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dimanche 21 juin 2009

Impressions à 10 mois de voyage, impressions à la fin...


Question longtemps posée : alors ? Ca fait quoi de rentrer ?
Rentrer… Mais on n’est pas encore rentrés ! Pour l’heure, le retour signifie revoir nos proches, retrouver cette chaleur si appréciable de la Relation.
Et puis rentrer, c’est faire ce que l’on a tellement l’habitude de faire, nous qui vivons à La Réunion, c’est revenir là d’où on vient et expérimenter encore cette impression de « jamais partis ». En France, tout est comme avant : je connais les panneaux, je connais les rues, je connais le visage des gens, je connais (sais ?... !) les prix, les coutumes, et surtout, je retrouve tout de suite mes amis comme je les ai quittés. D’ailleurs, c’était hier, non ?

10 mois de voyage, c’était génial, une expérience de vie de dingue, des paysages et des gens plein la tête, de sacrées leçons de vie. Et puis 10 mois de voyage ça contient sa fin. On le savait, le billet retour était là. Alors 10 mois de voyage c’est aussi une préparation insidieuse à la fin du voyage qui s’est faite naturellement depuis quelques semaines. Donc… 10 mois de voyage, c’était génial et naturellement c’était fini.

Je pense à tous les « tourdumondistes » qui sont rentrés, mais vraiment rentrés : retour chez soi, retour au travail. Pour nous c’est plus facile : nous rentrons sans rentrer, nous rentrons pour être en vacances avec nos proches dans un autre environnement que le nôtre au quotidien alors la fin du voyage… pas tout à fait ! Quel luxe ! Dans quelque temps il faudra retrouver le travail et là… On en reparlera !

10 mois, c’est long et c’est court. Aujourd’hui, 10 mois, c’est un mouchoir de poche qui englobe ma perception du monde. Oui c’est ça : englobé dans un mouchoir de poche, on prend mieux la mesure de notre petitesse.

Vive le monde et à bientôt pour un nouveau voyage. Car de toute façon, on repart bientôt, hein mon chéri ?!
Aude
Déjà? Enfin! Mais ça a été rapide! J’en veux encore, vivre et voir des trucs, des gens, des paysages, des cultures et profiter de tout! Mais non, ça se termine, un peu trop tôt, un peu trop vite, un peu contraint, un peu rapide, mais avec le plaisir de se poser… C’est bien aussi d’être rentré.
Effectivement, on a fini le voyage sans la cerise sur le gâteau, une tentative qui n’a pas fonctionnée, celle de pouvoir avoir un enfant, fruit de la richesse et du plaisir du voyage. Je ne ressens pas trop de tristesse, mais plus par rapport à la situation et ma chérie. La vie n’est pas tout le temps comme on le souhaite, mais elle ne fait que remettre à plus tard ce projet. Finalement c’est sans échéance que l’on va pouvoir revenir à la Réunion, sans être débordé, le temps de se remettre à la recherche d’un nouveau quotidien, retrouver une maison, un travail, une voiture, passer enfin ce putain de permis moto, refaire du Morey, retrouver les potes et faire la cuisine (vivement un petit rougail saucisses!!)
Je suis heureux de ce voyage, de ce temps pris pour moi, pour nous, de vivre d’autres choses dans un contexte parfois et même souvent hors de ce qui nous entoure dans la vie du monde occidental (et non moderne). En dehors d’une technologie débordante, d’une consommation à outrance, d’un gavage omniprésent et abrutissant. Et c’est bien ça qui se passe : on court à 100 à l’heure pour gagner de l’argent et essayer de prendre du temps, alors qu’il suffit de pas courir et le prendre. Pas facile en période de crise!
Alors quel est le pays préféré ? Ou tu aimerais retourner? Voilà les questions qui vont arriver, mais je n’ai que peu de préférences, tellement tout a eu une issue positive, même dans nos petites galères (aucune vraie tuile… ), nos engueulades, les coups de malchance. Que du bonheur de paysage, avec la météo, avec les rencontres, avec nous -même. Je n’ai pas eu de révélation, seulement des confirmations sur certains de mes doutes et une précision de ce que j’aime, je veux et je fais.
Juste déçu par une nature humaine faible, qui se laisse dériver, parce que personne ne voit plus loin que le bout de son nez, avec ce besoin de dominer et d’avoir toujours plus que son voisin.
Juste une page qui se tourne, un livre qui se ferme, ce rêve a été exaucé, c’est le deuxième pour ma part et il y en aura d’autres… Vous faites quoi demain?

PS: Un grand merci à tout ceux qui ont eu le courage de nous suivre, de nous lire, de nous voir, de nous répondre.
Un grand merci aux visages rencontres pour une minute, une heure, une discussion, une marche, un transport, un foot, une bière!!
Un grand merci à ma famille qui nous a rejoints dans le voyage.
Un grand merci à ma chérie.
Et un super merci pour Kiki.
Matt

jeudi 21 mai 2009

Impressions à 9 mois de voyage




C’est officiel : c’est la fin du voyage. 9 mois de découverte derrière nous, des paysages et des visages qui se superposent et commencent à former une formidable mosaïque dans le cœur. Le monde est dans notre tête, une partie du monde, mais c’est déjà beaucoup de choses emmagasinées, apprises, comprises, beaucoup d’incompréhension aussi, mais en tout, une richesse insondable présente à notre esprit.

9 mois de voyage c’est donc la fin et, la vie est bien faite, comme c’est la fin, je commence à en avoir marre de voyager! Ben oui, les 15h de bus sur route vaguement goudronnée, les je-fais-je-défais-je-refais-mon-sac, les recherches perpétuelles de guest et de lieux où on peut manger autre chose que de la viande, tout ça, ça commence à aller pour moi et je dois avouer (aveu peu glorieux…) que ce n’est qu’une bonne chose que nous rentrions dans un peu plus d’un mois.

Mes amis, j’ai hâte de vous voir, mes habitudes à la con, j’ai hâte de vous recréer, La Réunion, comme j’ai hâte d’y être à nouveau. Ce qui habituellement me ferait horreur (trouver un logement, déballer des cartons, ouvrir une ligne téléphonique…) fait partie de mes envies.

A coté de ça, à 9 mois de voyage, je continue à être agréablement surprise tous les jours. Nous sommes au Pérou et ce pays décrit tant de fois comme un pays de voleurs, nous apparaît avec beaucoup de gentillesse et de courtoisie entre les gens et des gens à nous. Bien sûr, quand on se sera fait chourer notre sac, on vous dira que c’est un pays de cons! Mais en attendant, le voyage et ses découvertes continuent de me ravir, m’émouvoir et me séduire par tant de beauté, chaque jour encore un peu plus.

9 mois de voyage, c’est beaucoup, c’est énorme. Et il nous en reste encore un peu plus d’un. Cuba, sa musique et sa chaleur nous ouvrent les bras dans 10 jours : ce sera bienvenu!

Mais 9 mois c’est surtout une entente bien accordée entre moi et mon amoureux. Compréhension, amour, partage, harmonie et tolérance, autant d’atouts pour nous… 9 mois, c’est le moment qu’on a choisi pour décider de nous pacser! On nous l’avait dit plusieurs fois depuis le début du voyage : “10 mois de voyage, si ça marche, vous êtes bons pour le mariage!” et bien voici l’heure de notre pacs!


Aude


Et bien ça fait 9 mois! Cela fait un peu comme une grossesse, on a accouché d’un voyage assez complet et il nous reste encore un mois supplémentaire. C’est le petit plus qui va faire la cerise sur le gâteau. Après plusieurs semaines dans le froid, cela va être très bon de pouvoir retrouver la chaleur de Cuba, des tropiques et des eaux claires de l’océan (même si c’est la mer des Caraïbes).

9 mois de voyages, de visages, de rencontres, de paysages, de sites merveilleux et il nous reste encore l’une des plus belles perle : le Machu Picchu, dont j’ai tant entendu parler et qui me semble complètement incroyable au vu des ébauches visitées au Pérou. C’est le dernier endroit “carte postale” et merveilleux avant la paradisiaque île de Cuba.

A 9 mois, je suis content du voyage effectué, je sais que le monde est rempli de gens profondément égoïstes, que l’homme est instinctivement mauvais, prétentieux, arnaqueur, parfois stupide, mais il y a des lumières de génie qui illuminent largement par leur simplicité, leur attention, leur gentillesse et rendent en mille les déceptions que j’ai pu avoir.

Je commence à penser au retour, d’abord en métropole, où ca va être encore une jolie petite course pour essayer de voir tout le monde, mais ça va être que du bon, de la fête, des embrassades et la possibilité de raconter de vive voix, de prendre du recul par rapport aux 10 mois de fou, de recherche de guest, d’horaires de bus, d’observation d’autres cultures, de visites, de marche, d’achats et de “c’est quoi déjà le truc que je devais faire?” (non ça, ça va rester, ça y était avant le voyage!).

Je vais être content de rentrer de pouvoir me poser un tout petit peu avant un réel stop à la Réunion et ça aussi je commence à y penser.

Le voyage m’enivre moins, ça fait un peu blazé comme cela, mais l’essentiel reste, et il me procure sans cesse le plaisir de la découverte, du changement et autant revenir à la réunion me donne entière satisfaction, autant je me vois déjà repartir pour une semaine, un mois, un trimestre dès que cela sera possible.

A 9 mois on a décidé de se Pacser, comme si cela ne suffisait pas que l’on soit 24/24 ensemble, mais quand on aime…


Matt

mardi 21 avril 2009

Impressions a 8 mois de voyage

A 8 mois de voyage, on a vraiment des choses à dire…
Mais c’est presque plus à 7 mois ½ de voyage qu’on aurait dû écrire nos impressions…

Parce qu’à 7 mois ½ de voyage, Matthieu traverse une période difficile, tant concernant sa perception du monde qui l’entoure que, de fait, concernant l’ajustement de comportement qu’il juge nécessaire à l’égard de ce monde. Du coup, c’est un Matthieu las, vaguement triste (mais il vous dira que non), désillusionné, pessimiste, qui donne naissance à des idées assez noires. Changerait-il vraiment pour être le con qu’il dit vouloir être? Ne plus aider, ne plus se préoccuper, ne plus être ce qu’il appelle depuis des années “trop gentil”. Et moi d’osciller entre confiance en la bonté de sa nature contre laquelle il ne pourra pas aller très longtemps, et peur d’un changement auquel j’aurais du mal à m’accommoder.

Parce qu’à 7 mois ½ de voyage j’éprouve donc un peu de déception, un peu de tristesse de voir mon amoureux comme ça, puis finalement à mon tour, un peu de lassitude. Lassitude d’entendre ces propos durs, parfois violents pour ma sensibilité et détachés des valeurs auxquelles nous croy(i)ons tous les deux. Puis finalement, suite à certaines petites galères (aujourd’hui des bons souvenirs, ces choses qui sont pénibles sur le moment et qui sont finalement les premières que l’on raconte en riant en rentrant), lassitude du voyage. Plus envie de bouger tous les 3 jours, plus envie de cet éloignement tant des proches que d’un quotidien. Envie d’une journée “à la maison”, envie de voir mes amis, envie de cocooning et de choses faciles parce que connues. C’est la première fois depuis le début du voyage que ce sentiment m’arrive.

Parce qu’à 7 mois ½ de voyage je pense que Matthieu et moi sommes à notre manière chamboulés par le passage de ses parents. La pudeur m’empêche de décrire plus avant ce sentiment mais je pense que l’envie du réconfort des choses connues vient en partie de la réminiscence de l’amour parental que j’ai vu et ressenti pendant ces semaines passées en leur compagnie.
Pas toujours facile le voyage, quand il dure si longtemps.

Alors on envisage notre prochain, parce que cette lassitude ne veut pas dire que je n’aime plus voyager. On dicte : voyager sur un territoire moins grand, avoir plus de temps dans chaque endroit, voyager entre 4 et 7 mois.

Et puis le voyage et ses surprises nous reprend. Nous galérions pour changer un billet d’avion et étions contraints de modifier nos plans et voila que cette “galère” nous conduit chez Tania, Stéphane et leur enfant Aydan. Et nous voila accueillis comme des amis chez eux. Deux jours super, baignés de gentillesse et d’amour. Tania, de culture paraguayenne, est très enjouée, toujours souriante, ne se souciant que du positif ; Stéphane quant à lui, de culture française, est un baroudeur vaguement contestataire avec qui on aura grand plaisir à parler voyage et misère dans le monde puisqu’il a connu Tania lors de son tour du monde… et lequel… On vous a laissé son blog en lien, allez-y faire un tour. Alors entre fête, sourire, décontraction, gentillesse, conscience aigüe de l’état du monde, culture et philosophie, nous prenons un bain de jouvence et rebondissons. Le voyage ce sont aussi ces rencontres exceptionnelles qui, comme un petit moment tout bête peut contenir toute une vie, ont le mérite de modifier votre perception. Rien de magique, nous avons eu d’autres galères juste en les quittant, mais le mouvement intérieur était déjà là.

Le mouvement continue, il pousse les frontières du voyage et, à 8 mois de voyage, on envisage le retour. Moi qui ai mal vécu mon travail sur la dernière année, je me demande comment être moins stressée par le boulot. Travailler moins? Arrêter le libéral et me tourner vers une institution? Le voyage m’a fait beaucoup réfléchir sur l’éducation et les rapports parents/enfants. J’ai envie que ce voyage-là continue. Alors changer de travail ou changer ma façon de travailler? Les choses se dessinent petit à petit.
Le retour c’est aussi comment s’entourer des bonnes personnes alors c’est le plaisir de certaines bonnes nouvelles… A distance je fais comme si je pouvais choisir comment allait être ma vie sociale, privée. A distance, on a toutes les cartes en main et on a tout loisir de pouvoir dicter ce que l’on veut. Cette mise au point nécessaire pour moi après tant de déboires avant de partir, se fait calmement, sereinement. Et rien qu’à travers ça, je vois que le changement est là.

A 8 mois de voyage je suis bien. Contente de ce que l’on a vécu et de ce que l’on vit encore. J’ai confiance en l’avenir dont j’ai l’impression de prendre soin.
Aujourd’hui, je suis dans le présent du futur pour que le futur se présente bien.

Aude


Ça fait 8 mois de voyage et c’est toujours bon de profiter du voyage. Je me dis que le monde est beau, mais rempli de cons ; parfois je dois être l‘un d’entre eux. Difficile de toujours faire attention à l’autre, de se dire que l’on fait des choses pour les autres sans en attendre rien en retour. Mais quand les gens font preuve d’égoïsme et de méchanceté, où dois-je me situer? Je me dis que tout à ses limites. En fait pas facile de rester droit dans ses bottes avec des principes d’honnêteté, de compassion ou de fraternité. C’est sans doute plus facile d’être un gros bourrin et de se dire que je n’ai pas de cape. Alors chacun sa merde et si je veux pas me faire bouffer et bien bye-bye les belles idées. Et puis, il y a cette joie de vivre partout, mélangée à des conditions de vie intolérable, qui donnent à réfléchir. Ici, on travaille pour 50 euros par mois sans artifice, avec pour seule richesse, un sourire, de quoi dormir (un téléphone portable, parce qu’il faut pas déconner) et le plaisir simple de vivre et de partager le temps avec les autres. La vie peut, ou doit, être simple. Sans attendre quoi que ce soit tout en essayant de croire à des idéaux qui ne se réaliseront pas, car si ces idéaux sont perdus, ils ne restent pas grand-chose, alors soyons hypocrites : pleurons pour ceux qui se font tuer dans les guerres, dénonçons ceux qui exploitent, râlons sur notre condition (on est toujours le plus à plaindre de celui qui a “plus” que nous) et allons nous coucher en espérant que rien ne nous arrive et nous fasse passer de l’autre coté. Car personne ne fera rien désormais.
On a toujours le choix : de ce que l’on va faire, de ce que l’on veut être et finalement peu importe ce qui se passe, il faut réussir à faire ce qui semble être important et juste. Cet équilibre là je pense l’avoir acquis, ce qui ne m’empêche pas de toujours être surpris par la bêtise humaine, les injustices et faire ma petite fourmi pour ce qui est de faire des bonnes choses et en essayant de transmettre de bonnes ondes autour de moi. Par contre, il ne s’agit pas de me la faire mettre profond et ma tolérance a des limites : un peu plus restreintes et les conséquences de leur dépassement encore plus.

A 8 mois, je commence à penser au retour sur la métropole puis sur la Réunion, car c’est là-bas que ça va être bon de rentrer, histoire de profiter d’un cadre qui me convient. Je n’ai pas envie de rentrer de suite, mais il faut forcement anticiper le retour dans quelque chose qui avait une fin dès le début et c’est avec plaisir que je l’envisage.
Je pense aussi que je vais repartir en voyage plus tard ; les gens de partout ont une philosophie qu’ils m’ont fait partager avec leur gentillesse, leur amour, leur partage, leur joie, leur simplicité et leur beauté. Il y a des gens qui valent plus le coup que le mec qui habite en face de chez moi. J’espère juste pouvoir aussi le voir plus facilement autour de moi.
Je veux juste profiter davantage des gens qui valent la peine et qui ne sont pas fermés d’esprit : attention j’arrive chez vous dans 2 mois!

Matt

samedi 21 mars 2009

Impressions a 7 mois

7 mois

Et bien voila, nous entrons donc officiellement dans la “fin” de notre voyage (ok, la moitié). 7 mois, ça devient vite “plus que 3 mois” ou encore “ plus que 3 pays”. On a encore le temps alors ce n’est pas grave, mais nous n’avons plus ce temps infini devant nous.
7 mois de voyage c’est parfois une certaine fatigue (je parle de moi car à bien y regarder, Matthieu doit avoir cumulé au moins 3 jours de veille de plus que moi à force de jouer les résistants le soir ou face à la tentation d’une bonne sieste!). J’adore les moments de pause, je me prends à choisir l’écriture du blog comme presque une excuse pour rester posée quelques minutes ou quelques heures. Le voyage c’est le mouvement et le mouvement est la vie. Mais si le mouvement pouvait être intérieur et s’il nécessitait un recul régulier pour ne pas être tourbillon (n’est-ce pas Sandra?) ?
A 7 mois de voyage, je constate comme ces mouvements intérieurs agissent. Voyager en dortoir, ne pas avoir d’intimité ou très peu… partager un dortoir avec les parents et le frère de Matthieu! Quel changement! Les limites s’espacent. Rien n’est important qui ne soit l’amour. Au Chili nous avons perdu beaucoup : le vol de pas mal d’affaires et le virus qui a avalé TOUTE ma musique ; l’Amérique du Sud dont le budget explose littéralement. Et alors, finalement? Les nouvelles de mes amis, de ma sœur, entendre mes grands-parents, être avec mon amoureux et avoir plaisir à partager notre voyage avec sa famille ou les gens que l’on rencontre pendant le voyage.
7 mois de voyage et on est déjà en Amérique du Sud depuis 2 mois. A 7 mois de voyage on cherche à retrouver les visages “typiques, authentiques” et non les hispaniques blancs. On cherche les savoir-faire et non les activités. On veut encore apprendre de la simplicité de la vie.
A 7 mois de voyage, je me rends compte comme ce voyage m’a rendue moins fragile face à la misère. Nous sommes entrés au Brésil et Sao Paulo est sans doute l’endroit le plus miséreux que nous ayons connu. Le Cambodge n’était pas aussi décadent. Et pourtant je regarde simplement mon impuissance face au laisser-aller, à l’abandon de ces gens qui n’ont rien, et qui ne cherchent plus à garder vivante leur dignité. C’est leur vie. Et ça fait bizarre de se dire ça sans se sentir davantage concernée. Je ne sais pas encore quoi penser de ce recul (en est-ce un?). Je repense à mon dégoût quand tant me disaient “la misère? Ouais mais on s’habitue, ça va en fait”. Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui?
Finalement à 7 mois de voyage comme à 1 mois, je me demande toujours ce qu’est l’humain et ce qu’il accepte de subir ou de faire subir à son espèce.

Aude
7 mois, “c’était hier” (comme vient de me le dire Aude), alors il faut que j‘écrive cet article. Bon il faut dire que j’ai (encore une fois) un peu la flemme. On est en plein Sao Paolo et comme dans toutes les villes je ne m’y sens pas à mon aise : pollution, bruit, coût cher de la vie, gens difficiles à interpeller et à rencontrer, perte de temps, entourés de gens qui ne le prennent pas pour eux-mêmes.
Mais il reste 3 mois avec de bien belles choses encore! Je commence à me faire une idée de l’Amérique du sud, en même temps cela ne veut rien dire, car que de différences entre Ile de Pâques, Chili, Argentine et Brésil (et certainement aussi avec ce qui va suivre).
On garde cette façon de voyager avec un minimum d’affaires et de renseignements sur les pays pour les découvrir à notre manière. Du coup les barrières de la langues ne sont pas trop un problème et les locaux sont souvent aidants et compréhensifs, en répondant à nos sollicitations. Mais c’est parce que cela ne leur coûte rien car autour de moi, il y a toujours cet ensemble de gens complètement sans ressources et au Brésil c’est assez saisissant de voir à quel point les quartiers riches, gardés derrière des grilles et au style clinquant, ignorent une majorité de gens vivant réellement dans une misère totale. Quelle force ont ces gens pour vivre ou survivre? Comment font-ils pour garder leur dignité? Une honnêteté sans faille là où j’aurais plongé dans une délinquance sans limite!, sans limite pour la faim, pour mon envie de vivre. Aujourd’hui voler dans un grand magasin de la rue est plus dangereux que voler de l’argent dans les affaires ; d’ailleurs ce n’est pas un vol c’est un “détournement” dans ce dernier cas.
Pas un pays parcouru sans un massacre de la population locale, sans une dictature ou une guerre. Combien de pays dans les 50 dernières années n’ont rien eu de tout cela et ont vécu dans la prospérité? Je vais vous aider : aucun!! Sauf si l’on considère qu’engager des troupes dans des forces multinationales libératrices ne compte pas. Qu’en aux paradis fiscaux, s’il ne font pas la guerre, ils la financent et hop! il nous reste le Vatican et son débit de conneries papales!
Cependant, je ne suis toujours pas fatigué de voyager et je mesure toujours cette opportunité que j’ai de découvrir ce qui m’entoure et au-delà. D’autant que ces derniers temps c’est en famille, encore un bonus du voyage : je me demande si je vais pas tenter de jouer à un loto dans un des pays. On sait jamais, si je peux prendre de l’argent dans un état pauvre,,,! Autre rythme de vie en groupe, plaisir encore plus partagé, on est des grands routards, non des jeunes, enfin pas complètement, on s’en fou de toute façon personne ne me donne mon âge. Vous allez voir qu’à force de tourner à l’envers sur une planète que je crois tourner à l’envers je vais avoir rajeuni!
A 7 mois, je pense toujours que la France est un des plus beaux pays, avec beaucoup de variétés de nourriture (certes il n’y a pas la viande d’Argentine, humm…), de cultures différentes, de paysages incroyables et de bons râleurs-grévistes.
A 7 mois, je peste sur tout et sur tout le monde, je m’offusque, je critique, mais je ne garde que les bons souvenirs de tout ce que l’on a déjà accompli. Et je suis bien content de toutes les mauvaises expériences car elles sont formatrices, tout comme les bonnes car elle sont sources de bonheur et c’est bon…
A 7 mois, j’ai juste envier d’être plus humble et plus tourné vers l’extérieur, vers l’autre, d’être accueillant sans me faire refaire le train arrière. Attentif et empathique.

José

samedi 21 février 2009

Impressions a 6 mois de voyage

A 6 mois de voyage… c’est plus de la moitie, ca y’est. “Plus que” 4 mois. On a rencontré beaucoup de gens qui voyageaient sur environ 6 mois alors on visualise bien cette échéance. Depuis le 2e mois tout passe beaucoup plus vite car on est installés dans notre quotidien d’”expérience de vie alternative” comme disait Olivier le Belge. Alors 6 mois c’est rien, finalement!

Question fréquemment posée : se lasse-t-on du voyage? Ben non! Le voyage me séduit toujours autant, j’ai la même envie, même si elle a pris des allures différentes. Bien sûr ,faire et défaire le sac, ça me saoule toujours autant! Mais on reste souvent 2-3 jours dans chaque endroit si bien que je n’ai pas la sensation de le faire tous les jours (et heureusement!). En fait, c’est pas du tout comme 6 mois d’un voyage de 3 semaines. Je veux dire : là, on vit depuis 6 mois différemment. Il faut imaginer plutôt 6 mois de week-end et pas 6 mois de musées. Mais je pense surtout que la vie est bien faite. Nous avons choisi de partir 10 mois car cette période nous correspondait à tous les 2 : pas trop court, pas trop long. Je pense que, comme tous les gens qu’on a rencontrés peu de temps avant leur retour, on aura envie de rentrer quand ce sera le moment, un peu comme l’envie que le bébé sorte après une grossesse géniale!

A 6 mois de voyage ça va bien. Pas malade, pas fatiguée, pas blessée, en forme. La seule chose, mais pas des moindres, c’est que je suis toujours soucieuse de mon travail (et oui…) qui ramène souvent un petit nuage de préoccupations dans ma tête, mais que voulez-vous…! Alors à 6 mois de voyage je réfléchis encore beaucoup à ce à quoi j’aspire. Comment être moins stressée? Quelle variante puis-je changer? Si une chose ne peut pas changer, comment la vivre différemment? Difficile de prendre ce recul, difficile de se remettre en question sur ce point de mon comportement… Heureusement qu’il reste encore 4 mois!

A 6 mois de voyage je voyage avec mon amoureux depuis 3 ans pile. La pudeur m’interdit la suite mais disons que le voyage renforce et bonifie : quel plaisir et quelle chance.

A 6 mois de voyage on agrandit le carnet d’adresses de belles personnes rencontrées partout dans le monde.
A 6 mois de voyage, je serais heureuse de revoir mes proches car le voyage nous montre des gens bien mais aussi des gens enlaidis par une nature de l’homme définitivement pas très glorieuse.
A 6 mois de voyage j’apprécie d’avoir des gens beaux dans mon cœur car je sais la valeur qu’a l’amitié et la valeur qu’ont foncièrement ces gens.
A 6 mois de voyage, on est rejoints par une partie de la famille de Matthieu. C’est marrant de ne plus être qu’a deux, ça modifie le voyage et demande plus de planifications mais surtout plus de plaisir à être ensemble et partager notre périple. Ce sont les seuls (ou les premiers?) à nous rejoindre, autant dire qu’on profite à fond!

A 6 mois je vous dis à dans 4 mois!

Aude

Ahh 6 mois!! Et bien à 6 mois on manque un peu d’inspiration, tellement le voyage est toujours un plaisir, de rencontres de personnes, de culture, de paysages et même de trajets (Mais là, j’ai l’impression de me répéter…)!! Maintenant 3 ou 4 heures de voyages en bus ou dans un autre transport font partie de notre vie.
C’est un peu aussi une désillusion. Car je sais que l’homme est intelligent et peut être bon, mais ce n’est pas une habitude instinctive pour beaucoup. En efffet, ce ne sont pas nos grandes tètes pensantes ou les gens qui ont le pouvoir et l’argent qui agissent avec le cœur. Et ceux qui sont les moins égoïstes et les plus solidaires se retrouvent effectivement à être des “gen(s)bons”. CQFD
A 6 mois, l’Asie est derrière nous et ce sont des gens formidables dans l’accueil, la gentillesse, leur ‘serviabilité”. Et l’arrivée en Amérique du Sud nécessite d’être davantage sur ses gardes et d’éviter des oublis fâcheux (comme un Ipod et disque dur volatilisés dans un taxi… Le con!!!Putain).
On a nos habitudes de voyageurs bien installes mais j’accueille avec un grand plaisir mis parents et mon frère qui sont venus nous rejoindre sur le trajet et partager une partie de notre vie de voyageur. Merci a eux et a vous ils vous restent quelques 4 petits mois pour faire de même!

Matt

mercredi 21 janvier 2009

Impressions a 5 mois de voyage


A cinq mois de voyage… on est à la moitié de notre tour du monde!!! 5 mois derrière nous et 5 mois devant, on est un peu comme en voiture sur une longue route dégagée, un peu à la “Thelma et Louise”. Liberté et chemin parcouru. On est forts de nos rencontres et de certaines de nos expériences. On a quitté un continent puis un deuxième, on est à l’orée de l’Amérique du Sud et de ses promesses.
A cinq mois de voyage on en a plein la vue, plein les oreilles, plein les sens. On croque la vie pour ce qu’elle nous offre de merveilleux tous les jours.
A cinq mois de voyage et de rencontres on se dit que la nature humaine peut être belle et généreuse. On a rencontré en Jordanie, en Asie et là en Nouvelle-Zélande des peuples d’une gentillesse inouïe et naturelle, plein d’allant et de bienveillance. Alors à cinq mois de voyage on a envie de cette douceur d’être pour tous les jours, envie de cette ouverture d’esprit et de cette pensée qui sans cesse nous accompagne dans ce voyage : “l’étranger est un ami que l’on n’a pas encore rencontré” (écritoire qui surplombait un bar un Bali)…
A cinq mois de voyage et quelques échauffourées entre nous (!), on forme un couple dans son vrai quotidien. Des disputes, des agacements mais surtout beaucoup de plaisir à être ensemble Notre vision du monde devient de plus en plus commune et nous retrouvons chez l’autre les valeurs qui nous sont propres. A cinq mois de voyage l’amour et la confiance en notre couple nous fait absorber nos différences.
A cinq mois de voyage on a vachement la belle vie! On prend à peu près 3 leçons de vie par semaine que je souhaite pour ma part inscrire en lettres d’or en moi pour ne plus me plaindre de petites contrariétés quand d’autres ont si peu, ou ne pas snober ou être prétentieuse à l’instar des Néo-Zélandais qui savent si bien rester humbles dans leur aisance matérielle. Rester simple et accessible, ne pas se plaindre. Et ben les voila les fameuses bonnes résolutions!
Surtout à cinq mois de voyage, je suis complètement déconnectée, le cerveau à deux à l’heure comme si j’avais les connexions synaptiques d’une huître… Ceux qui me connaissent diront que c’est très bien comme ça mais franchement, le lâcher-prise a ses limites! J’en ai marre de faire autant de tours de bocal à la minute!!! Il va falloir se reprendre!!!
A cinq mois de voyage je vous souhaite de pouvoir faire une expérience similaire à la nôtre avec vos moyens et désirs à vous. Je vous souhaite de pouvoir expérimenter les richesses du monde et des gens du monde. Je vous souhaite l’émerveillement du voyage et la beauté des choses simples.

Aude

Bon ca fait 5 mois! Ben finalement on va reprendre une tournée de 5, en espérant que ça suffira à calmer le bonhomme!! Cela fait la moitie, cela veut dire qu’il reste beaucoup de temps mais que celui passé, équivalent, est finalement passé très vite. Cela donne envie de toujours en profiter, sans pour autant se précipiter et les grasses mat ont toujours leurs places: pas toujours voulues mais souvent acceptées.
Evidement ca fait 5 mois avec chouchoute, 24/24, 7/7 et autant dire que cela fait plus de 3 fois le temps passe dans un quotidien. Je pense très humblement pouvoir mériter une médaille. Non pas qu’elle soit particulièrement difficile la fille là, mais il y a bien des soldats qui ont des décorations, alors qu’ils sont jamais aller sur le front!! En tout cas soyez soulagé, on s’engueule régulièrement, elle est toujours chiante comme une fille et j’ai toujours raison, normale!! Mais c’’est toujours agréable de partager les moments ensemble et de découvrir pleins de petites choses de sa personne dans un quotidien qui n’a rien d’un quotidien. Elle est toujours surprenante, pleine de drôlerie et c’est un excellent professeur de salsa. De plus, elle est capable de rester désormais une heure a me regarder faire le bouchon dans l’eau, en faisant comme si j’étais Kelly Slater en sortant.
A 5 mois je fais ce que je veux comme un gamin qui rêve: oui je vole, j’atterrit où je veux, je suis un super héros qui peut porter son slip par-dessus son pantalon et pendant la récré je peux jouer à l’explorateur dans la jungle ou dans les temples antiques, ancestraux ou encore what?. Quand a mes obligations c’est mon seul cahier passeport de journal perso et le blog (cependant mon prochain passeport c’est l’espagnol et c’est pas gagné) (ceci est un jeu de mot dont je prend l’entière responsabilité, car “un peu d’humour ne fais jamais de mal”*). En faite après 5 mois, “il y a plus de nord, plus de sud c’est un immense bordel, mais organisé“*. Le voyage est quotidien de même que le plaisir, paraissant sans fin permettant tellement de se satisfaire de ce que l’on avait et de fait de ce que l’on aura.
A 5 mois c’est tous les jours régalade party avec un investissement sur les 5 prochains mois et les 5 prochaines années… On remplit la hotte de cadeaux pour notre vie, pour partager et pour faire des souvenirs. Je reste surpris de voir autant de gentillesse intarissable, de sourire qui remplissent les yeux, de simplicité a partager. Heureux de pouvoir faire des rencontres sympas et d’échanger. La rencontre avec des Néo-Zélandais aussi riches que simples et gentils, ayant un grand respect pour leur patrimoine, a été vécu par moi-même avec un grand respect.
Moi j’ai cette chance de faire ce tour du monde et en même temps, je suis content de m’être donne les moyens de le faire. Cette chance se construit, se choisit, se saisit Et c’est davantage une volonté qu’un bon numéro aléatoire tire au sort. Cela ne m’empêchera de me la gratter quand je rentrerais, on s’est jamais ce qu’il y après le tirage!?
Le fait que j’ai eu mon anniversaire me rappelle que le temps passe et que je perds la jeunesse au profit de l’expérience. Et actuellement je dois vieillir rapidement et c’est tant mieux!
*Pour qui me dira d’où vient cette citation, il y a un ensemble Home cinéma avec écran plat a la clé…ou une bonne poignée de sable de l’ile de Pâques.

Matt

dimanche 21 décembre 2008

Impression a 4 mois de voyage

A 4 mois de voyage, il est marrant de constater comme à la fois on ne voyage plus dans le sens des vacances mais plutôt on se sent installés dans un quotidien de voyage, et à la fois comme un certain quotidien pourrait parfois me manquer : rester au même endroit, avoir ses habitudes… et surtout glander!!
A 4 mois de voyage je pense à mes proches, entre autre ceux natifs de décembre, et je me dis que j’aimerais bien faire une bonne bouffe avec eux. C’est drôle de voir à quoi on se raccroche dans cette distance physique et culturelle. Je m’inquiète pour certains comme si d‘un coup pas de réponse rapide sur internet cachait quelque chose de grave ; je focalise sur le lien avec d’autres, citant non sans une délicieuse redondance, les moments passés ensemble ou les connivences particulières à chaque relation.
A 4 mois de voyage les desideratas sur la vie au retour font leur sérieuse apparition : on voudrait un lieu de vie comme ça, un travail comme ci… Le potager et la maison en bambou pour le coté rural, aller à l’encontre du slogan de Sarko pour le travail afin de conserver le luxe du temps. Vivre avec moins et partager plus. Avoir moins de matériel mais plus de temps pour soi et les autres. Etre plus ouvert, plus tolérant, plus accueillant... Bref, rester dans ce qui nous plait dans ce voyage à la maison!
A 4 mois de voyage, Matthieu et moi sommes aussi en train de nous apprendre plus. Les disputes se font plus courtes, le dialogue encore plus intense et surtout plus efficace. On se donne l’impression de consolider nos bases et de valider ce que l’on sentait auparavant : oui on a les mêmes valeurs de fond, oui on désire les mêmes choses et oui, on se donne les mêmes moyens. On nous a déjà souvent dit, voyageurs ou autochtones, que si nous arrivions à tenir ces 10 mois ensemble, c’était bon pour la vie. Ben là mon vieux on est sacrement sur une mauvaise pente, dis donc!
A 4 mois de voyage, on en a plein les yeux, plein les oreilles, plein les papilles… Qu’est-ce que c’est chouette d’être en voyage…!

Aude



Ca fait 4 mois…non ça fait encore 5 mois à faire. Avec ce qui me faisait le plus envie : l’Amérique du Sud va arriver. En fait, l’Asie a été ou est une excellente surprise, du point de vue de la qualité des rapports humains que les gens proposent : ici tu laisses ton sac sans avoir l’œil dessus et t’es sur de ne pas avoir de problèmes. Les gens t’interpellent régulièrement et spontanément, sans attendre forcement un intérêt de propositions lié au business du tourisme.
En fait, à 4 mois de voyage le rythme de vie est bien installé, j’ai l’impression d’avoir pris l’habitude de ne pas en avoir et que le peu de chose matériel qui pouvait avoir de l’importance n’en a plus vraiment : c’est quoi l’eau chaude? C’est pour cuire les noodles, non? Je me sens fatigué, mais tous les locaux autour de moi se sont levés avec le soleil pour travailler. Non pas pour s’acheter un téléphone portable, mais pour pouvoir se nourrir et avoir un peu de confort.
Je me sens loin de la civilisation et peste contre tout ce qui est en rapport avec une réalité qui est toute relative à vie aseptisée, rythme de vie basée sur le profit, la consommation, sans solidarité avec son prochain et d’exploitation des uns souvent par un seul autre. Les nouvelles qui m’ arrive oscille entre un Bush qui se fait jeter des babouches et Madoff qui réussit à ruiner tous les financiers. Ah quelle belle leçon de model de modernité, de peuple civilisé, de solidarité et de souci du bien-être de l’autre.
La question est compliqué, car je me trouve du coté des civilisés qui arrivent malgré tout avec les billets verts ici et donc bien mal placé pour donner des leçons à qui que ce soit, trop facile! Uniquement essayer d’avoir un peu d’humilité sur les difficultés a être un être humain avec des possibilités, des ressources qui varient suivant chacun et comprendre la relativité d’une difficulté personnelle quelle qu’elle soit. Même si il semble important de se rendre compte qu’on (surtout je) fait(s) parti des grands privilégiés de cette planète en tant qu’”occidental”.
Forcement je pense a vous qui suivez le blog, laisser des messages qui font bien “zizir”, entre les bonnes nouvelles et les moins bonnes parfois, en tout cas il y a une tendance certaine l’agrandissement des familles.
Et toutes ces choses que je loupe: l’élection de Miss France, les BBQ sur la plage, les fêtes de famille, la dernière pub pour Renault, qui est en tête du championnat? Et surtout que fait Paris Hilton pour les fêtes?
Bon sinon à 4 mois, j’ai l’impression que cette fille me suis toujours (à moins que ce soit moi?) et qu’en plus, malgré mes essais pour qu’on s’engueule un peu, ça se passe extrêmement bien. Mêmes envies, beaucoup d’échange, de discussion, de câlin et en plus ca y est!! Elle aime regarder le foot à la télé, elle fait même comme si elle aimait bien ça (“Manchester c‘est ceux qui sont couleur ketchup contre les Mayo?“). Faut dire qu’elle gagne un massage pendant la durée de visionnage, et oui il faut faire des petites concessions.

En tout cas, un Joyeux Noel et une très bonne année 2009 à tous.

Matt

vendredi 21 novembre 2008

Impressions a trois mois de voyage

A 3 mois de voyage, je me sens fatiguée de toute cette guerre dans l’histoire des pays qu’on traverse. Je me sens triste de constater la nature profondément belliqueuse de l’homme, et j’en viens à ressentir profondément ce que Bizot écrit dans son saisissant livre “le Portail” (sur sa détention auprès des Khmers Rouges”) : “Je hais l’idée d’une aube nouvelle où les homo sapiens vivraient en harmonie, car l’espoir que cette utopie suscite a justifié les plus sanglantes exterminations de l’histoire.”
Cela fait plusieurs jours voire semaines que l’on voit les traces guerrières si présentes et si actuelles en Asie du Sud-Est et que cette réalité me révulse. J’honnis la guerre entre les peuples, les luttes de pouvoir et les sanglants conflits qui en résultent. Je vomis l’implication des civiles dans des enjeux qui les dépassent ; “frappes chirurgicales”, peut-on songer expression si absurde comme le faisait remarquer Betty à Nong Kiaw?…
Toute cette terreur et cette violence me donnent le tournis, je voudrais faire voir à mes yeux autre chose et pourtant, à 3 mois de voyage, je finis par ne voir que ça : le sourire si doux des Cambodgiens n’est-il pas le masque parfait qui leur ficelle la bouche pour ne surtout pas dénoncer leurs tortionnaires-voisins qui, encore au pouvoir, continuent à imposer leur régime de terreur?…

A trois mois de voyage je suis heureuse d’être avec mon chéri, et ça c’est déjà gagné! Je suis heureuse de constater comme notre sensibilité est proche, permettant une compréhension aussi identique que complémentaire du monde que nous découvrons tous les deux. A trois mois de voyage, je suis heureuse de trouver refuge dans notre intimité pour refaire mon cocon, pour me rassurer des atrocités que l’on peut emmagasiner dans certaines de nos journées…

A trois mois de voyage on commence à avoir envie de grasses mat’ et de prendre du temps pour ne rien faire dans une journée!
A trois mois de voyage, on se dit : “Déjà trois mois!!“
Mais surtout on est vachement contents de pouvoir se dire : “Encore 7 mois devant nous!!” et là, on sent bien qu’on vous fait rager! ;)
Aude


Bon ca fait déjà 3mois ou que 3 mois.
Finalement la deuxième réponse me correspond aussi davantage. Et c’est toujours aussi bon de prendre le temps de découvrir les gens, des lieux qui se succèdent et parfois se ressemblent sans jamais être les mêmes.
Plaisir renouvelé à chaque arrivée dans une ville où il y a tant de choses a voir.
Amusé, excédé, fatigué ou heureux de voir les gens nous sauter dessus pour 1 dollar.
Négociation sur les prix où cela se joue parfois sur ce même dollar, symbole aussi bien de radinisme ou souci d’économie que de recherche de respect pour ne pas être pris pour le pigeon. Cela se joue souvent dans la bonne humeur, comme un jeu de poker menteur ou celui qui bluffe en premier peut se faire avoir à son propre jeu.
Toujours avec une impression de ne pas avoir le temps de tout faire, tout en prenant le temps de ne rien faire parfois, ou tout simplement de le faire à notre rythme.
Le temps qui passe et nous marque de ce que l’on voit, de ceux que l’on rencontre pour une minute ou davantage avec un lien qui se crée…
Effectivement, je mesure, sans la découvrir, la chance que j’ai de pouvoir prendre le temps, d’avoir les moyens de le prendre. Ce temps permet la réflexion et d’essayer de comprendre davantage le monde dans lequel on est. D’essayer d’avoir quelques éléments sur la nature humaine dans ces différences (culturelles, religieuses, coutumières) et de ce qu’elle a de commune. Mais c’est finalement impossible, ce que je comprends de celle-ci rend les événements et l’histoire dépendants de nos faiblesses et de l’irrespect que l’on a vis-à-vis de ce qui nous entoure. Le drame Khmer encore présent ici, comme l’influence de la colonisation dans le sud-est asiatique, les invasions croisées au Moyen Orient ou le carnage de ce soir à Mumbai me renvoient ces questions de la nature humaine. De ce qui fait qu‘il n‘est en fait qu‘un animal ayant la suprématie sur le reste des espèces mais ne réagit en fait que selon des instincts cachés derrière des concepts, des idéologies, des pensées, qui sont autant d‘apparat…
Il vaut mieux être un doux rêveur et profiter du bonheur que j’ai, que l’on a et que vous avez aussi en fait. Les duretés de la vie peuvent parfois paraitre comme un mur infranchissable mais tout est relatif et finalement chacun fait ses choix avec les ressources qu’il a.
Je me sens l’envie de comprendre en essayant malgré moi de ne pas juger trop vite et d’avoir un peu d’empathie, de compassion, de tolérance et de respect.
Mais sinon le voyage est toujours heureux et plein de bonnes surprises qui me laissent de belles images (même si bien évidement je fais un tour de bocal de temps en temps!). Le plaisir de trouver la bonne alchimie avec …comment elle s’appelle déjà ( ca va je peux bluffer aussi avec elle!!!). En tout cas, je n’ai plus aucun contact avec la cuisine, le ménage, la paperasse, le téléphone (sauf pour la maman), le travail, les problèmes de voitures, le chat qui miaule, les rdv en retard si jamais je les ai pas oubliés, le rachat du truc que j’ai perdu ou cassé, le truc que je me souviens pas que je dois faire demain. Pour le reste, je pense à vous de la métropole jusqu’à la Réunion, rassurez-vous, vous ne me manquez pas. Je profite maintenant pour le grand plaisir de vous retrouver plus tard.
Matt

mardi 21 octobre 2008

Impressions a 2 mois de voyage

A deux mois de voyage on se dit encore et encore que c'est bon d'avoir du temps, que c'est cool de ne pas avoir a envisager le retour. On se dit que c'est genial d'etre la, dans ce bus tout pourri qui nous emmene au milieu de nul part.



A deux mois de voyage on pense a la planete et aux ravages que les gens dits civilises ont reussi a provoquer avec les dits progres. On pense a tous ces gens "authentiques" que l'on rencontre et on se demande combien de temps encore les aborigenes, les tenues si particulieres des differentes ethnies du Nord du Vietnam?



A deux mois de voyage on est bien, bien dans son corps, bien dans sa tete, les 2 pieds bien ancres, les oreilles ouvertes, les yeux receptifs. A deux mois de voyage on commence a etre vraiment operationnels : on evite les endroits touristiques et on se concentre sur les gens.



A deux mois de voyage qu'est-ce que c'est bon le voyage!