dans du corail : symbole de la vie des statues et donc des dieux, la croyance ici est suffisamment présente pour que la population ne veuille pas remettre des yeux aux statues et ainsi leur redonner la vie, car nul ne sait ce qu’il adviendrait alors….
En tout cas, après une première visite au musée, où j’ai essayé de tout faire en espagnol pour commencer à apprendre cette langue que je ne connais pas du tout (Ich spreche deutsch! Bon d’accord, à la place de l’espagnol, j’ai fait le guignol pendant 8 ans en allemand, quelle réussite!) toujours est-il que prendre ce temps là au musée, je suis en retard pour ma plongée. En effet, j’ai saisi l’occasion de faire une plongée de ce coté-là du Pacifique et quel plaisir! On part à une dizaine sur le bateau, mais je me retrouve dans l’eau avec seulement l’instructeur et un stagiaire canadien francophone arrive ici depuis 3 jours. Dès le départ le ton est donné : une descente à pic et rapide à 22 mètres de fond même pas mal aux oreilles. On est accompagnés par 2 énormes dorades qui ne nous lâcherons pas. La visibilité est certainement la meilleure de ma petite expérience de plongeur et quel spectacle après ¼ d’heure de me retrouver face une statue Moai! Certainement jetée à l’eau lors de sa destruction par une tribu, elle est posée par 16 mètres de fond et semble attendre sereinement au milieu des poissons et des visiteurs sous-marins. C’est complètement surréaliste de se retrouver là à cet instant, éclairé par le soleil qui transperce littéralement l’eau pour éclairer la statue. Dans ce monde du silence l‘instant semble presque religieux, la massive statue semble attendre son heure sereinement… La plongée se continue et l’instructeur me fait signe de m’arrêter. Il prend l’un des nombreux oursins dont il casse les épines, se met face à moi et me dit de regarder sa main : à peine ouverte, la dorade se jette dessus et avale l’énorme boule de petits pics d’un coup! Surprenant! La plongée se continue entouré de poissons et de corail ; je m’attends toujours à voir ressurgir l’une de ces statues. Sur le bateau quel plaisir savouré de repenser à ce Moai,,,
Mais revenons à la réalité, car le monde du silence c’est bien sympa, mais à la surface ils parlent tous espagnol, alors mon anglais, je me le mets sur l’oreille! Heureusement, à notre “domicile”, il y a Jacinta, étudiante chilienne en linguistique, venue ici pour la culture Rapa nui dans sa famille adoptive Jeannette et Sandra. Elle nous proposera de nous donner des cours d’espagnol, comme ça parce que c’est sympa de pouvoir parler ensemble. Cela se fera à 4 ou 5 reprises de manière informelle, toujours avec le sourire et avec des petites discussions sur ses études, l’île de la Réunion, la culture Rapa nui ou ce que l’on a fait de notre journée. Armé de notre petit dictionnaire et de ses préparation grammaticales, je peux désormais comprendre davantage l’espagnol et le parle (par contre je connais pas bien les insultes, ici les gens sont trop gentils). Malgré nos retards sur les horaires, son sourire et sa gentillesse seront toujours au rendez-vous. Encore un grand merci pour sa patience et sa sollicitude ainsi que celle de Jeannette, pour créer la conversation et pour que je puisse y participer (oui celui qui fait le relou à mettre 3 heures pour une phrase que personne ne comprend!).
Ce qui fait qu’à la deuxième visite du musée que j’avais pas terminée, je comprends davantage les subtilités de l’espagnol. Cela n’empêchera pas de remettre 2 bonnes heures sur les 10 panneaux explicatifs et du coup de laisser Aude partir avant moi pour aller réserver une balade à cheval qui semblait nous échapper puisqu’on s’y était pris trop tard. Mais c’est mal connaitre la demoiselle qui sur le chemin de l’office du tourisme interpelle un cavalier torse nu et à cru qui ramène ses chevaux à l’enclos en lui demandant s’il était possible de faire une balade dans 2 heures. Parce que ici, les chevaux sont le double des habitants de la population et qu’est-ce que c’est sympathique (pour Aude, parce que moi…) de voir de chevaux en liberté partout.
C’est gagné, j’arrive à peine chez Jeannette que le taxi nous attend pour nous emmener chez le caballero (oui j’ai beaucoup progressé en espagnol!). Du coup nous voila partis pour 4 heures de défonçage de train arrière entre les statues Moai, l’horizon du Pacifique et les cratères qui parsèment la surface de l’île.

En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, je me retrouve au trot, secoué dans tous les sens. En même temps, mon unique expérience en canasson remonte au CM2 en classe poney où j’avais eu l’impression de passer plus de temps à brosser des poils et profiter d’une odeur abjecte que de plaisir de monter sur cet animal pas plus malin qu’un piaf… Balade très agréable, paysages magnifiques et l’occasion d’en connaitre un peu plus encore sur la culture Rapa nui puisque notre accompagnateur parle un peu l’espagnol, mais c’est un vrai Rapa Nui.

Il nous exposera à quel point le Chili n’aide en rien Rapa Nui ni sur le plan scolaire, ni médical, mais s’en sert comme une ressource touristique. Moins sérieusement il se marrera bien qu’en je me tenterai un petit galop histoire de me terminer le …En fait, je crois que le plus facile pour moi a été de prendre une fois de plus mon Bodyboard et de faire une petite session sur les vagues face aux statues, sous leur protection, car il y a beaucoup de rochés et les jeunes ici dans l’eau prennent toutes les vagues n’importe comment mais avec du style. Ainsi, avant même avoir pu me positionner pour prendre une vague, un surf me passait juste sur la tête! Heureusement plus de peur que de mal ; le surfeur a même certainement eu plus peur que moi. Session sympathique dans le Pacifique sur une mer calme et des vagues régulières et peu puissantes, juste histoire de dire et mettre un spot de plus dans un endroit mythique…


mercredi 28 janvier 2009

Les Moais de Rapanui

L’île de Pâques… Ah… L’île de Pâques est petite, mais recèle de pas moins de 800 statues dont environ 400 sur les sites. La première statue que l’on voit nous apparait comme ca, par hasard, alors qu’on se promenait le long de la plage de la ville. Elle est dressée face à la mer, en un mot une erreur, puisque toutes les autres sont tournées vers l’intérieur (les statues regardant le village pour en protéger ses habitants), et elle nous surprend d‘être au milieu de la vie citadine. Bienvenus! Nous ne connaissons rien ou presque de cette culture alors nous décidons de faire appel à Elisabeth, une guide de père Chilien et de mère Rapanui (le peuple de l’Ile de Pâques) qui a vécu en France et a donc un français impeccable : cool! La visite commence par le site d’Ahu Akivi que l’on admire tout en écoutant les riches explications d’Elisabeth.

Nous apprenons ainsi que l’île a été baptisée ainsi en raison de sa découverte le jour du même nom par les Chiliens mais qu’elle est le foyer d’un peuplement Polynésien (voila qui nous rapproche de la Nouvelle-Zélande) et que ses habitants l’on baptisée Rapa nui c’est-à-dire la grande île. C’est sous ce nom que nous la connaissons aujourd’hui pour notre part tant tout ici rappelle la Polynésie et non la culture très occidentale du Chili… Nous apprenons aussi que les statues que nous voyons ici, ou “Moais“, ont été ré-érigées par les scientifiques, comme nous l’explique cette petite vidéo…

Nous quittons Ahu Akivi et, après un détour au tunnel de lave de Ana ta Pahu (dans lequel vivaient les premiers habitants…), nous filons à la carrière des chignons. En effet, si la construction des Moais s’est étalée dans le temps, elle a évolué et a vu apparaitre des chignons sur la tête des moais, que l’on pense être représentatifs de la coiffure des habitants. Les “chignons” étaient taillés dans la roche au sein d’un des nombreux cratères de l’ile, roche qui avait pour particularité d’être rouge. Alors tout ça c’est très bien, mais on se demande bien comment ils faisaient pour trimbaler tout ça une fois taillé! Pas très malins ces Rapanuis me direz-vous! Alors les théories s’affrontent : rondins de bois? Tirage avec une corde? Mais surtout, notre explication préférée : les Martiens… Ils ont bons dos ceux-là!
Le lendemain, nous partons admirer le site de Ahu Tahai et Ahu Vai Uri, sur un site immense qui nous permet bien de sentir l’importance qu’avait le culte des Moais dans la société Rapa Nui. La se dresse le seul Moai auquel on a remis le chignon mais surtout les yeux.

Faits de corail (ici une copie puisque seuls les yeux conservés au musée sont authentiques), ils ne sont présents qu’ici car les remettre, selon la croyance populaire, redonnerait vie à la statue… autre chose surprenant, c’est que, malgré toutes les interdictions se rapportant aux Moais (ne pas toucher, ne pas monter sur les autels…), les chevaux étudient librement la situation! Un comble pour le spectacle mais aussi pour l’archéologie…
Nous louons finalement une moto pour faire le grand tour de l’île. Nous commençons par le volcan Rano Kau, dont le cratère, impressionnant de dimension et de forme ronde parfaite, abrite une zone protégée.



Enfin un endroit où les plantes ont le dessus. Il faut dire qu’ici, après que les Rapanuis aient rasé l’île pour récolter le bois nécessaire à leurs activités, les Blancs sont arrivés là, ont loué l’île aux Anglais pour que ces derniers aient un endroit où faire paître leurs moutons (ben voyons… Les joies de la colonisation on vous dit… De toute façon à quoi bon demander leur avis aux habitants originels de l’île puisque, de vous à nous, vous trouvez pas qu’ils sont un peu basanés?… Pas très nets ces gens-là, pas vrai?!), ce qui a parachevé la déforestation. Les Anglais ont bien voulu replanter l’île en faisant appel à un arbre aux racines profondes pour lutter contre l’érosion, l’eucalyptus, mais c’était sans compter sur l’acidité de ses feuilles qui inhibe la repousse de quelqu’autre espèce que ce soit… Dommage. Bref, le volcan et sa végétation débordante (nan j’déconne, y’a, vu de haut, que des herbes hautes!) nous donnent aussi accès à Orongo, les portes du culte de l’Homme-Oiseau. Franchement, ce truc est fou! Des maisons en pierre rases dont on ne sait pas par quel miracle on pouvait entrer dedans (surtout avec la taille XXXL des habitants!), une rivière de piéroglyphes
et surtout cette croyance terrifiante! Chaque année était élu l’”Homme-Oiseau”. Et que devait-on faire pour être Homme-Oiseau? Les gars se filaient rendez-vous pour aller, au péril de leur vie c’est sans dire, sur les îlots voisins pour?… Ben pour aller chourer les œufs des oiseaux migrateurs! Et, comme, rappelez-vous les jeux débiles qu’on faisait lors des anniversaires de nos camarades de classe de CE2 avec l’œuf et la cuillère, ben c’était le premier arrivé avec son œuf sur la terre ferme qui devenait Homme-Oiseau pour un an! Vous trouvez ça dingue? Attendez la suite! Une fois vainqueur, l’heureux élu était rasé de partout (cils compris…), faisait le tour de l’île en courant genre “j’ai marqué un but” mais version grand terrain, puis était exilé à l’autre bout de l’île où il vivait seul pendant toute l’année de son “règne”, avec interdiction de se laver les ongles et les cheveux (seul un homme venait le baigner et lui apporter à manger). Résultat? Ben la plupart des gens de l’île refusaient de se plier à son autorité (ah bon?? Mais pourquoi?) et s’en suivaient des guerres fratricides de pouvoir. Et pendant ce temps, celui qui était donc soi-disant maître et gérant de l’île se la coulait douce en regardant pousser ses dreads… Et ben ce culte là, c’est celui qui a détrôné la culture des Moais à une vitesse absolument record! Incroyable!
Nous poursuivons avec Vinapu et ses moais au sol.
Franchement on se demande pourquoi les habitants laissent leurs culture partir en miette, comme ce moai qui part littéralement en poussière… Nous continuons avec les moais couchés de Vaihu ou Hanga Te’E ou encore Akahanga.
On prend la mesure du travail des archéologues qui nous permettent aujourd’hui d’admirer les moais sur leur Ahu (autel). S’offre finalement à nous la carrière des statues dans l’ancien volcan Rano Raraku. Là, pas moins de la moitié des moais de l’île attendent le retour de la croyance ancestrale, les uns en court de construction, les autres en cours de transport vers leur ahu. Pour nous c’est un spectacle incroyable de pouvoir constater “in vivo” les étapes de la construction : dessin de la statue à même la roche, découpe de la forme globale du moai qui repose alors sur des quilles de la roche mère, puis on casse les quilles pour lever le moai.
Nous on a essayé, mais ce n’a pas été très concluant…

Ne “reste plus qu’à” le transporter… Alors la bonne vieille méthode égyptienne ou le traineau?… Le mystère demeure mais pour nous, novices complets, ce spectacle est parmi les plus émouvants de l’île. De plus, les années passant, les moais ont pris des formes de plus en plus symboliques : des Moais aux proportions humaines les mains sous le nombril gravé, on observe ici les Moais dernier cri dont on ne voit plus que le visage aux traits allongés et presque géométriques. Fabuleux. La journée se termine par un coucher de soleil en hauteur et dans l’envers du décor, coté cratère où les chevaux galopent librement vers le petit lac et où on marche le long des Moais figés dans leur tombe de pierre, la vue se perdant vers la mer bordée du site magnifique de Ahu Tongariki…

Les rois du monde, quoi! On vous raconte pas le retour en moto de nuit et la course aux trous dans la route qui l’accompagne? Une bonne rigolade pourtant, vous ratez quelque chose!
Fans de la piste, on rembraye sur la location de moto le lendemain pour prendre notre petit déjeuner à Anakena et ses Moais dos à la mer.

Nous mesurons la chance que nous avons d’être là, face à ces témoins massifs et si bien protégés par leur long sommeil sous le sable de la puissance d’une civilisation.

La plage est accueillante et la température idéale pour apprécier notre pain au lait concentré sucré. Elle est dure la vie…

Après une petite salsa et un long moment bercés par le bruit des vagues et la fascination pour ces moais, nous visitons d’autres sites aux moais couchés et débouchons sur papa Vaka et son étalage de piéroglyphes : quel boulot! Encore quelques minutes en moto et s’ouvre à nous le spectacle majestueux de Ahu Tongariki et ses 15 gigantesques moais tournés vers la carrière.

Fabuleux. Le klakson rappelle à l’ordre les passagers de la croisière venus à la journée en excursion : comme on apprécie notre liberté!
Rapanui et ses Moais, c’est un long voyage dans l’espace et dans le temps, c’est un univers fascinant qui pousse à l’admiration. Le mystère des moais, même s’il a été durant notre visite démystifié à force d‘explications donnant écho à notre curiosité, reste pour nous entier tant leur grandeur et leur majesté en impose...

mardi 27 janvier 2009

30 ans a l'ile de Paques

“Qu’est-ce que tu veux pour tes 30 ans?”
Ben un truc exceptionnel pardi! Un truc qu’on n’oublie pas…
On quitte donc la Nouvelle-Zélande pour l’île de Pâques via le Chili. On est le 25 janvier, 17h et voici peut-être le plus long vol de notre voyage puisque nous passons toute la nuit dans l’avion. Le lendemain, arrivés à Santiago vers midi, on attend notre vol de 17h et c’est après quelques heures de vol que nous arrivons enfin, à 21h, sur la fameuse et non moins fabuleuse Île de Pâques…
Adieu la vingtaine, trentenaires, me voila! Nous sommes le 27 janvier et j’ai tout juste 30 ans. On se balade dans la petite ville, on profite de la mer, on respire l’espagnol dans les discussions… Génial! Le soir, “petite” folie, c’est parti pour le repas gastronomique avec pas moins qu’une langouste pour la demoiselle! Elle est pas belle la vie? Et ben le voilà mon cadeau exceptionnel des 30 ans… En plus, chut! c’est un secret, mais mon amoureux m’offre d’aller à Cuba pour finir notre périple…. Bref, quelle belle journée, quels bons moments passés ensemble et tellement de beaux encore en perspective…
Le lendemain, à 30 ans et 1 jour, on part réserver une balade à cheval. La dame, très gentille, prend note dans son cahier en prenant soin d’inscrire la date du jour : 27 janvier. … .
“Ben non“, que j’yui dis! “On est pas le 27, on est le 28!”
“Oh ben si ch‘sais bien quand même” pardon : “si si, seguro, estamos el 27 de enero”
-wa@%25k*?? 27 janvier?">#nj>-wa@%k*?? 27 janvier?
Ben v’là ti pas qu’en modifiant les heures sur nos ustensiles haute performance j’ai effectivement, fatiguée du voyage, un peu décalquée par tant d’heures d’avion (oui oh ça va, on peut chercher à se trouver des excuses aussi…), enregistré la nouvelle heure à Santiago en pestant sur l’appareil photo qui nous donnait pour être la veille… et du coup changer la date. Sauf qu’en fait, nous avions bel et bien remonté le temps en traversant les fuseaux horaires, nous faisant arriver seulement 4h après le décollage d’Auckland et nos 28h de trajet! Finalement, on avait gagné un jour!
Alors je vous vois bien sourire, mais rendez-vous compte de l’affaire : qui peut se targuer ici d’avoir eu, pour son anniversaire des “ben dis donc, ça y’est? T’es TRENTENAIRE!!! Fini la jeunesse” UN JOUR DE RAB?!!
Je ne pouvais pas demander mieux : pour mes 30 ans, je me suis offert le luxe du temps….
Avis aux amateurs de métro en mousse et de fleurs éternelles…