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vendredi 3 avril 2009

Bilan de l'argentine


- En rencontre : On doit le dire, les gens ici sont extrêmement gentils. Souvent prêts à rendre service, offrant à tour de bras, très sociables… Après le Chili ça aura été un vrai plaisir pour nous! Les gens sont en général très abordables et si quelques personnes comme le staff de l’hôtel Rusty K à Cafayate, Ana rencontrée en Patagonie ou encore la prof de tango rencontrée le dernier soir ont retenu particulièrement notre attention, il ressort qu’il est aisé de faire connaissance avec les Argentins.

- En paysages : Les paysages en Argentine, c’est d’abord une grande diversité. Montagnes frigorifiantes de la Patagonie, steppe ou plaine à perte de vue, canaux, grenier agricole, hautes montagnes andines, aridité, foret tropicale… On aura presque tout vu! Et en magnifique. C’est sûr : les paysages argentins coupent le souffle.

- En nourriture : En Argentine, il y a comme spécialités (finalement présentes dans presque toute l’Amérique du Sud) les empanadas, sortes de chaussons fourrés à la viande, au fromage, aux épinards etc ; on trouve aussi les humitas, maïs fourré au fromage dans une feuille de maïs. L’Argentine a également hérité d’une large tradition de cuisine italienne (1/3 de la population est d’origine Italienne…) : pizzas, pâtes maison. On peut déguster de délicieux liquidons, c’est-à-dire un jus agrémenté d’eau ou de lait. Mais oui… On y vient… LA spécialité de l’Argentine, c’est la viande! Et là, je laisse la main à Matthieu!

- En physique : On n’a presque vu que des argento-européens… C’est moche, mais ici comme au Chili on sent le poids de la colonisation… Mais dans la province de Missionnes, qui accueillait pourtant les Missions Jésuites et leurs indigènes, tous les visages étaient blancs… Il a fallu attendre le Nord-Ouest (et un peu dans la Patagonie mais plutôt dans des réserves…) pour rencontrer des visages à la peau café, aux yeux légèrement bridés et aux cheveux noirs, brillants et souvent longs.

- En musique : Ah… Le tango! Je ne reviens que peu dessus puisque nous y avons consacré un article, mais c’est vrai que le tango est partout ou presque, dans différentes formes pour différents âges. Nous avons aussi entendu la musique traditionnelle gaucho, à base de guitare et grosse caisse auxquelles on ajoute le tapé dans les mains et la voix d’homme grave et puissante. Un autre style, finalement assez représentatif de la marque gaucho (on se rappelle le coté vaguement brute épaisse, rudimentaire et macho!).

- En danse : Tango encore et toujours, le tango qui prend et qui enivre ; le tango qu’on ne se lasse pas de regarder, d’admirer et que j’aimerais tellement savoir danser!! Et puis il y a la danse traditionnelle gaucho (en vidéo dans l’article sur Buenos Aires), ou comment payer plus cher en cordonnier qu’en impôts pour les hommes et comment danser après la croix chrétienne (un petit coté décrucifiée depuis peu, non?!). Bon on rigole mais n’empêche que autant pour la fille, pour l’avoir testé, ce n’est pas si compliqué, autant pour les hommes, quel brio de réussir ces torsions des chevilles…

- Sur la route : Ah!! Les bus argentins! Le confort assuré en toutes circonstances : sièges taille Néo-Zélandais, de la place pour les jambes, des toilettes et, comme on vous l’a déjà décrit Matthieu et moi, un chauffeur qui pour un peu vous proposerait de repasser vos chemises, de vous prêter son pick-up pour votre déménagement etc! Et heureusement car les routes ici sont… longues! On a cumulé pas mal d’heures de transport et souvent de nuit. Alors en souvenir des nuits passées dans les bus Birmans, merci au système routier de l’Argentine et à ses bus!

- En argent : la monnaie locale est le peso argentin (1 euro = 4,9 pesos). Nous avons dépensé en moyenne 43 euros par personne et par jour. En gros, à tous ceux qui pensent que l’on peut voyager en Argentine pour pas cher : bon courage!!! Il faut compter entre 40 et 90 pesos pour une chambre pour 2 (le plus souvent 80 pesos), entre 50 et 70 pesos pour un repas pour 2. Un cours de tango de 2h à 3h coûte 25 pesos. Nous avons bien lâché le portefeuille et avons réalisé beaucoup d’achat, ce qui explique le montant global du budget. Mais que voulez-vous, quand on aime, on ne compte pas, hein Chouchou?!

- En tout : L’Argentine, c’était vraiment génial, tant pour le bouillon culturel de Buenos Aires que pour les montagnes de la Patagonie ; tant pour le raffinement du tango que pour l’environnement traditionnel du Nord-Ouest ; tant pour le calme du Tigre que pour l’activité de Cordoba ; tant pour les gens que pour l’Histoire. Finalement l’Argentine c’était génial pour la diversité de ce que ce grand pays offre comme pour le plaisir qui s’est renouvelé à chaque nouvelle page qui s’ouvrait à nous. L’Argentine ce sont ses gens, ses paysages, sa culture du tango, de la viande, de la fête… L’Argentine, on a adoré!

jeudi 2 avril 2009

Misiones Jesuiticas

Après avoir traversé la frontière Brésil-argentine, et le plaisir que ça a été de retrouver ce pays fantastique, nous décidons d’écourter notre séjour brésilien au profit des Misiones argentines. Mais avant ça, il va nous falloir galérer quelques heures avec l’agence de Francis (la LAN) à Puerto Iguaçu pour changer notre billet d’avion... Ben oui, pas si faciles que ça les billets tour du monde soit disant en open… Réponse de Francis ? Ben faut aller à Buenos Aires ou à Asunción au Paraguay pour changer le billet!!! Et si on abandonne notre vol initial Sao Paulo - Lima, on est considérés comme déserteurs et ce sont tous nos autres vols qui sont annulés!! Génial!
On ne va donc pouvoir profiter de cette magnifique et luxuriante région de l’Argentine que peu de jours, le décompte avant perdition des billets d’avion étant lancé…
Nous arrivons par le bus à San Ignacio de nuit et grâce à mon amoureux qui, méfiant, ne dormait que d’un œil ; sans sa vigilance, le bus oubliait de s’arrêter pour nous et on finissait on ne sait pas où! Dans la pénombre, un peu endormis (enfin surtout Baptiste et moi!), on avance alors dans la recherche d’une guest et tombons par hasard sur le superbe “Refugio”, un havre de paix où nous sommes accueillis comme des membres de la famille.
Quelques heures de sommeil plus tard, nous prenons donc la direction des ruines de la mission jésuite, croisant ça et là des échoppes vides, attendant sans doute l’heure fatidique du déversement des cars de touristes. En effet, le site est l’un des plus connus d’Argentine et donc l’un des plus touristiques, mais, au petit matin, nous avons la chance de le découvrir en solitaires : quelle chance!
Les murs d’enceinte, immenses et vaguement délabrés, donnent le ton. De la pierre ocre se mêlant à la végétation, et une atmosphère chargée d’histoire ; nous entrons dans l’univers des Jésuites.
Pour mieux comprendre ce fait historique mais surtout ce microcosmos culturel, un musée introduit la visite. Là se trouve bien expliquée la mise en place de cet ordre religieux. Fondé en 1367, l’ordre des Jésuites est appelé à coloniser une partie des terres du Nouveau-Monde avec pour mission d’évangéliser (et de placer sous allégeance…) les populations indigènes. Ils fondent donc, à partir de 1611, pas moins de 30 villages repartis aux confins des actuels Argentine, Brésil et Paraguay. Chaque mission formait un véritable univers propre bâti sur un mode ultra-communautaire. Tout le monde travaille sa partie de terre, donnée au chef de famille en fonction du nombre de membres qu’elle comporte, ainsi que la partie commune, la récolte étant destinée prioritairement à la communauté. Les hommes travaillaient également comme charpentiers, ferronniers ; les femmes se dédiaient à la garde des enfants, au tissage, aux tâches domestiques ou encore à la cuisine. Ecole, église, agriculture, mais aussi création de tout un artisanat. En effet, les Jésuites, dans leur mission d’évangélisation, préféraient la soumission d’un nouveau principe cultuel à la force et avaient élu l’art comme véhicule de la foi.
Surtout, les Jésuites se basaient sur un principe de tolérance. De la bible traduite dans la langue indigène (guaranie) à l’acception de l’influence indigène dans la croyance catholique et la préservation de sa culture, les Jésuites ont permis aux peuples indigènes de trouver un refuge chaleureux et protecteur (contre les attaques terribles des tribus voisines et surtout des Paulistes du Brésil) tout en leur permettant de sauvegarder leur culture. Ainsi, la communauté des missions jésuites connait une croissance incroyable. Ayant négocié le droit d’autogestion avec la couronne espagnole, les Jésuites et leur réussite incroyable, tant de par la population présente dans les Missions (de 28 714 habitants en 1647 à 141 182 en 1732, défiant la triste loi des épidémies) que de par le succès phénoménal et même les exportations de leur artisanat, commencent à faire de l’ombre au Vieux Monde… A la fin du XVIIIe, les missions sont démantelées, les Jésuites chassés par Carlos III et les indigènes, bien que les Jésuites les aient armés pour assurer leur défense, massacrés. Les missions tombent en ruine à partir de 1767 et sont en partie détruites par les invasions portugaises. Les Missions jésuites restent l’expérience de la viabilité de ce qui est considéré comme une utopie, une expérience de civilisation inédite et, aujourd’hui, une magnifique richesse archéologique, classée Patrimoine de l‘Humanité par l‘UNESCO.
Nous quittons le musée qui nous ouvre alors les portes des ruines. Je suis sous le charme… mais pendant ce temps…


Profitons finalement des allées entre les habitations, nous nous laissons aller à un petit jeu de Benny Hill...


Les quelques conneries évacuées, nous pénétrons dans le cœur des lieux. La place centrale, autour de laquelle habitaient les Jésuites pour surveiller la vie de la cité, accueillait l’école, l’église et plus loin le cimetière.
La végétation tropicale a, ici comme à Angkor, bien repris ses droits et si une mission de rénovation a eu lieu à l’époque de la 2e guerre mondiale (comme dirait Baptiste, “ça va? On vous dérange pas trop avec le bruit des bombes et notre malheur??”!), les travaux d’entretien sont toujours d’actualité. Moi j’aime le cachet de ces ruines rendues à la nature.

Mais quel boulot de voir ces hommes qui travaillent à la réédification d’une partie de l’église par exemple, sachant que pour ce faire, ils réalisent un véritable puzzle géant avec les pierres éparpillées au sol et seulement numérotées…

Nous profitons de l’atmosphère des lieux puis nous quittons, toujours incroyablement seuls, ce site gigantesque que nous avons eu rien que pour nous.
Ce n’est qu’à midi, alors que l’on déjeune, que l’on voit les caravanes de bus tout confort déverser leur nombre inimaginable de touristes! Tous au même endroit à la même heure! Remarquez, c’est sympa pour créer des amitiés dans les groupes des concurrents! On est sûrs de ne pas se perdre!
Les Misiones, c’est déjà fini pour nous. Le temps presse et il nous faut vite rejoindre Asunción au Paraguay pour gagner notre contre-la-montre des billets d’avion. C’est avec regret et dans une précipitions hors contexte que l’on doit dire au revoir à Baptiste. Ca fait mal au cœur de le voir désormais seul pendant que notre bus s’élance, nous rendant à notre intimité retrouvée de couple.

dimanche 29 mars 2009

Les incroyables chutes d'Iguazu

A notre arrivée à Foz do Iguazu, on prend nos quartiers dans l'auberge de jeunesse la plus proche, qui a l'avantage d'avoir une petite piscine avec terrasse, mais qui propose des dortoirs garçons-filles distincts. C'est donc séparément que l'on pose nos affaires, pour la plus grande joie de Aude (Argh!!!..), même si, en mauvaise petite nonne, elle ne dormira pas dans son dortoir (quelle dépravée!!). On décide de partir l'après-midi même pour les chutes coté brésilien, mais comme on veut avoir le temps, on part voir, pour cette fin de journée, le Parque des Aves. On tente le stop et c'est une réussite, avec un petit Van qui nous dépose devant l'entrée. Pour une fois, on fait la visite d'un parc aux oiseaux (je traduis pour ceux qui parlent pas le Portugais, c'est à dire tous ceux qui ne font pas partie de la famille Santiago). Vivement recommandé plusieurs fois parmi nos rencontres, le parc offre la possibilité de pouvoir observer multitude de perroquets,

perruches,

flamands roses,

Aras,

Toucans,

chouettes, autres oiseaux bizarres,

Ici, simplement Jean-Claude Duss en quete de Donzelle...!

papillons,
rapaces et quelques singes, rongeurs et serpents.



Au début, les oiseaux sont dans des cages assez petites, mais ensuite, on aura le plaisir d'observer les oiseaux dans des voilières, qui du coup vont nous faire des vols en razmotte.Dans la première section, on aura l'occasion de voir les toucans de très près, au point de pouvoir les toucher, caresser



et observer le jeu de mouvement de leur pelage de crâne lorsqu'ils nous regardent.

Quel plaisir de pouvoir être si près! On en profite même pour partager ce plaisir avec SuperKiki, qui se livrera à un combat féroce...
Les toucans sont très différents suivants leur variété, avec des tailles, des couleurs et un bec qui semble parfois complètement disproportionné par rapport à la taille du corps.Les Aras sont superbes, aux plumages bleus, verts, rouges et multicolores.

Dans la voilière, c'est un bruit assourdissant, on a l'impression qu'ils se chamaillent, se bécotent ou se tirent la bourre d'un bout à l'autre de leur espace. On prend le temps de rester un peu, avec compassion pour la gardienne qui se prend les cris toute la journée.Les Ananacondas, pas vus dans le Pantanal, sont certes derrières des vitres, mais quelle longueur!

Pour le coup, c'est bien aussi de les voir à distance, lorsque l'on connait leur rapidité.L'ensemble de ces voilières laissent tout de même la place à la nature car entre chaque voilière, il est possible de retrouver des oiseaux et animaux en liberté, c'est un compromis très sympa. Après plus de 2 heures de visite, on est ravis, d'autant que c'est pas tous les jours qu'on a un Aras au bout du bras.

Le parque dos Aves, c'est aussi l'occasion de remplir la mission du sondage! Sans plus attendre : le cul de Matthieu!!


Le lendemain, on part pour passer la matinée aux chutes coté brésilien. Et là, c'est assez impressionnant de voir cette gargantua del Diablo, qui est l'une des chutes les plus grandes du monde par son débit.


On se promène au milieu de la forêt,

le long de la rivière, en faisant la rencontre d'un couple Belge très sympathique avec qui il sera facile de parler voyage, puisqu'ils parlent pas moins de 5 langues minimum! Après quelques photos

on prend le chemin du retour, en utilisant l'ascenseur du coin. On se met devant la porte appuyons sur le bouton, mais il semble que l'ascenseur fonctionne avec un groom, donc nous attendons une bonne minute avant que... Bah qu'une espèce de pauvre fille arrive et s'acharne sur le bouton comme si on avait pas essayer avant elle! Elle se met à s'énerver genre: ¨moi au-delà de 5 secondes (sans exagération!) l'attente devient interminable¨..?!? Dis donc, tu as l'air détendu en vacance toi!?Mais au vu de la beauté du site, on se dit qu'il serait bon de faire un tour du coté argentin, car c'est un point de vue différent qui est possible et quelle bonne chose : c'est encore plus grandiose. Du coup on repasse la frontière en stop avec un Argentin, nous déposant devant le poste de douane. On reprend une guest avec une piscine qui est en fait une bassine remplie d'eau verdâtre. Le soir, on se fait un bon petit resto à Puerto Iguaçu offert par le frérot, permettant à Aude de s'envoyer un petit saumon, tellement rare (merci Bat).Puis on va du coté Argentin des chutes ; on part devant avec Aude, Baptiste tentant de récupérer du linge oublié à l'auberge Brésilienne, mais qui fait des sorties coté brésilien.Pour accéder depuis l'entrée à la Gargantua, on prend un petit train en compagnie de Mickeline et ses congénères Français du groupe ¨ Beauf de chez Beauf¨. Je vous épargne les détails de la discussion.. en fait non, voici le remix original présenté par nos soins (on promet qu‘on n‘a rien changé au texte original) :


Baptiste nous rejoindra plus tard pour profiter de cet impressionnant spectacle démesuré, contraste de puissance dans la chute tumultueuse qui contraste avec la surface calme de la partie supérieure. Les remous provoqués projettent des gouttelettes de brumisation qui remontent sur plus de 30 mètres au-dessus de nous, faisant un nuage qui nous noie dans les éclaboussures.


Puis, durant toute la journée, on se balade sur tout le coté du Rio, offrant multitude de cascades dans un cadre de verdure absolument superbe.

Oui ben à la fois, le cadre s'y prêtait bien, non?!


On aura même le plaisir d'observer des coaties, sorte de fourmilier quadrupède, visiblement plus à l'aise avec les touristes que les touristes en leur compagnie.



Le clou est d'aller sur l'île San Martin, îlot séparant le coté brésilien de l'Argentine où nous pourront nous baigner au rythme des vagues que les bateaux provoquent en allant emmener d'autres touristes sous une partie des chûtes. La baignade alors qu'il fait chaud est très agréable d'autant que des petits poissons viennent nous picorer, visiblement pour nous nettoyer la peau. Cet îlot sauvage est aussi l'occasion pour nous de pouvoir observer un espèce d'iguane en liberté à la recherche de fruits à manger.

Le soleil commence à tomber et, avant de sortir, nous passons par le musée parlant des habitants originaires du lieu, les indigènes Guaranis, ayant subi la marche de l'invasion espagnole, mais qui ont été pris par les missions jésuites dans une adaptation coloniale plus respectueuse que ne l’aurait été une destruction basique de leur culture. Ce musée aurait du être à notre sens un passage obligé à l'entrée du site tant il parle avec simplicité et intelligence du lieu, de la population, de la faune et des méfaits de la modernisation.Encore une fois quel incroyable site il nous a été donné de voir, d'autant que ce point de vue argentin est absolument magnifique en comparaison avec le très joli coté brésilien.



Merci à Baptiste, qui nous a donné ses photos coté Argentin, car nous avons perdu ce dossier, et toutes nos photos des chutes argentines, l’un des plus beaux sites… Dommage… Merci donc Bat’ de nous avoir envoyé tes photos!!



mercredi 18 mars 2009

Salta

Pour partir de Cayafate, on choisit le taxi, refusant de donner l’argent à la compagnie de bus, si désagréable avec nous. En plus, le taxi ne nous coûte que 2 pesos de plus pour arriver 2 heures avant.
Bref, on arrive à Salta directement à l’hôtel et filons au marché pour manger. Salta ne se présente pas sous son meilleur jour. On nous avait décrit une ville magnifique et on traverse de grands boulevards pollués. De plus, nous sommes confrontés au marché à beaucoup de misère. Enormément de personnes de tous âges vendent de tout pour obtenir un peu de monnaie : chaussettes, calendriers, serviettes, culottes… Et si, au passage, il se trouve un fond de Fanta ou un reste de pizza sur la table, c’est toujours bon à prendre. Cela me ramène au Cambodge et au malaise dans lequel m’avait mise la demande des restes des enfants dans le marché… Nous y revoilà et ça fait mal au cœur. Un petit aller-retour à la guest plus tard (ben oui, avec de l’argent pour payer, c’est mieux!) et… on retourne à l’hôtel faire la sieste! Et jusqu’à 17h s’il vous plait! Ca faisait longtemps, ça nous a fait du bien!
Mais c’est pas le tout, on a toujours notre billet d’avion Salta-Buenos Aires à gérer… En effet nous avions acheté des billets par internet mais, n’ayant aucune confirmation, nous sommes allés vérifier au comptoir et : rien! Alors que faire? Racheter un billet au risque d’être débités 2 fois ou attendre le lendemain pour acheter notre billet à l’aéroport?… On perd donc un peu de notre précieux temps (vue l’heure…) et laissons tout ça pour filer au Museo de Archeologia de la Alta Montana, le MAAM par le très beau centre de Salta. Ca y’est, elle est là la jolie ville! A peine le temps d’admirer les façades coloniales et l’église que nous rentrons dans le musée.
Celui-ci retrace l’expédition de février 1999 qui, sous l’égide du Dr Johan Reinhard et l’association de plusieurs pays latino-américains (Argentine, Bolivie, Chili, Colombie, Equateur et Pérou), a permis de découvrir 3 momies Inca d’enfants sacrifiés à la montagne plus précisément au volcan Llullaillaco. La première partie du musée traite de l’expédition en elle-même : participants, équipement, détails techniques. Puis très vite on rentre dans le vif du sujet : le monde Inca. Des panneaux explicatifs très complets permettent de tenter de mieux comprendre la vie sous les Incas, tout en exposant textiles, jouets, armes et autres objets usuels de la vie de tous les jours. Mais le cœur du musée est plus loin… Les salles exposent à présent des offrandes accompagnant les enfants retrouvés là-haut. De petites statues à la tête d’or et enveloppés de textiles magnifiques s’offrent à notre curiosité.
Et puis nous rentrons dans la salle des momies. Je regrette de ne pas comprendre plus la différence en signification de ces 3 enfants retrouvés au sommet du volcan. On apprend que les Incas avaient pour coutume chaque année avant la récolte, de sacrifier un enfant pour demander aux Dieux d’être bienveillants et d’apporter de bonnes récoltes. Une longue préparation était exigée pour cette cérémonie. D’abord, les enfants étaient choisis pour leur perfection, pour être les plus beaux de leur village. Puis tous les enfants étaient convoqués à Cuzco où on célébrait une première fois l’événement. Et les enfants devaient rentrer chez eux à pied. En imaginant la taille de l’Empire Inca, on se rend compte à quel point ce voyage pouvait durer des mois et était périlleux. Comment faisaient-ils pour s’alimenter ou boire en chemin? Quel “équipement” avaient-ils à l’époque?… A leur retour, les enfants étaient acclamés avec joie et reconnaissance et la cérémonie avait lieu. On habillait l’enfant des plus beaux textiles, on le présentait sur la place publique et finalement, on le saoulait d’alcool de maïs… Une fois l’enfant endormi par l’alcool, on l’attelait et c’était parti pour une expédition incroyable. Avec les moyens de l’époque, plusieurs personnes du village montaient le volcan, haut de pas moins de 6739 mètres… Là, ils enterraient l’enfant endormi, destiné à ne jamais se réveiller.
Trois enfants ont ainsi été retrouvés, parfaitement “conservés” par le froid, l’absence de lumière et l’absence de microbes à cette altitude.
Le premier était âgé d’environ 7 ans, la deuxième, “la Nina Del rayo”, était également âgée d’environ 7 ans et la troisième, “Doncella”, devait avoir environ 15 ans. Cette dernière était sans doute une vierge du soleil, fonction différente, dommage que le musée n’établisse pas plus la différence de fonction entre les enfants…
Alors le voila le moment fort : Conservée dans un tube réfrigérant, c’est Doncella que nous voyons face à nous, plus réelle qu’une femme fille endormie. Tout en elle paraît ensommeillé : la peau des coudes, l’expression du visage, les détails des mains. Nous avons face à nous une Inca, ni plus ni moins. Alors oui, c’est très poignant, pour l’Histoire de ces victimes de la dévotion Inca, et pour l’expérience de voir face à soi non seulement une momie Inca mais aussi une jeune fille morte depuis des centaines d’années.
Une exposition photo et vidéo propose ensuite de suivre les anciens chemins Incas, montrant les visages inchangés de ces ex-Incas aujourd’hui Andins. Mais le musée ferme.
On est tout de suite dehors et Doncella est toujours dans la tête. Moment de malaise pour ma part. Quelle barbarie dissimulée derrière des convictions religieuses. Et quelle force de voir cette enfant dans son bocal de froid… Les Incas, leurs cultes et leur dureté sont comme un spectre au-dessus de moi. Je suis heureuse d’avoir fait “’expérience” de ce musée.
De plus amples informations sur leur site : http://www.maam.org.ar/index.php?seccion=descubrimiento
Direction le marché pour manger et ça va mieux.
Le lendemain matin, nous devront payer plus cher notre billet d’avion pour Buenos Aires où nous rejoignons Baptiste.

vendredi 13 mars 2009

Cafayate et les vallees des Quebradas

On part de Cordoba, direction Tucuman pour changer de bus et aller jusqu’à Cafayate cumulant ainsi plus de 15 heures de bus. Au passage, nous passons sans nous arrêter près de Quilmes, appellation de Bière. Mais initialement, il s’agit de la population native du Nord de l’Argentine, qui a résisté le plus tardivement à la conquête espagnole. Apres 130 ans de luttes, ils ont fini par être massacrés : aujourd’hui il ne reste que des ruines de leur village et le nom de ce peuple sur une étiquette de bouteille, qui se vend très bien en Argentine…

On arrive finalement aux portes des Quebradas de las Conchas et de las Flechas, à Cafayate. L’air est sec, le soleil est bien chaud et il nous faut trouver une place pour nous poser après ce long trajet. C’est chose faite au Rusty’K. C‘est un petit Hospedaje avec patio intérieur, espace en fleur, petite déco sympa, BBQ et un accueil top avec explications de ce qu’il est possible de faire, de manger et de boire dans la région par Daniel. Vu qu’il est déjà tard, on en profite pour boire l’apéro en faisant connaissance avec Fréderic, Français en voyage dans l’Argentine, avant d’aller ensemble se faire un petit asado (viande grillée) en ville, l’occasion pour moi de m’envoyer un bon 700 grammes de bœuf argentin absolument succulent!


Le lendemain, on décide d’aller visiter l’une des 5 Bodegas de la région, celle de Nanni.

Car en effet ici, il ya des vignes issues de cépages Français à perte de vue. Enfin, quand je dis visite, le moment le plus important reste celui de la dégustation.

Mais nous sommes un peu déçus de leur vin qui se promet fruité, avec une belle robe (genre je m‘y connais…), mais une fois en bouche, il se révèle être d’une piètre qualité, on dirait une piquette… Sauf le Tardio (un blanc) qui se révèlera meilleur “Un poquito mas por favor?“. A la sortie, toujours ce ciel bleu pur et avec la chaleur, il est nécessaire pour certaine (laquelle? Celle avec la bouteille sous le bras!), de manger un peu avant de continuer. L’occasion de se poser sur la place du village. En Amérique du sud, il n’est pas une ville sans sa place rectangulaire en face de l’église, portant le nom de la date d’indépendance du pays. Et quel plaisir d’avoir cet espace, où les gens de toutes conditions, tous âges, viennent se poser pour quelques minutes ou pour la demie-journée, prenant le temps de rester là à discuter, se reposer ou passer un appel! Après le repas, Aude a une envie de se reposer, étant donné le trajet que l’on vient de se taper…Ou alors ce sont les 3 verres de vin qui lui ont mis un coup de barre? Je vous laisse deviner... Pendant ce temps, je pars avec Fréderic faire une petite balade vers la colline Santa Theresa, qui surplombe la ville et ses alentours. Dès que l’on s’écarte d’un quadra du centre (comprenez un bloc de maison), la route goudronnée ou pavée laisse place à la piste et la poussière.. Après une heure de marche et de discussion, on arrive sur le sommet, où la vue est dégagée sur l’ensemble de la plaine, limitée au loin par les montagnes et falaises de couleur rouge et ocre. Nous en profitons pour admirer la vue ainsi que des rapaces qui tournoient au-dessus des vignes.

On redescend pour rejoindre Aude, en repassant dans les petites rues, où les enfants nous interpellent pour nous demander des tours de magie, marrant! L’occasion pour moi de pouvoir jouer un peu avec eux et voir briller dans leurs yeux la surprise et l’amusement. A l’arrivée, Aude est bien réveillée et on repart se balader dans les environs, au milieux des vignes, même si les bodegas que l’on voulait voir seront toutes fermées. Pas grave, le soleil se couche, on profite d’un petit bain de pied dans la rivière, avant de se rentrer. En effet, ce soir on est invités à partager un petit Asado à l’hôtel à la bonne franquette. Cool, ça nous permet de discuter (enfin je fais ce que je peux!) avec les touristes et les tenanciers très sympas. Pendant que je remplis mon estomac de chorizo, bife et autre viande, Aude mange des poivrons farcis au fromage, le tout accompagné de… vin. Bonne ambiance, jusqu’à ce que Daniel et Luis nous emmènent tous à une fête qui se tient dans une Bodega pour fêter les vendanges! Au programme, feuilles de coca dans la voiture, arrivée sur place avec verres de vin offerts, musique traditionnelle et évidement essai de danse. On passe une très bonne soirée à boire et discuter avec des voyageurs, amateurs de vin et danseurs novices gauchos. Après avoir bien profité du tonneau et en avoir eu plein les oreilles, on rentre à l’arrière d’un pick-up, le vent de face et la route toute cahoteuse. Mais l’alcool aidant on réussira à survivre et rentrer se coucher!

Autant dire que le lendemain, on se lève pas trop tôt, juste pour midi et de se faire une pizza avec un bon litron de licuado sur la place. Mais on a le courage -ou la folie- de louer des vélos pour aller jusqu’au point de départ d’une balade à pied qui mène à une rivière encaissée, arborée de … cactus.

Ceux-là poussent de 1 cm par an et vu leurs hauteurs, ils sont déjà d’un certain âge. Déjà qu’on était pas complètement au taquet, mas en plus le chemin à vélo était assez fatigant, alors autant dire que lorsqu’il faut mettre les pieds dans l’eau pour traverser la rivière, grimper ces petites pentes, on préférera se poser le long du cours d’eau et simplement profiter du cadre en se reposant. On aurait bien aimé se faire un petit tour en moto pour voir la campagne, mais ici ils ne louent pas de motos et proposent plutôt des tours guidés : autant dire que cela ne nous intéresse pas.

Le lendemain, je frétille de pouvoir aller vraiment voir l’une des quebradas, Las Flechas, le long de la vallée du rio Calchaqui, peu touristique du fait de son accès peu aménagé par la route. Avec l’aide de Luis, je réussis à prendre un bus avec mon vélo, qui m’emmènera à Angostaco soit à plus de 70 km. Le problème, c’est qu’au lieu d’arriver là-bas à 12h, j’y arrive à 14h. Pas grave, de toute façon j’ai pas le choix, je n’ai que mes jambes pour me ramener, aidées par des litres d’eau et de jus. Les paysages sont superbes, chaque fin de montée laissant apparaitre une roche un peu différente dans sa texture, sa couleur, sa forme ;

et l’avantage c’est que la route est une piste molle et poussiéreuse qui ne me permet pas d’avancer très vite, me laissant (ou m’obligeant) à profiter du cadre…


Je traverse des petits villages ou hameaux où les gens me regardent passer avec surprise, se demandant sans doute si je suis perdu ou un peu fou. Je galère pour avancer avec une moyenne de 10 km/h sur les 50 premiers km, à moi l‘EPO!!! Je prends le temps de m’arrêter, prendre des photos et discuter, comme avec cet homme qui surveille ses gros piments qui sèchent au soleil.

Venant à ma rencontre, le bonhomme à la mine débonnaire me demande d’où je viens tout en s’asseyant. Et là, c’est le festival de l’eclatage de bouton de chemise au niveau de son ventre, trop gros pour être enfermé dans le tissu, qui s’ouvre dans une explosion assez comique et digne des films des années 30! Je continue de rouler, mais il est déjà tard et les routes de nuit ne sont pas les plus sûres, avec la conduite des automobilistes. Je décide donc de m’arrêter à un peu plus de 10 km de Cafayate pour prendre un taxi. Je suis renseigné très gentiment par un couple de marchands qui me fera monter dans le taxi pour 1,5 euros. Au retour à l’hôtel, je crois bien que le plan rouge était sur le point d’être déclenché au vue de mon arrivée tardive! Personne n’avait idée du temps qu’il fallait en vélo puisque comme m’a dit Walter, il faut toujours un premier fou pour essayer un parcours la première fois… Résultat, j’arrive à 21h35 quand le convoi de recherche devait partir à ma rencontre à 21h30! Le soir encore un bon asado histoire de se remettre d’aplomb avant d’aller le lendemain se promener dans l’autre quebrada de Las Conchas.

Avant de partir, nous passons par la Bodega Etchar et on aura la même déception de vin que sur l’autre bodega avec un vin pas top. Par contre les gens faisant la visite font tous mine de s’y connaitre en vin : festival de vin agité dans le verre, observation de la robe dans le noir et un bon acquiescement comme pour dire “ah ouai celui-là il est pas mal!”. Finalement la guide comprendra que tous sont surtout de très mauvais acteurs et expliquera comment goûter un vin. A la sortie, on file manger à la casa des Empanadas, étape vraiment incontournable du coin tant la qualité des empanadas est inégalable de goût de diversité et d’originalité! Puis on part en 504 Peugeot (et oui il y en a encore ici et ca roule très bien!) avec Walter et Luis, pour le tour à la demi journée.

Quel plaisir de pouvoir faire ce tour avec eux. C’est un peu comme si on faisait une sortie avec des potes.

Les paysages sont très colorés,

les formes dignes des westerns ou aux formes assez impromptues.

Le tout est accompagné par des explications de Walter et des photos de Luis. Il se mettra parfois en 2 voir en 4, histoire de faire les meilleurs photos. Et c’est plutôt réussi…


On se croirait presque à Petra.

On termine la journée avec une jolie lumière

et les histoires liées aux endroits toutes plus sordides les unes que les autres, entremêlées d’esprits, de la Patchamama, de phénomènes bizarres, de tueries et de routes maudites.

Ici, dans l'antre de la Garganta del Diablo, lieu de disparitions inexpliquées...

Il y a quelques années, raconte Walter, deux hommes sont venus en ville pour chercher une épouse. Ne trouvant personne disposée à les épouser, les deux hommes convinrent de partir pêcher dans la Quebrada avant de rejoindre leur village. La chance leur sourit alors et c’est plusieurs kilos de poisson que les deux hommes doivent charger à l’arrière de leur véhicule, prenant soin de congeler le poisson avec des pains de glace. Les deux hommes reprennent alors la route, déçus de n’avoir pas trouvé à se marier mais contents de leur pêche, quand soudain une chèvre barre la route. Trop tard, impossible de l’éviter… La chèvre gisante sur le bas-côté, les deux compères décident d’en faire leur affaire.

- Maintenant qu’elle est là, autant la dépecer et l’emmener avec nous.

Profitant des dernières lueurs du jour, les deux hommes évident donc la chèvre, lui coupe la tête, placent les morceaux parmi le poisson, au frais à l’arrière de leur voiture. Il ne leur reste plus qu’à enterrer les abats et la tête de la chèvre avant de partir. Finalement contents de leur mésaventure, les deux reprennent la route. Se faisant tard, ils décident bientôt de s’arrêter à un village voisin pour y manger. Le repas est tout trouvé et les deux hommes en profitent même pour offrir un peu de la chèvre aux habitants alentour. Un peu plus tard, à nouveau sur la route, les deux hommes s’arrêtent à un barrage de police. Après vérification des papiers le policier demande :

- Qu’y-a-t-il sous cette bâche?

- Du poisson, répondent les deux hommes.

Le policier soulève la bâche et aussitôt son visage blêmit.

- Qu’y-a-t-il sous cette bâche, insiste-t’il.

- On vous l’a dit : du poisson pêché au rio de la Quebrada et une chèvre que l’on a fauchée en route.


Mais en s’approchant, les deux hommes découvrent, horrifiés, les restes d’une femme gisant au milieu des poissons! Aucune trace de la chèvre!

- C’est impossible!!! C’était une chèvre! s’exclament les deux hommes.


Soucieux de mener enquête, le policier ordonne que deux de ses hommes se rendent, sur indications des deux malheureux devenus fous à l’idée d‘avoir dévoré une femme, au lieu où furent enterrés les restes de la chèvre. Que ne découvrent-ils pas alors! A l’endroit indiqué existaient bien des restes, mais au lieu de trouver tête et abats de chèvre, les deux policiers déterrent la tête d’une jeune femme et ses entrailles! Les deux policiers se sont suicidés peu de temps après. Quant aux deux conducteurs en quête d’épouses, ils sont restés fous jusqu’à la fin de leurs jours.


On dit que la Pachamama peut descendre parmi les hommes sous forme féminine et que c’est elle qui, transformée en chèvre, est également apparue sous forme de femme.”

Après 3 histoires (données pour vraies) comme celle-ci, même Luis ne voudra pas évoquer l‘histoire de cette mort mystérieuse il y a plusieurs années chez ses voisins, de peur de représailles.… Visiblement, la bonne humeur de Walter n’en a que faire ils se moukateront jusqu’au retour à l’hôtel. Mais cela ne pourrait effrayer même la plus frêle des femmes… Qui a dit frêle?


Au retour on discute avec Adrien et Delphine rencontrés la veille, en voyage aussi sur du long terme. Puis nous prenons la route, direction Salta.