mercredi 11 mars 2009

Cordoba

A notre arrivée à Cordoba, on trouve un petit hôtel où on va se poser, histoire de faire une petite sieste, après une nuit en bus. Après un déjeuner sandwich sur le pouce, on va faire un petit tour dans la ville, entre sa place, le marché aux antiquaires, inexistant, et ses petites rues piétonnes. Dans la rue, je reprends quelques jeux de casse-tête au dernier fan de…. Jean-Michel Jarre. Et autant dire qu’il est content de pouvoir discuter avec des Français de musique, d’autant qu’en 1989 à La Défense j’y étais. Lui regarde tous les concerts sur Youtube (les anciens). Connaissant bien le coin, il nous conseille d’aller faire un tour vers la maison du Che. On continue, en se baladant le long des canaux, un peu de fraîcheur à l’ombre des arbres, alors que le soleil cogne : bon prétexte pour nous faire une petite terrasse avec un petit jus frais.

Mais on file déjà, pour avoir le temps de prendre un cours de tango, tant qu’on est là, on en profite. Et on a bien fait, car comme Aude vous l’a décrit dans l’article “Tango”, on arrive en pleine danse murale ou comment apprendre à danser en collant du papier peint?! De retour à l’hôtel, on croise une jeune femme qui rend les clés et la télécommande de sa chambre. Genre “bonsoir je fais mon check-out juste au moment de dormir..?!” Mais tu veux pas dormir? En fait, les hôtels ici sont réputés pour ne pas être utilisés que par les touristes, mais également par les couples non officiels : original.
Le lendemain, on part du coté de Alta Gracia pour visiter la maison du Che, qui se trouve dans une petite ville à une heure de Cordoba. Encore une journée de soleil dans une ville calme, le vent agitant les feuilles des arbres du parc, où trône un Casino. Sans difficulté, on trouve la maison-musée du Che où il a vécu entre ses 6-14 ans. A l’entrée trône une statue de lui, gamin assis sur son muret, montrant une autre image que le buste de la terrasse, au célèbre béret et au regard profond.
Le musée retrace l’ensemble de sa vie au fur et à mesure des pièces, rentrant un peu plus dans l’intimité de l’icône.


Ses parents sont venus à Alta Gracia, pour le bon air nécessaire aux problèmes respiratoires du petit Ernesto, fragilisé par de l‘asthme. Quelques photos et des bulletins sont punaisés dans sa chambre (élève brillant mais “c’est quoi cette mauvaise moyenne en physique?! C’est pas le tout d‘être teigneux!” ). Une salle est consacrée à ses 3 voyages en Amérique du sud, effectués en vélo puis 2 autres avec la célèbre Norton, dont une réplique trône dans la salle.

Respect au vu des kilomètres effectués et de sa façon de voyager (cf. Carnet de Voyage). On comprend davantage sa vision d’un monde qu’il ressent assez inégal. Ensuite, le salon est consacré à son combat avec Fidel Castro, rencontré dans une prison de Mexico. Ah bah je me disais bien qu’il en a fait des conneries avec sa petite tronche qu’on voit partout sur les T-shirt, blouson, bandana et autres pin’s. Les 2 dernières salles consacrent ses derniers combats en Afriques et en Bolivie, sans oublier une salle où sont exposées des photos de l’inauguration du musée, en présence de Castro et Hugo Chavez. Ça le fait d’avoir pour pote le Che! Ah ils sont beaux les 2 là en photos! Après un bref passage dans la boutique de souvenir (même pas un petit badge? Allez un autocollant!), on ressort de la petite maison en se frayant un chemin entre les 5 bus double étage, cuisine aménagée, direction assistée, clim, sèche-cheveux intégré, ma chemise est finalement repassée, tu fais quoi pour les vacances, non je n’ai pas changé d’adresse, si tu veux du café il y en a dans la machine (à lire rapidement façon Péruse, hein Bat!) qui déversent leur flot de touristes.
En repartant vers le centre ville, ce petit musee ne me laisse pas indifferent. Ernesto Guevara est issu d’une famille plutôt aisée et pourtant il a mené un combat auprès des plus déshérités. C’est un combattant, certainement dû au fait de devoir vaincre ce problème de respiration : plus fragile, il est devenu plus combatif. Son voyage auprès des populations pauvres, malades ou indigènes lui a fait percevoir une certaine réalité du monde. Il fait des études de médecine avec succès, et pourtant il n’exercera que très peu, préférant essayer de résoudre le problème à sa source plutôt que ses conséquences, la misère menant maladie, problème de nutrition, exploitation de pauvres gens, sans pouvoir sortir de cette condition. Effectivement c’est un système qu’il critique, une exploitation de l’homme par l’homme. On empêche pas le progrès!! Le progrès serait donc synonyme de confort et de consommation en oubliant d’autres valeurs qui sont pourtant celles que l’on enseigne à tous les enfants et prônées par tous les gentils des films en toute logique : solidarité, partage, défense des plus faibles, combativité contres des péchés que l’on appelle CAPITAUX. C’est marrant parce justement, quand il s’agit de capitaux, et bien ce sont ces péchés-là qui reviennent sans que cela ne pose de problème…!?
La force du Che ce n’est pas Cuba en fait, c’est d’avoir réussi à ne pas rester au pouvoir, car il se savait incapable, sans doute pas par incompétence, mais par lucidité sur ce que cela provoquerait en lui, comme tout homme ayant argent et pouvoir. Après 5 années au ministère de la défense et des transports, il donne sa démission à Castro, préférant continuer le combat.
La force du Che c’est aussi d’avoir compris qu’un système qu’il soit pour la rebellion, la politique ou le pouvoir, n’est pas universel et ne peut s’appliquer partout. Il a ainsi avorter la rebellion menée en Afrique, sentant que la culture ne pouvait et ne devait pas s’adapter à une idéologie, Quoi?!? On ne peut donc pas forcer les gens à un système de pensée sinon ça ne marcherait pas?! Moi je fais pas de politique mais je crois que ce barbu avait compris un truc (les colonies, les guerre de religion, les guerres économiques, la destruction d’une culture par son exploitation), c’est qu’on ne convertit pas par la force.
C’est également la force de créer une panique dans un pays dont le pouvoir n’est pas issu du peuple et qui avec une 15aine d’hommes réussi à mettre en péril un système soutenu par une dictature et des capitaux étrangers. Tellement peur qu’en plus des 4000 hommes déployés pour l’arrêter, le président Bolivien de l’époque aura le soutien de la CIA, celle qui causera sa perte. Comme quoi, il faut se méfier des mecs qui ont un truc sur la tête et s‘ils ont une barbes, ils sont encore plus suspects…
Toujours est-il qu’en sortant de là, je suis une fois de plus un peu dépité et la phrase “vaincre ou mourir” n’est finalement pas dénuée de sens.


Du coup, quoi de mieux qu’une pause repas après tout cela. L’occasion de revoir un couple de Français rencontrés à un cours de Tango de Buenos Aires. On ira ensuite en leur compagnie visiter la mission Jésuite de Alta Gracia qui, comme on le vérifiera par la suite, a beaucoup œuvré pour le respect des cultures indigènes, tout en convertissant les peuples, mais avec un respect de ces communautés.

Le bâtiment et très joli et montre le travail des jésuites de l’époque. Mais le musée expose aussi des choses plus… moderne :

On finira la journée en rentrant sur Cordoba en profitant de la fin des cours pour rentrer dans une Université. La ville est réputée étudiante et effectivement lorsque le soir tombe, les jeunes sortent des cours laissant place aux visiteurs, préférant les bars en terrasse et les boîtes. On en profite pour visiter ces bâtiments rénovés qui ont un très joli cachet


Une visite internet plus tard, on tombe sur un jeune qui nous donnera pas mal de musiques d’ici, quelle gentillesse!

lundi 9 mars 2009

Rosario

Nous quittons Buenos Aires pour atteindre Rosario 3h plus tard. Rosario est connue pour être la ville de naissance de Messi (les filles, c’est un mec qui court après un ballon) mais surtout pour l’ambiance le long du rio Parama et ses entrepôts réhabilités. Vue l’heure qu’il est, on profite des dernières lueurs du jour pour flâner dans la rue piétonne bordée de boutiques pour rejoindre le fameux monument de la bandera, c’est-à-dire le monument du drapeau national parce que quand même, un drapeau, ça compte… Le soir tombant nous profitons de l’éclairage magnifique qui illumine les statues baignant dans les jolis bassins à débordement

qui nous emmènent dans le panthéon local où trône une flamme en mémoire du soldat inconnu (qui visiblement se fiche complètement de l’écologie!).

Devant nous s’élève alors le monument de la bandera, éclairé majestueusement aux couleurs de l’Argentine.
Bleu et blanc avec le soleil au milieu

Nous décidons de poursuivre notre balade en longeant les quais afin de nous immerger dans l’atmosphère particulière des anciens entrepôts maquillés de graffitis

ou convertis à l’usage artistique. Ici gît l’âme des temps passés tandis que là les arts des rues ont colonisé ces grands espaces propices à la créativité.
Nous débouchons enfin sur la promenade très pratiquée par tous types de sportifs, des courses fractionnées en groupe de plusieurs filles au footing lent des joggeurs du dimanche. Un escalier? Très bien, justement, je voulais travailler mon cardio dis donc! Et voila un nombre incroyable de personnes qui se donnent rendez-vous sur le lieu sportif à la mode. Quelle ambiance! Pour un peu je me serais vue prendre mes running!
On est sous le charme de ce petit coin à l’espace infini paraitrait-il et en profitons pour rester manger là. Une petite brise vient alléger l’air : que c’est bon le chaud du soir, sans pull…


Cependant, nous traversons une période particulière à ces 7 mois passés de voyage. Matthieu se fait pessimiste et se laisse aller à l’obscurité des abîmes humaines. Qu’il est difficile de se trouver régulièrement confrontés tant à la dureté de l’homme dans l’histoire (quel pays n’a connu ni guerre ni dictature durant les 50 dernières années?)

que dans la noirceur quotidienne… Bien sûr nous faisons des rencontres formidables et la plupart des gens qui croisent notre route se montrent aimables et souriants. Mais le mal prend le dessus et obscurcit le tableau. Même rengaine : arrêter d’être “le seul à être gentil”, le seul à faire cet effort-là ou continuer à prendre le risque de se faire enfiler tous les jours? Matthieu énonce des propos qui nous attristent, Baptiste et moi. Il dit changer et pouvoir se formater pour devenir moins social, lui le révolutio-égalitaire au cœur de Robin des bois. Pour ma part, moi qui ai connu misères et emmerdements bien assez tôt et bien assez fort, j’ai déjà choisi ma réponse et préfère garder ma dignité et ma morale en essayant d’être vigilante, mais en prenant le risque si souvent réalisé de me faire marcher dessus. Aller, il est temps d’aller nous coucher ; la nuit porte conseil.


Le lendemain, nous partons visiter le monument de la bandera, dressé en mémoire de Belgrano, créateur du drapeau. Et attention, c’est une véritable institution… Non contentd d’avoir quand même érigé un monument gigantesque à la mémoire ce cet homme, les Argentins lui ont carrément construit une sépulture et le drapeau original trône dans une salle spéciale… Waouh! Vous n’en faites pas un peu trop les gars?! Bon en tout cas, nous on était venus aussi pour profiter de la vue sur la ville du haut du monument et effectivement, on n’est pas déçus!

On arrive même à être plus hauts que les immeubles qui se tirent pourtant la bourre à savoir qui ira le plus haut!

Mais on n’allait quand même pas nous arrêter en si bon chemin et nous voilà partis pour le musée des drapeaux latino-américains, dans lequel figurent quand même l’Espagne et l’Italie! Aller comprendre? Ben les Italiens représentent quand même près d’un tiers de la population nationale! Quant aux Espagnols, au vu de la langue locale et du physique des gens ici, on ne rentre pas davantage dans les explications, hein! Ca méritait bien un petit drapeau!


Aller, assez de patriotisme endiablé, on retourne nous balader sur les quais.

En chemin, on regarde, attristés, les “carpinteros”, les “cartonneurs”, ces gens victimes de la crise qui se retrouvent à faire les poubelles pour survivre…

Matthieu parle encore d’emboiter le pas à la méchanceté et à l’égoïsme humain alors le cœur n’y est pas trop. Et quoi de mieux pour se remonter le moral qu’un bon vieux musée de la mémoire, musée, on l’aura compris, consacré aux dictatures! Hein? Sauf que… nan!

Un peu de concentration! On monte pour voir si une exposition existe dans ce musée et on tombe sur la documentaliste du musée qui nous exposera, visiblement très émue, la dure réalité des desaparecidos. Nous questionnons : pourquoi beaucoup de musées historiques sont fermés? Y’a-t-il actualité dans ce que dénoncent des musées de la mémoire? La femme explique la difficulté de mettre la vérité au grand jour. Les mères et grands-mères des victimes de la dictature sont mourantes et n’ont pas forcement l’énergie pour entamer une procédure. Les choses sont en cours, ça avance ; mais doucement, par étape. Un pays qui se reconstruit, qui se relève de tant de violence. Je regrette de ne pas réussir à comprendre davantage l’espagnol de cette femme à l’accent relevé et au débit rapide. Nous comprenons finalement plus le trouble dans lequel le sujet la met et préférons nous retirer. Etonnant tout de même que cette femme dont c’est le travail quotidien se montre si sensible à l’abord de cette conversation…

Finalement, après une petite marche dans la rue, on tombe sur un cours de tango gratuit, mentionné précédemment, et qui met en scène un ensemble de professeurs réunis par leur passion et leur envie de la faire partager. C’est donc dans une ambiance détendue mais perfectionniste que nous prenons à 3 l’un de nos meilleurs cours de tango.
Un petit resto de pizza libre (oui c’est ça : à volonté! La communauté italienne qu’on vous disait!) et il est déjà l’heure de partir. On quitte Baptiste pour quelques jours dans le Nord-Ouest Argentin avant de le retrouver à Buenos Aires…

vendredi 6 mars 2009

Tigre

Après un bon jour de pluie à Buenos Aires, où j’avoue avoir profité de la chambre et de son ventilateur, on s’est motivés tous les 3 pour aller faire un tour du coté de Tigre. A seulement 40 minutes de train, Tigre est une ville qui se partage entre circulation routière et fluviale. A la sortie de la gare et après un petit burger, on file vers le canal pour prendre un bateau-bus, l’occasion d’une petite balade et de discuter avec les locaux qui vont chez eux par ce transport assez original. Ici en fait, la circulation se fait dans les canaux, les maisons étant sur des petits îlots de pelouse, avec un certain cachet.

La journée s’annonce belle et on se régale à faire une bonne balade dans les canaux, profitant du calme qui règne ici, au milieu de terrains ombragés aménagés avec un petit débarcadère, pour le bateau de chaque propriété.


La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a pas de moustique alors que l’environnement est bien vert. Aussi proche de la ville et aussi nature, c’est une bulle de verdure dans laquelle on se balade toute la journée. En tant que bon marcheur, on s’arrêtera en fin d’après-midi pour déguster une bonne petit bière (bon d’accord on en a bu un peu plus!).



Quilmes est le nom d'un peuple du Nord de l'Argentine.

Ce peuple a reussi a resister pendant pres de 130 ans aux conquistadors...Ca meritait bien une Bière!!


Le soir quel plaisir de pouvoir se poser, parce que marcher toute la journée avec le soleil, ça fatigue!

Et en rentrant, quoi de plus mérité qu’une bonne parilla à volonté (La Parilla est le plat typique de l’Argentine et se retrouve dans quelques pays voisin. C’est tout simplement un assortiment de grillades à base de côte de porc, saucisses, travers de porc…) avant d’écraser l’oreiller.

mercredi 4 mars 2009

Salsa en Argentine

L'Argentine ce sont ses danseurs de tango alors on a bravé les lois de la timidité pour danser en avant-plan de ces excellents artistes...

Salsa à Caminito...

mardi 3 mars 2009

Tango

Vous parler de l’Argentine sans vous parler du tango serait totalement incomplet tant cette musique et cette danse sont présents partout ou presque.
Fascinante, lascive, douce, sensuelle, endiablée, puissante, passionnée, cette danse entraine et envoûte jusqu’aux plus insensibles.
Durant notre séjour à Buenos Aires, nous avons pu prendre la mesure de sa diversité et de sa contraignante technique qu’il faut bel et bien maitriser pour arriver à tant de grâce.
Au détour d’une rue, sur une place, l’oreille se tend et pousse le pas vers la source musicale. Un disquaire ou des danseurs? Du tango poussiéreux au tango électronique (qui est bien loin de s’arrêter à Gotan Project), les mélodies défient les lois de la gravité pour inviter à une pause artistique.




Et quand se mêle au plaisir auditif l’émerveillement d’un spectacle, le transport est complet. Marchés dans les milongas des anciens comme à la célèbre “confiteria ideal” ou envolées des jambes aux bas résille et talons aiguilles de la rue Caminito, nous pouvons à Buenos Aires apprécier toute la richesse de cette danse issue de la culture gaucho et hispanique, aux accents de Cuba. On est scotchés, littéralement. Mais comment vous décrire cet état de grâce sans vous le faire partager directement…

Souvenir de la rue Caminito dans la colorée Boca, de la fête dans la rue du quartier San Telmo le dimanche ou encore de la rue Florida. Que c’est beau le tango du pavé…

Alors forcément, on a voulu essayer! On a donc été tester la Confiteria Ideal pour 2 cours avec 2 couples de professeurs différents, un autre pour ma part dispensé par la célèbre Milena Phebs dans le cadre du festival “Lady tango” qui se tenait du 2 au 8 mars (quelle chance!), un 4e à Rosario et un dernier à Cordoba, soit de nombreuses heures d’initiation à la technique du tango. Pour ceux qui connaissent le tango “lent-lent-vite-vite-lent”, rassurez-vous, le tango argentin, c’est pas du tout ça! La base est le balancement avec transfert du poids du corps d’un pied à l‘autre. Après, le rythme, le pas de base, tout ça ne devient que du ressenti et de l’improvisation. Une dérivation de ce transfert fondamental du poids du corps avec les croisements, les piqués et les envolées de jambes que l’on devine, tout en connexion avec le partenaire.
Pas évident! Faites le test : une main sur le torse de l’homme, les pieds du couple doivent partir ensemble devant, derrière, ou sur un coté. Alors?!
Bon, on doit aussi dire que l'on a testé le cours de nul... J'ai nommé le cours dans lequel le prof met ses élèves contre le mur en expliquant que le meilleur ami du danseur de tango est la mur... Mum... Et qui poursuit le cours en se contentant de passer de la musique et de regarder danser ses “élèves”. Bon, c'est pas grave, ça nous fait d'autant plus apprécier les excellents cours que nous avons eu par ailleurs!
Le tango c’est aussi une manière d’être ; la démarche tango, le regard tango, l’habillement tango, bref, la classe tango. C’est donc, dans un excès un certain snobisme, une quasi-bourgeoisie à laquelle on a préféré le regard grave et emprunt des danseurs de rue.
Le tango pour nous ça aura aussi été le festival du tango féminin avec sa soirée de spectacle… le 8 mars journée mondiale de la femme! Les portes ouvrant à 23h, on a commencé à comprendre qu’on aurait dû commander du café et non de l’eau quand à minuit les projecteurs étaient encore en veille… Pourtant tous les plus grands de l’Argentine dansaient ce soir-là. Mais ça y’est, minuit dix, le défilé de mode. Mais attention, de mode tango…
Les modèles apparaissent en dansant magnifiquement avant de présenter leur vêtement. Rien que ça, c’était déjà du grand tango… Mais il est 1h passée quand l’intermède de bal est annoncé avant les shows. Et oui, on apprend à nos dépends que pour aller danser, les Argentins siestent en début de soirée et ne sortent du coup pas avant minuit et jusqu’à l’aube. Du coup l’apogée du spectacle ça sera trop tard pour nous, voyageurs déshabitués au rythme noctambule tardif… Dommage…
Le tango c’est une saveur dont on ne se lasse pas, une danse que l’on voudrait apprendre encore et encore pour connaitre toujours l’enivrement et le tournoiement des corps.

lundi 2 mars 2009

Boca

En Amérique du sud il y a 2 religions : la Catholique et celle du Football. Et autant on a visité avec un très grand intérêt les églises...




Autant on garde un super souvenir du temple, que dis-je de la Mecque du football en Argentine, paraît-il. Après en avoir théoriser avec des connaisseurs, nous nous sommes rendus dans l’antre des supporters, là où tout bons hooligans rêvent d’aller et qui répond au doux nom de Bombonnera, “ La Bonbonnière”. C’est LE stade de Buenos Aires, situé en plein quartier de la Boca, connu pour son coté populaire, ses rues colorées et qui a également vu naître le Tango.
En arrivant à Buenos Aires dans la guest, des affiches sont collées pour aller voir des matchs en formule tout compris, même la vaseline, puisque c’est à 250 pesos, soit 70 euros : c’est très populaire! Du coup, on part avec Dédé vers le stade de la Boca, car c’est là que l’on veut acheter des places. Le stade paraît pas bien grand et contient portant plus de 60 000 spectateurs. En plein soleil les gens font la queue pendant une petite demi-heure, tout ça pour acheter 5 boletos du match de ce soir. Pourquoi 5? Parce que c’est en famille et de 21 à 58 ans que l’on va aller dans la tribune Nord, celle des bons supporters (billet à 30 pesos!).
Le soir venu, on va en taxi jusqu’au stade, le chauffeur nous indiquant de bien faire attention à nos poches et leur contenu.
Le match débute dans 30 minutes et l’on entend déjà à l’approche du stade les champs des supporters, et plus on se rapproche, plus le son est impressionnant, résonnant et trouvant écho dans les supporters qui nous entourent. On est dans la file d’attente et quand un groupe de supporters de la Boca passe devant nous, on ne dit rien, limite on ne sourit même pas. L’ambiance monte aux abords du stade, les supporters donnent de la voix, en tapant dans le mains, les portes, comme par solidarité aux chants venus de l’antre. Enfin, on passe les barrières, on gravit les escaliers et arrivons tout en haut des gradins, avec vue sur le terrain et toute la tribune Nord. Tous ces supporters chantant comme un seul homme alors que la pelouse est vide de joueurs… A leur entrée, ce sont des gros applaudissements, mais rapidement les chants reprennent le dessus. Il faut savoir qu’il y a des supporters qui à aucun moment ne regarderont le match, trop pris à faire chanter toute la tribune et s’agitant dans tout les sens peu importe le temps. Dans cette ambiance surchauffée, ma mère est totalement dans son élément : si elle avait pu se mettre torse nu en agitant son maillot au-dessus de la tête, elle l’aurait sans doute fait, seule la pudeur l’en a empêchée. En tout cas tous les 5 sommes ravis de pouvoir profiter du spectacle, qui est aussi bien sur le terrain que dans les gradins. On est quand même à la Boca, Club de Boca Junior qui a vu naître Maradona ou Riquelme.



Durant la 1ere mi-temps, malheureusement il n’y aura pas de but, mais de très jolies actions, typiques du jeu de l’Amérique du sud : technique, rapide et instinctif. Lorsqu’il y aura des fautes des Hurricanes (club adverse) les insultes ne manqueront pas, avec en 1ere position la célèbre mais néanmoins classique “Hijo de puta” , qui se pratique à tout âge, puisque dans les tribunes l’âge va de 5 à 77 ans pour les supporters.





Bande son originale!


A la mi-temps tous les supporters se taisent et s’assoit à l’unisson. Mais dès la reprise, avec l’entrée des joueurs, c’est reparti et ce ne sera pas vain, car le score, nul à la reprise va s’étoffer d’un but, puis d’un second de la Boca. Et là, c’est encore plus la grosse fête, malgré une pluie battante qui arrose littéralement aussi bien les joueurs que les supporters en bas des gradins, comme ceux accrochés au grillage qui entourent le stade. Il y a même des chants pour clairement se moquer, voire insulter l’adversaire. Et malgré un but de l’équipe adverse pour un 2-1, les supporters ne mouftent pas, au point que Aude, qui est à fond dedans, demande “ Mais, ils viennent de marquer là, les autres?”




Oui mais les supporters de la Boca s’en foutent et de fait, il auront raison avec un troisième but de la Boca, du bout du pied de l’avant centre. Et pendant ce temps il y a des mecs qui se sont pas arrêter de chanter ni de bouger pendant les 90 minutes, alors que c’est le déluge ici.
En tout cas, quelle ambiance dans cette tribune!




Des policiers sont présents en nombre, mais discrets, restants derrière. Cependant après le cou de sifflet final, nous patienterons une bonne demi-heure avant de sortir, comme pour attendre que le reste du stade se vide pendant que la meute se calme.
Nous sortons de là, après un vrai grand moment intense, dans ce lieu mythique pour tout un peuple, réputé dans le monde entier. Bonne ambiance, joli match, parfait!

dimanche 1 mars 2009

Insolites à Buenos Aires

Buenos Aires est une ville, où l'on rencontre finalement une population assez bizarre...


Les gens y font n'importe quoi...

Aidés en cela par des panneaux, pour le moins insolites...


Pour finir, on vous montre les dessous de ces fameuses photos de Kiki à travers le monde...